Toujours la marmotte. Mais Belge.
Vendredi matin. Départ pour Bruxelles. Étrange impression de revenir deux semaines en arrière et de revivre la même chose : la montée sur le cirque, l'adieu aux vignes, à la famille. Même musique dans la voiture. Rien ne vaut un petit coup de U2 pour se donner le moral. toujours une pensée pour la marmotte (faut lire régulièrement, si vous voulez tout comprendre... ;-)
4 heures après, bienvenu à Bruxelles Sud, Charleroi.
EricD est là, qui m'attend, un grand sourire aux lèvres. Je ne le connais pas "physiquement". Non que nous soyons rencontrés sur Meetic affinity, rassurez vous ;-) Mais c'est un pilier de LPV, le forum francophone sur le vin où je passe du (trop ?) temps. Il m'a spontanément proposé d'être mon guide, mon hôte, mon tuteur lors de ce week end Belge. Je ne le regretterai pas un instant. Merci Eric. Merci Marianne. Merci LPV. Merci internet.
"Raconte moi la Belgique, Papa". Heureusement que les enfants sont trop petits pour poser ce genre de questions comment dire, un peu réductrice....
Euh, la Belgique ? Et bien, vois tu, mon fils, c'est une sorte de grand tunnel en plastique blanc, gentiment décoré d'un peu de végétation hors sol, où l'on est divinement accueilli par des gens souriants et dévoués, et où se pressent plein d'autres gens tout aussi charmants qui ne pensent qu'à remplir leur verre, à le vider, et à parler de vin". Et puis ? Et puis ce sera tout pour ce voyage là. Enfin sur le plan professionnel. Parce sur le plan personnel, ce fut une vraiment belle rencontre, avec une famille délicieuse, une maison claire et pleine de charme, une hospitalité paisible qui repose, calme et force respect et admiration. Eric travaille pour l'Europe. Marianne dans une banque qui n'a pas de guichet. Au fur et à mesure que nous nous découvrons, Ils écoutent ma vie avec une sorte de fascination mêlée de surprise : vigneron ballotté entre les fournisseurs et les clients, les saisons, les critiques, toujours à faire des choix impliquant leur avenir, dont la vie est une longue suite de responsabilités directes et de performance individuelle. Ils n'imaginaient peut-être pas cela. Moi, je me demande ce que serait ma vie et celle de ma famille si... j'avais travaillé à l'école. J'envie leur calme, leur sérénité, leur passion manifeste pour leur travail qui, et c'est la grande différence, s'arrête à la porte de leur maison. Les deux ont sans doute des avantages et des inconvénients. Savourons les premiers, oublions les seconds. Et retrouvons nous autour d'une bouteille de vin, passion sincère et profonde d'Eric.
Bon, plein de choses à vous raconter, car il s'en passe des choses dans mon tunnel blanc avec une grande lumière au bout, genre NDE ;-)
Première rencontre avec Jean-Claude, caviste dans cette banlieue chic de Bruxelles. Impressionné. Par sa passion. Par sa lucidité. Par ses amis. Il y a vraiment des hommes qui semblent n'avoir que des amis dévoués. Qui font l'unanimité par leur franchise, leur amour du vin et des autres. Bon, j'ai du boulot, si vous voyez ce que je veux dire ;-) La famille est là. Les enfants aident. Les voisins font les verres ou transportent les cartons, comme ça. Les clients du "premier cercle" se relaient pour remplacer les vignerons pendant la pause déjeuner. Encore jamais vu ça. Je reviendrai pour boire une bouteille avec lui, c'est promis, et mieux le connaître. Parce qu'on a pas pu suffisament parler vin à mon goût
Etant placé à la fin de la dégustation, j'ai une petite heure à perdre, derrière ma table, en attendant les premiers amateurs. Vu l'accueil de certains vignerons ce matin, je repense à Michelle, à notre discussion au Costes de Shanghai. Elle a du mal à trouver sa place entre deux cultures, dans une société qui avance à toute vitesse. Là, en Belgique, c'est un peu moi qui ait cette impression. Pas assez "vigneron" pour certains (vous savez les mains calleuses, la maitrise du tracteur en situation difficile). Trop "communicateur" pour d'autres. Résolument "bateleur" pour tout le monde, enfin, juste parce que je suis fier de mes vins, parce que je trouve normal de me confronter le plus souvent possible au "marché", parce que j'aime et respecte mes clients et parce que je les aime joyeux quand je les vois émus un verre de Clos des Fées à la main. Bon, c'est pas grave, je suis habitué. Etonnant que le fait d'ESSAYER de faire des "grands" vins dans le sud ou ailleurs soit encore si mal perçu par certains vignerons. Le formatage social et culturel touche décidement tout le monde. Dommage que, à défaut de m'aimer, ils ne s'inspirent pas de ce que je fais de bien, de nouveau, laissant de côté de que je fais de moins bien, pour que nous avancions tous ensemble. Bon, couché, Calimero.
Ah Shanghaïl... Je me demande si une partie de mon cœur n'y est pas resté. Je tripote sous ma chemise mon tee-shirt marqué "vive l'amtié Franco-chinoise". Et j'ai fait consciensieusement mon taîchi ce main, sous la direction du maitre Ding, dont j'ai téléchargé l'appli sur mon iphone ;-) On arrête pas le progrès. Bon, je rigole, bien sûr. D'ailleurs, pour rigoler, j'ai bien rigolé. Ah, attendez, on passe dans le tunnel sous la manche, je regarde, c'est la première fois... Euh, ben, c'est, comment dire... très noir. Bof. Oui, parce que je vous ai pas dit, je suis dans le train déjà en route pour Londres.
Bon, je finis la dégustation, j'essairai d'écrire le récit de l'incroyable dégustation de vendredi soir dans l'avion, demain. En deux mots, disons que si tu es vigneron et que tu n'aimes pas les Belges qui aiment le vin, tu es vraiment très con. Gens charmants, passionnés, connaisseurs, s'arrêtant longuement pour savourer un nez, une longueur, une texture, couples passionnés de tous les âges, caves disponibles pour faire vieillir les vins, ces deux jours ont été certes éreintants mais aussi gratifiants. Espérons qu'il en fut de même pour ceux qui ont trempé leurs lèvres dans mes breuvages... A demain.
Londres, me voilà. Je ne suis pas sûr que mon anglais pakistanais soit aussi efficace ici... Ah, si j'avais travaillé à l'école ;-)
un commentaire
En deux mots, lecteur qui passe, si t'es belge, que t'aimes le vin et qu'une rencontre comme celle de ce vendredi ne te fiche pas une constellation dans les noyaux gris, c'est que t'es vraiment c...
A la sortie de chez Eric, David Vincent nous a vu, il sait qu'on existe... des gens une fois de plus transformés.
Merci Hervé et Eric