Bordeaux, primeurs, avril 2010

Retour de Bordeaux après 2,5 jours (soyons précis...) de "primeurs" chez mon ami Jean-Luc Thunevin.

Il est tard, je suis crevé. Mais je vous aime alors je m'y colle, parce que demain, j'aurai oublié ou j'hésiterai à raconter ou je ne raconterai pas comme ça. Allons y et tant pis pour les enfants ;-)

Je l'avoue, j'ai regretté, depuis dimanche, de ne pouvoir poster sur ce blog deux ou trois billets par jour, pour vous faire part de mes coups de cœur, de gueule, de mes fous rire, de mon humour de potache, de mes rencontres, de mes retrouvailles... Même que j'aurai pu Twitter, certaines fois, tant il m'est arrivé de choses d'une telle superficialité que 150 signes auraient suffit à vous faire bien marrer ;-) ...

Bon que les choses soient claires : je n'étais pas à Bordeaux pour juger mes confrères ni d'ailleurs pour me "faire juger". Quel plaisir, je l'avoue, de ne pas dépendre des notes, des négociants, des jugements hâtifs, définitifs et expéditifs sur des vins même pas stables... J'étais là, derrière ma petite table, tranquiiiiiile, à présenter mes vins qui étaient comme ils étaient, avec leurs noms bizarres et leur fierté sudiste. Je l'avoue, j'ai souri bien des fois, moi qui suit cloué au pilori par une certaine presse qui m'accuse de faire des vins trop riches et trop alcoolisés, à faire déguster des vins du Roussillon, qui, vu le niveau de maturité globale du millésime, passaient pour un îlot de fraicheur et de finesse au milieu de ce qu'il faut bien qualifier cette année de "boissons d'hommes" ;-)

Comme chaque année, je ne suis allé qu'à Saint-Émilion, village que décidément j'aime presque autant que Vingrau, et je vous livre quelques notes, quelques pistes, quelques tuyaux, en vrac, pour vous donner une idée et une contre vision, bien utile dans ce microcosme où tout le monde ment à tout le monde, comédie humaine d'une ampleur, d'une complexité et d'un charme uniques au monde ;-)

C'est n'importe quoi, mais c'est ça, le blog...

Escapade mercredi matin avec Jean-Michel Deiss, direction Pomerol. Nous avançons lentement, sous la pluie, dans le vignoble fraichement désherbé, souvent en « plein », c’est à dire totalement, au "napalm" comme on dit à Bordeaux. Est-ce bien raisonnable de voir des vignobles à 300, 500, un million d’euro l’hectare, produisant des vins à des prix dirons nous "conséquents", encore désherbés en plein, l’inter-rang même pas labouré ? Un bon mot me vient : nous ne traversons pas des "vignobles", mais des "ignobles"… Le silence, dans la voiture, est édifiant… (bon, tous les vignobles ne sont pas désherbés en plein, bien sûr, et la majorité sont labourés, au cas où vous auriez pu mal comprendre, comme me le signale "kiki33". Mais tous devraient être labourés, non ?) Ça nous empêche pas de goûter un très grand Église-Clinet, comme toujours ai je envie de dire, son Saint-Émilion, qui, je l'avoue, me charme, ce jour là, d'une étrange manière : ça s'appelle Saintaymé et en plus c'est super raisonnable en prix, limite doux. Impressionnant.

On repart dans la voiture, vers d'autres horizons. Goûtons dans la foulée quelques très mauvais vins, dans plusieurs endroits, sur-extraits à l’évidence, tellement « cuits » qu’on s’en moquerait même à Maury, ou tellement « verts », qu’ils évoquent des décennies passées que l’on croyait révolues, celles où le mot « maturité phénolique » n’existait pas encore… Fait par des ânes, gageons qu’ils seront de plus élevés par des bourricots, ce qui en fera des vins ridicules. Naître à Bordeaux, fusse sur le cœur de la meule au niveau terroir,  n’accorde – de fait – ni talent, ni passion, ni génie. Seul le travail et la mesure auront cette année donné naissance à des vins hors normes, de ceux qui ont tout, de ceux qui marquent leur époque et rappelleront cruellement à certains, dont moi, que « le talent n’excuse pas l’absence de génie », comme le disait Drieu la Rochelle…

Autant que vous le sachiez tout de suite, sur la rive droite, il y aura cette année Vieux Château Certan et puis les autres. Pourquoi ? Je pense que personne ne le saura jamais, en fait. C’est le merveilleux, la magie du vin, le résumé de la vie où il n’y aucune justice, où certains ont amour, gloire et beauté et d’autres : rien. Devant ce vin qui a tout, la modestie des Thienpont est confondante de sincérité. Ils ne savent pas vraiment tout expliquer et j’ai l’impression qu’ils s’en foutent un peu, en fait, ce qui me réjouit. Ils sont conscients, certes, que leur vin a tout. Ils n’en tirent aucune fierté excessive. C’est ainsi. Et c’est bien ainsi. Tout s'est passé au mieux au moment où il fallait et au final, le vin est, comment dire, très concentré mais pas du tout massif, pétillant d'esprit, de fruit et de finesse, conscient de sa force mais ayant choisi de ne pas s'en servir. C'est grand, tout le monde va vous le dire. Mais c'est quand même pour des gens ayant une culture réelle et profonde du vin. Certains passeront à côté, je pense. 84 % Merlot, c'est étonnant. Impossible, à mon avis, à faire ailleurs qu'à Bordeaux ce genre de vin, quoi qu'on en dise...

Le génie est dans Valandraud 2009. Et le travail aussi. Oh, rares seront les journalistes qui noteront ce vin à sa juste valeur, qui s’engageront à fond sur ce vin encore cette année, se mettant un tout petit peu en danger. Je le regrette. On dira que c’est parce Jean-Luc Thunevin est Jean-Luc Thunevin, c'est à dire inclassable et rebelle ; ou on dira que ce vin est trop dérangeant, trop différent. En fait, mes ex-confrères resteront dans leurs certitudes, toujours aussi bloqués par un establishement bordelais qui étouffe le plus iconoclaste d'entre eux dès qu'il a un début de pouvoir. Moi, j’en achèterai une caisse et puis peut-être un ou deux grands formats : porté par un pH de fou (3,5), ce genre de pH que tout vigneron normalement constitué rêve d’atteindre dans un vin rouge avec autant de gras, d’onctueux, de plaisir et de volupté, de nerf et de classe, ce vin va traverser les âges et me survivra. Ma fille, mes garçons, mon Gaspard, mon Noé, ma Juliette, vous penserez à moi, un jour, en relisant ce texte et en ouvrant une bouteille. Le vin, comme le blog, c’est la transmission. On va lier les deux, si vous le voulez bien, pour une fois. Il y aura de grands vins, cette année à Bordeaux, mais peu auront autant de personnalité que celui là.

Aparté : Oh, il m’invite parfois et on dira sans doute que ce n’est là que retour d'ascenseur. C’est bien mal me connaître, mais c’est de bonne guerre. Certains, comme Jean-Marc Quarin ou Michel Bettane, ont vu déjà pourtant, combien ce vin était différent, apte à rentrer dans la  légende de Bordeaux…  Ils l’ont ou vont bien le noter mais ils devraient le noter mieux, s’ils laissaient parler leur cœur et leur instinct. Mais peu de journalistes s’engageront, je le crains, préférant classer les premiers premiers, les deuxièmes deuxièmes, et ainsi de suite, passant à côté, refusant de s’engager corps et âme pour ce vin hors norme, qui peut plaire ou déplaire mais ne peut laisser indiffèrent.  Murielle, Jean-Luc, toute l'équipe, bravo, vous pouvez être fiers. Pour le reste… Fin de l'aparté.

Avant, après, je ne sais plus, le hasard est dans un Saint-Émilion que je ne connais pas et qui croise ma route sur les conseils forts avisés, sous un air de pas y toucher, de mon ami André Roméro de la Soumade. «Oh, regarde, un peu ce vin, dit… » Oui mon ami, tu fais une cuvée « violette » d’anthologie, mais tu sais aussi reconnaître la qualité chez les autres et ce vin est un des meilleurs de la dégustation « L’A Grappes » ou sont les vins du "clan" (car c'est un clan, soudé et terriblement efficace...) Derenoncourt. C’est un vin sensuel, dense, noir, épais, profond, terrien, génialement séducteur et mûr, archétype du millésime. Il est inconnu ? Et alors. Quel est sont prix ? Je m’en moque, j’en veux. Ça s'appelle Godeau. Mais ça doit tourner autour de 15 euros public. C'est juste derrière Troplong (magistral), vers Tertre-Rotebœuf (pas goûté), un coin de Saint-Emilion que j'adore, froid, terrien, ce genre de coin où, dans une autre vie j'aurais aimé faire un peu de vin ;-). Qui le verra ? Vous. Foncez...

Chez Stéphane, il y a un petit échantillon bien planqué de Talbot, nouvelle formule... Ouh, quelle révolution ! Talbot est comme une jeune fille sage qui s’encanaille et s’émeut sous les caresses d’un jeune prétendant : l’échantillon est formidable, soyeux, élégant, juste dans la concentration qu’on aime chez les grands Médocs classiques en année mûre. Si le prix ne bouge pas, ce sera LE vin à acheter en GMS en FAV, car vu les volumes, il y en aura je l’espère un peu en circuit court. Un vin qui va faire parler de lui.

Bon, on va sans aucun doute encenser cette année pavie-Macquin ou Beauséjour, mais moi, ce jour là, je salue chapeau bas le meilleur Clos Fourtet que j'ai jamais goûté, enfin à la hauteur du terroir extraordinaire du cru, un des plus grands de Saint-Emilion, et Tertre-Daugay, absolument bluffant, d'une race éblouissante, et qui retrouve son rang de grand vin de la Côte. Pavie non, Tertre-Daugay oui. Au moins, c'est clair ;-). Incontournable, si les mises sont conformes et même si la presse ne le voit pas. Il serait temps de me faire confiance, non ?

Mercredi, nouvelle escapade avec Jean-Michel Deiss au Cercle Rive Droite. Comme la veille, nous picorons quelques vins, à droite, à gauche, car on doit vite partir pour bosser. Pardon à tous ceux que je n'ai pas goûté, à tous les bons que j'ai sans aucun doute ratés, mon butinage de la rive droite n'a rien de scientifique et après tout, je ne suis pas payé, hein ;-) De bons vins, des trucs ratés aussi. 2009 est un jeu de l'oie où le guide (presse, caviste avisé) sera OBLIGATOIRE. Si vous achetez les yeux fermés, vous aurez je dirais une chance sur deux de vous gourer. Un autre GRAND VIN qui se voit comme les yeux au milieu de la figure, c'est Girolate, le projet ambitieux de la famille Despagne. C'est "TopSlurp", gras, rond, puissant, long, soyeux, viril, taillé pour le plaisir. Respect et humilité. En plus, on en boirait. Ca me rappelle un peu Troplong 90, pour ceux qui savent ;-) Mont-Pérat est géant, Tour de Mirambeau sera sans doute le meilleur rapport qualité prix de la région. Commandez ces vins les yeux fermés, ils seront ignorés par la critique ou noyés dans la masse, alors qu'ils sont aussi bons ou aussi grands que des crus dix fois plus chers. J'ai pas dit meilleur ? J'aurai dû ;-)

C'est super de goûter avec Jean-Michel. On est d'accord presque sur tout, et en plus, on se pose en off des questions existentielles qui vous feraient mourir de rire et vous passionneraient... On verra si j'ai le temps un jour de vous en parler ;-)


Bon, là faut que j'aille au lit. Goûté aussi un Gracia et un Croix de Labrit formidable, des Tokay Essencia à tomber, un Pingus de référence, un Ausone désormais définitivement dans une autre galaxie au niveau prix et qualité, deux Haut-Brion anciens (98 et 90 formidablement... sans intérêt), un Lafitte 98 magnifique après 45 minutes d'aération, à faire défaillir un Chinois ;-), une Mondotte 2001 à se damner de volupté, un Valandraud 98 au sommet de sa forme et prêt à "challenger" n'importe qui, un Troplong-Mondot 98 à se damner (une des stars de ce millésime de ouf à Saint-Emilion), un Meursault Charmes de Buisson Charles parfait sur la terrine au foie gras, un Petrus 95 "aie-aie-aie que c'était bon"... Bref, la belle vie, hein ;-)


P.S. : vu au catalogue de Dubecq qu'il y avait encore en vente du Château d'Aiguilhe 2005 à 25 euros... Voilà ce qu'il faut acheter d'urgence, au lieu de ne penser qu'aux 2009... ;-)

16 commentaires

#1. laurentg | jeudi 1 avril 2010 - 00:19

Pas été conquis par Pétrus 95 il y a qq mois (goûté à l'aveugle) : ce n'était donc que cela ? (sur cette bouteille bien capiteuse, située en super-toscan).

Jean-Michel Deiss qui m'explique que Ste-Hune est surtout bon en VT : je comprends ses choix mais je ne suis pas d'accord du tout (même si le 83 bu samedi dernier était magnifique).

Marrant en effet de goûter tes vins ou ceux de Calvet-Thunevin dans ces séries de 2009 bordelais gorgés de soleil.
On aura pu goûter la veille les Châteauneufs 2007 encensés par Parker (et à boire jeunes ?!) ou des Portos 2003 pour les plus vaillants.

Et Lafleur 2009, il était comment ?

http://www.invinoveritastoulouse.fr...

Réponse de HB : suis pas invité à Lafleur et n'ose pas y rentrer comme ça. J'espère que le vin sera "pur", c'est en dire sans odeur de "Mouflette", comme on dit si poétiquement ma nouvelle amie Québecoise au franc parler qui m'a fait un bien fou ;-) Sur Pétrus, à cinquante balais, seul m'intéresse la valeur du vin et non son prix. Et ce soir là, elle était grande, à condition de se libérer du fatras de l'image et de la spéculation, et le vin était délicieux et tenais son rang. C'était très bon, je me suis régalé, après... Le prix est un autre paramètre qui m'indiffère, le vin étant offert. A cinquante ans, je sais que dans une bouteille, quel qu'en soit le prix, il n'y a que du vin et pas de l'ambroisie. Je te souhaite d'atteindre cette paix. Le zen, peut-être ? (je rigole, je rigole !!!)
#2. maussc | jeudi 1 avril 2010 - 05:35

Un rapport tellement bizeulien, dans l'âme, l'esprit et le corps.
Bon, je vois qu'on est pas très loin dans nos opinions. VCC et Haut-Brion (tu n'aurais pas pu ne pas avoir la même vision) cette année sont des vins de pure émotion, n'ayant nul besoin d'explications ou de commentaires pour ceux qui prennent le temps de rester modestes et de goûter tranquillement.
Godeau : j'y suis allé sous ta recommandation, et je ne peux qu'applaudir des deux mains… comme pour Girolate qu'on a adoré au GJE (magnum de 2001), ce que te confirmera Ellissalde.
Stéphane a fait un travail plus que remarquable, et entre sa manif au George V et La Grappe à La Gaffelière, voilà quelqu'un qui sait prendre soin, avec Christine, des gens qu'il conseille.
Finalement, tu décris bien le cirque mais, c'est évident : dès qu'un vin te sublime le palais, tu fonds … comme chacun de nous.
Et surtout, surtout, tout ton commentaire justifie pleinement, plus que jamais, les dégustations à l'aveugle. Du moins, c'est mon angle de lecture. Et donc, merci pour cela.

Réponse de HB : se laisser porter par des envies, des émotions, des attirances, ne pas chercher à avoir un avis sur tout, prendre des chemins de traverse, ne pas "marathonner", laisser une place au hasard, au désir, à l'injustice, aux faibles, au travail et à la nouveauté, avant tout "donner envie" plutôt que tenter de "justicier", voilà comment je ferais les primeurs, aujourd'hui, si j'étais journaliste... Mais voilà, comme dit Diane Tell, "quand on est un homme, on ne dit pas ces choses là..." Sur Haut-Brion, on trouvera bien, un jour ou l'autre, le temps de partager un 89, que je n'ai jamais goûté, tous les deux, sur un entrecôte, ici ou ailleurs ;-)

#3. laurentg | jeudi 1 avril 2010 - 08:33

Hervé,

HB 89 et MHB 89 sont des splendeurs.
Comme Margaux 90, LLC 90, Cheval 82, Petrus 90, ...

Zen, bien entendu :-)

"On est heureux quand on abandonne l'inquiétude du bonheur" - Paul Maeterlinck

Réponse de HB : sympa d'apprendre que deux grands vins en trente ans, ça suffit pour être considéré comme un vin culte. Dommage que la règle soit pas applicable partout...

#4. maxime 12000 | jeudi 1 avril 2010 - 09:12

Merci pour ce post.
Cela fait vraiment plaisir de connaitre des avis "libres" de tout financement! ;-)

#5. laurentg | jeudi 1 avril 2010 - 10:00

Pas très zen, Hervé ... :-)
Ce n'est pas vraiment cela que je signifiais !

Le zen, ce serait pê aussi de supprimer ces filtres de publication, non ?

Réponse de HB : si tu n'es pas d'accord avec mes règles de publication, ne me lis pas et/ou n'intervient pas. J'ai pas envie de me faire envahir par les spams et par des "coucous" qui viennent se faire de la pub ici. C'est MON espace de liberté et j'ai bien l'intention de le protéger. Je viens pas polluer le tiens. Si tu trouves Petrus banal, pas moi. Reconnaitre, noter, juger, concourir, c'est plus mon truc mais ça l'a été, alors, je critique pas. Apprécier, jouir, montrer du doigt, continuer à se révolter oui et garder sa  liberté. Chacun choisit son camp. A cinquante ans, j'ai la liberté de dire ce que je veux. Et je m'en réjouis tous les jours.

#6. arelate | jeudi 1 avril 2010 - 10:32

Merci pour ces commentaires éclairés qui vont bigrement m'aider pour mes choix dans la "jungle" des primeurs bordelais.
Cordialement,
Roger

#7. laurentg | jeudi 1 avril 2010 - 10:38

5/5, Hervé :-)

D'autant que nous venons d'échanger en privé sur les blancs du Languedoc (merci pour tes critiques précieuses).

J'ai goûté pas mal de Petrus, à l'aveugle, qui m'ont laissé de marbre.
Ce 95 était assez quelconque, avec un profil atypique pour le millésime.
J'ai adoré Petrus 90 et Petrus 2005 (généreusement servi par JC Berrouët, en primeur - et merci à CharlesV pour l'entregent).

#8. simplelecteur | jeudi 1 avril 2010 - 12:31

Un grand merci Mr Bizeul pour votre regard pertinent à mille lieux de ce microcosme consanguin bordelais qui nous a bourré le mou depuis la fin des vendanges. Vous êtes l'un des seuls à reconnaître qu'un nombre certain de châteaux ne seront pas des réussites et surtout ne vaudront pas la peine d'être achetés. Même parmi les plus grands...

P.S : Pour laurentg, pourriez-vous, svp, arrêter de "polluer" TOUS les blogs avec vos commentaires sur tout ce que vous buvez dans votre super vie mais qui n'ont jamais rien à voir avec le sujet en question... C'est saoulant.

#9. Stéphane | jeudi 1 avril 2010 - 14:09

Absolument ravi de vous avoir rencontré et d'avoir discuté avec vous lundi chez J.L Thunevin. En lisant ce post, je retrouve parfaitement le ton de notre conversation autour d' "un faune avec son fifre sous un olivier sauvage" qu'il était préférable de déguster en dernier .
Moi aussi j'ai craqué pour Valandraud, mais Virgine, tout comme la cuvée "Constance" de Thunevin-Calvet ou encore la cuvée Felgaria... et bien d'autres mais ce n'est pas l'endroit pour en parler.
Au plaisir de partager de bons moments en votre compagnie.

#10. laurentg | jeudi 1 avril 2010 - 14:22

simplelecteur,

Bien lu votre propos.

Donnez-nous des noms plutôt que de vous contenter d'approximations.

#11. denis | jeudi 1 avril 2010 - 21:23

Super commentaires qui me permettra de faire mes choix et achats dans 2 ans pour le millésime 2009... Merci HB....Une visite était prévue à St Emilion, mais voilà, retard dans les vignes, commandes (les premières...) a préparer et les 3 jours des primeurs passent sans que l'on s'en rende compte...

#12. serge | jeudi 1 avril 2010 - 22:17

bien sûr je n'ai pas la science de certains ici ou ailleurs, mais quand même pour ce Godeau pensez vous qu'il est bon de l'attendre un peu??

#13. kiki | vendredi 2 avril 2010 - 13:20

Votre commentaire sur sur l'état des vignes et la façon de travailler les sols à Pomerol me parait un tout petit peu exagéré, il existe encore des parcelles désherbées intégralement dans cette appellation c'est vrai, et je partage sur le fond votre sentiment, cela dit il me semble que la superficie concernée ne doit représenter qu'une infime partie du vignoble et je pense que par souci d'honnêteté vous devriez le préciser

Concernant Valandraud:

"porté par un pH de fou (3,5), ce genre de pH que tout vigneron normalement constitué rêve d’atteindre dans un vin rouge avec autant de gras, d’onctueux, de plaisir et de volupté, de nerf et de classe,"

excusez ma naïveté mais comment fait on "naturellement" en 2009 pour avoir un tel pH après malo, avec du gras de l'onctuosité.
Permettez moi de douter de la véracité de l'information.

un vigneron

Réponse de HB : je ne visais pas que Pomerol mais Saint-Émilion aussi ;-) et, globalement, tous les vignobles haut de gamme dont certaines pratiques viticoles d'un autre temps me semblent indignes, à Bordeaux et ailleurs. Ils (nous) devraient donner l'exemple, non ? Si on laboure l'inter-rang, c'est 60 % minimum de désherbant en moins, ce qui me semble un bon début sans pour autant suffire sans doute, j'en conviens.

Sur le vin, je vous suggère de passer goûter chez Jean-Luc Thunevin, en l'appelant de ma part, puis de me faire part de votre opinion gustative, et, pourquoi pas, analytique (moi, j'ai confiance et ma dégustation confirme cette affirmation, évidement).

Pour ma part, en Roussillon, ce genre d'équilibre est courant (des rouges entre 3,45 et 3.65 de pH) avec pourtant des degrés élevés et des textures soyeuses qui ont fait notre réputation.

Merci de votre commentaire. Je modifie légèrement le billet afin de lever toute ambiguïté.

#14. kik | samedi 3 avril 2010 - 09:44

merci pour la modification

je suis bien évidemment d'accord avec vous il est indigne de trouver encore des vignes désherbées intégralement à notre époque et il me semble que les nouveaux cahiers des charges de nos Aop sont très timides à ce sujet...
Personnellement j'espère pouvoir bannir complètement ce genre de molécules de mon vignoble très rapidement (désherbage sous le rang)
En aurais-je le temps et les moyens c'est un autre problème mais la volonté est là.

Concernant Valandraud je préfère ne pas m'étendre sur le sujet, les vins technologiques ne m'intéressent pas...

Cordialement

Réponse de HB : Labourer l'inter-rang est une chose assez simple, surtout sur du plat et sans cailloux. Sous le pied, c'est une autre histoire. Pour une AOP comme Pomerol, il est évident que le nouveau cahier des charges de l'appellation aurait pu intégrer la mesure, avec un temps d'adaptation bien sûr. Pour Valandraud, votre a-priori est, excusez moi mais je ne vous pas d'autre terme, stupide. Je pense que Muriel va tailler certains jours où vous ne mettez pas le nez dehors parce qu'il fait trop froid et que s'il y a bien un cru ou chaque avancée technologique est pesée et souvent refusée, c'est Valandraud. Enfin, critiquer sans goûter est bien sur stérile, mais de plus, vous vous privez d'une possibilité d'élargir votre horizon et de progresser. Mon conseil, appelez le de ma part et allez gouter. Il attend un appel de Kiki33 ;-)

#15. kiki | samedi 3 avril 2010 - 13:44

Pardonnez-moi cet avis tranché et sûrement trop péremptoire à votre goût, mais si je me le permets c'est que premièrement j'ai dégusté ce vin à plusieurs reprises en primeur et en bouteilles, deuxièmement j'ai une idée assez précise de la façon dont il est fabriqué. Mon propos n'est pas d'attaquer Mr Thunevin mais je ne comprends pas que vous puissiez défendre d'un côté des pratiques qui respectent le sol et donc le terroir et de l'autre promouvoir des pratiques qui s'en éloignent. Pratiques tellement répandues que cela ne choque plus personne.Où est l'idée du terroir, du climat et de ce qui devrait transparaitre d'un millésime dans la bouteille.La faute à qui? Pas aux viticulteurs certainement mais plutôt à l'Inao qui interdit certaines pratiques telle que le bâchage des vignes pour en autoriser d'autres qui permettent de concentrer le vin..
Je ne suis pas stupide, certainement inconvenant de débattre à visage couvert( mais j'ai mes raisons) et surtout pas comme vous semblez l'imaginer planqué dans un bureau.

Réponse de HB : cher Kiki, je n'imagine rien, ne sachant pas simplement si vous êtes un homme ou une femme ;-). Je vais pas non plus vous reprocher vos avis tranchés, c'est ma spécialité et j'en assume les conséquences, même quand elle sont lourdes. Je vous fait gentiment signaler que votre avis sur le Valandraud 2009 n'aura d'intérêt et de poids que lorsque vous l'aurez gouté. Ni plus, ni moins. Au delà de cela, je ne comprend toujours pas ce qu'il y a de technologique dans Valandraud, ayant vu les vignes et le travail qui y est fait, et ayant vu le cuvier, qui, au final, est en train de devenir totalement obsolète au regard de ce qui se construit à Saint-Emilion. Mais il y a des choses que vous semblez connaitre et pas moi, qui "éloigne" du terroir. Si c'est d'osmose et de concentrateur que vous parlez, et bien que je sois très opposé à ces techniques (et surtout à l'omerta qui les entourent), il me semble que vous menez un combat d'arrière garde. "Votre vin est il osmosé ?", voilà une question que je n'ai jamais entendue dans la bouche d'un journaliste ou d'un négociant...

J'en profite pour vous dire que si j'aime les avis tranchés, je déteste en revanche "l"induit", qui laisse supposer tout et n'importe quoi, surtout lorsqu'il est sous couvert d'anonymat... Quand à "l"esprit du millésime", gouté un valandraud 92 en pleine forme, comme le sont encore l'Angélus ou Troplong, gouté à l'époque en primeur, qui sortaient du lot en en sortent de plus en plus facilement, leur "concurrents" ayant quitté la compétition depuis longtemps. Si tous les 92 de la région étaient aussi bons, croyez que je m'en féliciterai...

J'aime bien discuter avec vous, même si le format de Dotclear n'est pas fait pour ça. On se connait ? ;-)

#16. François R | mardi 6 avril 2010 - 19:58

Bonjour,

et merci pour ce point de vue rafraichissant et présenté avec un réalisme, parfois un léger soupçon de cynisme, que j'apprécie beaucoup.

Pour moi qui n'ai que peu d'expériences des dégustations primeurs, il est vrai que le coté marathon est encore particulièrement impressionnant, et que l'approche un peu plus hédoniste que vous décrivez est attirante! Mais les journalistes peuvent ils se le permettre? ne sont ils pas tenus par une certaine exigence d'exhaustivité qui leur fait crainte de rater la perle rare s'ils ne dégustent pas les centaines d'échantillons quotidiens? OK, une fois que cela est dit, que peut on y faire sinon déplorer le système des primeurs et ce qu'il a engendré comme déviance médiatique...

Gouté de très belles choses en tout cas, et d'autres moins belles... content de voir que nos avis se rejoignent, notamment sur Pavie... et finalement, c'est assez vrai : vos vins avaient l'air de jeune filles sexy, élégantes, fraiches, mais sudistes, au milieu du clan des siciliens, un peu plus austères et virils ;-)

Bon courage en tous cas,
et merci pour votre franchise,

F.

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