Hong-Kong, paradis des escarpins
Vous aimez les chaussures ? Les chaussures de femme, je veux dire. Les escarpins, en résumé. Parce qui si, comme moi, vous aimez ça (chacun son truc, hein ;-), j'ai trouvé pour vous le paradis des escarpins et donc des amateurs d'escarpins. C'est Hong-Kong.
Pour un amateur tel que vous, il y a alors un croisement de rue où vous aimeriez habiter, vivre et mourir. L'angle de Wyndham Street et de (j'ai oublié, désolé..) Là, adossé à la balustrade, au pied du feu rouge, vous pourriez assumer votre passion jusqu'au bout. Pas vingt-quatre heures que je suis là, les amis, et j'ai trouvé le moyen de devenir milliardaire en Chine : dessiner, fabriquer et vendre des escarpins. Bon et donner quelques cours pour marcher dedans. Plus à Shanghai qu'a H.K. d'ailleurs où là on a affaire à des expertes. On critique, on critique, je sais que vous voudriez m'y voir, dans des stileto de 12 cm ;-). Vendredi soir, 22 h 30, accoudé à ma balustrade, je voyage, immobile. De la plus haute bourgeoise en Chanel à la plus... la plus... bon, là je coince, je l'avoue. Bref, TOUTES les hong-kongaises, si c'est comme ça qu'on dit, ont la passion des chaussures. Et mon Dieu que ça leur va bien. Jimmy Choo, il serait pas d'ici, par hasard ?
Bon, désolé, mais voilà, sur le plan "business", le voyage est terminé. Alors, on décompresse un peu avec Yvan. Je viens de manger le meilleur Sashimi de ma vie, un truc qui est à peu-prêt aussi différent de ce que j'avais mangé avant qu'un litron de gros rouge peut l'être d'un Clos des Fées. Avec un Pinot Blanc de Deiss, le plus simple de la carte, c'était... c'était... parfait. Bon, je me sens peut-être aussi léger parce que c'était aussi le Sashimi le plus cher de ma vie... Mais j'ai payé sans un regret, admiratif de la qualité hallucinante des poissons et de la préparation. Et j'ai félicité le chef. Tout vient du Japon, chaque matin par avion et ils ont un acheteur à eux. Et aussi le sommelier. Le nouveau copain d'Yvan, Kevin ;-) Ça s'appelle Zuma, au fait, et en entrant, je ne pensais pas vivre cette expérience dans un restaurant aussi "branché". Ah, il faut que je vous dise : j'ai pris par hasard la coquille saint-jacques crue avec la minuscule tranche translucide de citron vert qui l'accompagnait et là : illumination ! L'extase. Je vais essayer avec le Grenache Blanc, dès que possible. Le citron vert, avec la peau, c'est la clé qu'il me manquait. Enfin peut-être.
Bon, le Grenache Blanc, justement, il en a mis quelques un sur le cul, ce matin. Annabelle, une consultante en vin entrée par hasard dans la salle, en particulier, et qui n'arrivait pas à partir tant le choc était grand. Bon, un peu disproportionné, j'ai pensé, mais après tout, moi, j'ai bien eu un orgasme avec un pinot blanc de Jean-Michel Deiss. Et un orgasme féminin, Monsieur ! ;-) Alors. Elle m'a fait tellement plaisir, son émotion était tellement visible, qu'après le tasting, je lui ai donné une bouteille. J'en ai fait, des heureuses, Monsieur. Mais comme ça, jamais ;-)
Bon, bon, calmons nous, et revenons à nos moutons. Oyez, Oyez, braves gens, voici la photo qui prouve qu'il y a une justice dans la vie. Vigneron du Sud, mon ami, mon frère, accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge et, un jour peut-être, je te le souhaite du fond du cœur, comme l'ami Bizeul, tu te retrouveras en compagnie du plus mythique des champagnes...

Et oui.
Et oui.
Bon, on va pas encore faire un diner dégustation ensemble, si vous voyez ce que je veux dire (encore que, Maguy, si tu cherches un vin rouge, au cas où, je suis partant ;-) Mais je dois dire que ça m'a fait - bêtement, j'en conviens - plaisir de voir le nom de Clos des Fées accolé (devant ? ;-))) un nom aussi prestigieux.
Bon, ceci dit, à J-30 minutes du tasting, je rigolais moins, les amis... Vous l'avez déjà fait, vous, une master class en anglais ? Parce que c'est pas dans mes cordes, en fait. Et que j'ai dû puiser loin, loin, courage et ténacité. A J- 2 minutes, dans ma tête, c'était plutôt : je veux paaaartir !

J'avais préparé un PPS, le premier aussi de ma vie, en urgence, en partant (c'est marrant à faire, tiens, je recommencerai) et je l'avais même fait traduire en Chinois. La Classe, quoi. Aldo (désolé, si tu as moins de 40 ans, tu peux pas comprendre). Et patatras, alors qu'on est à HK, au cœur du marché de l'électronique mondiale, pas de cable vidéo pour connecter mon mac. Je pique une grosse colère, on essaie de transférer les trucs, les machins, les bidules. Le PPS ne marchera qu'à cinq minutes de la fin. On verra au moins la photo du garage... Grrrrr.
Bon, à ma gauche, Thierry Desseauve. En avant, mon ami, à toi de goûter à la grande solitude du vigneron du sud qui essaie de faire partager sa passion ! Je t'explique : on plonge la rame à droite, puis la rame à gauche et on recommence. Dix ans, que je pratique, j'ai l'habitude ;-). Heureusement, on a battu le ban et l'arrière ban des amis, ils sont tous là et m'encouragent à persévérer dans mon anglais laborieux, bourré de fautes de vocabulaire, de grammaire, de faux amis, de tout... Mais, mais, mais, péniblement certes, avec mon délicieux accent mi Maurice Chevalier (désolé, si tu as pas plus de 70 ans, tu peux pas comprendre...), mi Pakistanais, brique après brique, mot après mot j'arrive – enfin je crois – à faire passer un peu de la passion qui m'anime... Dans la salle, mes amis, les nouveaux comme les anciens, m'encouragent du regard et me soufflent même des mots. Bon, Thierry, faudrait qu'on prenne des cours ensemble, peut-être... Mais on s'en sort. Ouf, c'est fini.
Bon, voilà. C'est de Vingrau que je mets la dernière patte à ce billet écrit il y a moins de 24 heures à Hong-Kong... En rentrant de l'aéroport de Toulouse, sur la route, que de choses dans ma tête... Des lieux, des ambiances, des odeurs, des sons et surtout, surtout, une liste longue, longue, longue de nouveaux potes que j'ai une énorme envie de revoir... Merci les amis. A bientôt. J'espère.
6 commentaires
Là, grosse faute l'ami : ne jamais partir sans ses cables, surtout le petit bidule "mac" qui permet une liaison HDMI de toute beauté comme je l'ai fait au Davos.
Purée, tu vieillis trop vite : fais gaffe !
Quand tu veux pour les cours d'anglais, my dear friend! Et bravo pour tes vins, ils se goûtent aussi splendidement à HK qu'à Paris ou à Vingrau...
Bravo l'ami Bizeul pour ce voyage au bout du monde, avec les bouteilles du Clos des Fées !!! Voyage, voyage...
juste un petit détail: le lien vers Zuma va au restau Zuma de Dubaï....pas grave, c'est presque les mêmes photos !
Euh... j'ai moins de 40 ans (mais alors large) et quand on me dit Aldo la classe je comprends tout de suite :).
En même temps, il n'y a pas de quoi être fier, c'est pareil que le gros litron....
Outre les rencontres et images fortes à titre personnel de cette tournée, quel bilan professionnel pouvez vous faire? Le jeu en vaut-il la chandelle, car j'imagine bien qu'un tel voyage à un coût? Je m'interroge sur la "rentabilité" à court ou moyen terme pour une structure modeste comme la votre, dans une appellation peu ou pas connue en Asie.
N'est-il pas plus sage de se concentrer sur les marchés traditionnels?
Ma réflexion du jour sans doute à l'image de la météo, maussade!!!!
Réponse de HB : je m'interroge aussi, bien sûr. Budget du voyage, sans doute pas loin de 8 000 euros. Mais 4 000 en crédit d'impôt, alors, tout de suite plus raisonnable. Impossible à rentabiliser, bien sûr, mais beaucoup de pistes, de possibilités, de compréhension de ce qui va être le plus grand marché du monde. Impossible de vendre du Roussillon, vous avez raison. Du Sud de France, peut-être, car l'idée est bonne même si difficile à mettre en œuvre. Je suis sans doute un peu débile de penser qu'on peut créer un "grand cru". Mais je vais essayer, parce que le fait que les Italiens, les Espagnols ou les australiens y réussissent me grattouille. Je ne ne sais pas si j'y arriverai, ceux qui viendrons derrière moi peut-être. C'est mon côté brise-glace ;-). A l'échelle de la Chine, je suis à 40 mn de bordeaux, ce qui n'est rien... De toute façon, c'est comme le loto : peut de chance de gagner. Mais si on joue pas, là, c'est sûr, on gagnera pas. Quitte à disparaitre (ce qu'on nous prédit), je préfère disparaitre en luttant. Et puis je crois dur comme fer à la qualité et à l'originalité de mes vins, et à la capacité d'un homme de gout de faire la différence. Incorrigible... Amicalement, Hervé
quel voyage! quelles rencontres ... et j'espère plein d'amateurs du Clos des Fées de l'autre côté du globe ;)