Billet de Noël

Difficile de l'éviter, non ? Combien serez-vous, entre aujourd'hui et demain, à prendre un moment pour lire ce blog ? Mystère. Mais je me devais de vous souhaiter un bon, un paisible, un JOYEUX NOËL.

Il est 18h21 au Clos des Fées. Les gratins sont dans le four, à basse température, depuis déjà une heure. Les volailles sont prêtes à les rejoindre. Sur le fourneau, le jus des morilles est en train de réduire doucement, presque à brun.

Cette après midi, en vidant mes volailles, je me suis mis à repenser à Sharon Stone. Bizarre, quand même. Les coins et les recoins du cerveau humain (masculin ?) sont décidément pas prêts à livrer tous leurs mystères ;-). Alors que j'avais bien décollé l'œsophage et le tube digestif de la peau du cou, j'enfonçais la main dans l'autre orifice de la bête, avec une délicatesse que seule une grande expérience permet, afin de sortir délicatement tout le bazar que nous avons tous à l'intérieur, avec l'air concentré d'un Georges Clooney dans Urgence, quand je me mis à penser à ma copine Sharon Stone. Enfin, ma copine, c'est une façon de parler ;-) La reverrai-je cette année, à Cannes ? Quelle année, 2008, quand j'y pense... Cette soirée, à Cannes, c'était un grand moment. Tiens, il parait que Sharon va vivre plus souvent à Paris. Un grand appartement avec vue sur la Tour Eiffel. Mon rêve. J'adore la Tour Eiffei... Bon, si tu es paparazzi, si tu lis ce blog, si tu arrives à prendre une photo de Sharon, au printemps, sur son balcon, un verre de Clos des Fées à la main, inutile de contacter une agence, je t'achète la photo ;-). En vidant, plumant, bridant mes volailles, de fil en aiguille, je fis un mini bilan de l'année qui fut, pour nous, indiscutablement, une belle année. Pleine d'émotions, de nouveautés, de réussites, d'échecs aussi, de doutes, bien sûr, mais une sacrée belle année.

Que nous réserve l'année prochaine ? Bien malin qui peut le dire... Comme dit mon ami Frank, de Singapour, place où la crise financière est rude mais où tout le monde se relève les manches pour reconstruire, une chose  au moins aura été positive, c'est que dorénavant, les banquiers dorment comme des bébés. Oui, parfaitement. Ils se réveillent toutes les deux heures en pleurant... ;-). Merci pour la blague, Franck, et bon Noël à Sing, à toi et à toute l'équipe. Tes vins partent lundi ;-)

En choisissant la bouteille pour ce soir (se sera, entre autre, un magnum de Troplong-Mondot 1987, année de naissance de ma fille (bon Noël, ma chérie...), je regardais ma petite cave et, en caressant quelques bouteilles au passage, et je me remémorais les conditions de leur achat, l'époque, la situation. Toutes ont une histoire. Beaucoup ont été des sacrifices, au début, puis des choix, au fur et à mesure que mon goût s'affirmait, parfois kafkaïen car ma situation financière n'a jamais été brillante. C'est bien ainsi. Je détesterai pouvoir acheter tous les vins dont je rêve. La frustration, pour le véritable amateur de vin, cela fait partie du plaisir. Derrière l'écrasante majorité de ces bouteilles, il y avait une histoire, un voyage, une rencontre, un coup de foudre. Au final, j'ai passé plus d'une demi-heure dans la cave à me remémorer, en souriant un peu niaisement, repas, dégustations, rencontres, débats, vignerons et vignobles... Un bon moment.

J'espère qu'il en est de même pour vous, ce soir, et que ces bouteilles que vous vous ferez une joie de partager avec ceux que vous aimez vous empliront d'un intense sentiment de réalisation.

Merci de lire mes élucubrations. Joyeux Noël, bon appétit et large soif ;-)

14 commentaires

#1. armand | jeudi 25 décembre 2008 - 00:23

Bon Noël Hervé. Parmi toutes celles que l'on a bu ensemble, je me souviendrais longtemps de la bouteille de Silex de Daguenau que tu m'avais donné à Bercy. A bientôt dans le Jura.

#2. gus | jeudi 25 décembre 2008 - 01:57

De retour de soirée de noël de chez mon voisin de beau-frère ,un catalan pur jus qui me fait découvrir un peu plus chaque fois qu'il n'y a pas que l'Ebre qui arrose sa belle province.Vina blanca de Torres,Alt Penedes blanc ,Priorat rouge et pour finir,"Tchampagn' "Catalan.Pour ce qui est du dernier vin,j'ai eu beau chercher sur l'étiquette,je n'y ai vu d'écrit que "Cava".Mais connaissant un peu le caractère de ce catalan qui arbore fièrement une mule à l'arrière de son véhicule,je me suis bien gardé de polémiquer sur les subtiles singularités qui font l'essence des appellations françaises.
Bref,tout est bien qui finit bien:un repas succulent,des jolis vins et un incident diplomatique évité...
Joyeux Noël !

#3. laurentg | jeudi 25 décembre 2008 - 15:25

La chirurgie esthétique, j'y ai pensé en voyant les lèvres déformées d'Abngelina Jolie dans le dernier film d'Eastwood (j'en étais Béart !).

La veille, je bus de très beaux vins blancs :
Champagne Nicole Moncuit 86
Foreau 75
Coulée de Serrant 1985 (nullement oxydée)
Grillet 1985 (immense)
Zind Rangen Riesling 1985 (ressemblant comme 2 gouttes de vin à Ste-Hune)

Beaucoup de déceptions en revanche avec les Bordeaux rouges 1985.

Joyeux Noël à tous.

#4. Eric C. | jeudi 25 décembre 2008 - 17:13

Je ne sais pas si je détesterais pouvoir acheter tous les vins dont je rêve, mais je sais que parfois, j'aimerais en acheter certains que la raison financière m'oblige à laisser de côté. Mais assurément, la lutte entre frustration, envie, et satisfaction ajoute du piment à la quête de la béatitude oenophile.

#5. Dago | jeudi 25 décembre 2008 - 18:38

Une petite pensée pour vous ce soir...

Un Clos de Fées 2001 pour accompagner le gigot de sanglier au poires, pommes de terre et poivre de séchouan

Merci de nous faire vivre votre passion et réflexions toute l'année sur ce blog.

J'espère re-passer vous voir cet été.

Joyeux Noël à vous, toute votre petite famille et ceux que vous aimez.

#6. Michel Smith | vendredi 26 décembre 2008 - 09:50

Tu vois, on est nombreux à te lire, même un lendemain de Noël. Et puisque l'on énumère les flacons, j'ai bu hier avec délice deux vins de Loire dans un millésime atypique. Le premier était un Romorantin "pré phylloxérique" d'Henry Marionnet, doré comme les blés et surmûri en bouche (un 2003) avec une pointe de sucre en finale. Celà glissait sur le foie gras (trop cuit) de la belle mère pour faire ressortir une pointe d'acidité bienvenue. Superbe curiosité qui étonna les spécialistes et que mon novice de fils pris pour un sauternes... Le second vin était un lumineux moelleux-tendre Montlouis de Chidaine, toujours en 2003, qui aurait été parfait sur un homard avec une petite sauce d'agrumes, mais qui fut servi sur une fade langouste cadeau de la belle maman. Ces deux vins m'ont aidé à survivre aux effusions de Noël et au vacarme incessant des jouets électroniques. Belle vie et belles bouteilles à tous !

#7. mauss | vendredi 26 décembre 2008 - 12:28

Et beh : voilà que j'ai fait goûté à ma belle famille basque tous les crus de Mrionnet dont le sublime Romorantin qui est effectivement un véritable vin d'émotion, surtout quand on se remémore son histoire.
En rouge, il me restait à Chantaco quelques magnums 1983 de Sociando : mama mia ! Quelle jeunesse. Les décennies 80 et 90 ont bien été celles de Sociando.
Grand, très grand.

#8. GABY | vendredi 26 décembre 2008 - 18:44

Penser à SHARON en vidant une volaille c'est pas banal! Mais c'était quoi la bestiole? une dinde, une poulette, une pintade chaponnée?
Je vais tenter l'expérience et, dans l'attente, je transmets aux cahiers du cinéma pour information!

#9. Vincent Messier-Lemoyne | samedi 27 décembre 2008 - 23:48

Sympathiques salutations du Québec.

Que 2009 nous abreuve encore de billets drôles, touchants, percutants et instructifs ... ainsi qu'une autre visite au Québec!

Meilleurs voeux,

#10. Pierre Masson | dimanche 28 décembre 2008 - 18:23

J'avais acheté, dans les années 92/93 un ch Troplong M 88 110 francs au Savour !!!
Carafé une heure, il était très équilibré long et dense : très bon déjà. Et ton 87 ?
Bonne et heureuse année à toi et toute ta famille.
Pierre

#11. yves | dimanche 28 décembre 2008 - 20:36

merci pour vos textes toujours excellents; juste un petit reproche: nous avions eu des promesses de recettes qui, me semble-t-il, n'ont pas été aussi nombreuses qu'espérées

#12. Jean-François B. | mercredi 31 décembre 2008 - 18:40

Découverte, ou presque, d'un monde de passionnés. N'ayant pas vos connaissances en la matière, loin s'en faut, je me contenterais surement de vous lire afin d'apprendre encore sur ce (ces) vin(s) que j'aime tant dans leur diversité.
Cette année m'a permis de reprendre contact avec un camarade de galères (petites les galères quand même), perdu de vue au fil du temps. 2008 sera donc dans mon souvenir une bonne année.
Je vous souhaite à tous, connus et inconnus, une bonne année 2009, qu'elle vous apporte les vins dont vous rêvez ainsi que ces petits plats qui les accompagnent à merveille.
Hervé, je sais maintenant pourquoi plus jeunes nous nous entendions, Epicure veillait sans doute déjà sur nous. Il est visiblement toujours là et j'espère qu'il ne nous quittera jamais.

#13. Klod | vendredi 2 janvier 2009 - 10:36

Paisible... c'est ça... paisible quel doux mot..

Tous nos vœux à toi et aux tiens..

La Tribu du Pas de l'échelle

#14. zeno | dimanche 4 janvier 2009 - 16:21

en dégustant une sorciére 2007 fabuleux de concentration et de plaisir je consulte le blog qui m'interpelle...
durée de vie des autres ?
à boire sur le plaisir ou à attendre encore son ouverture ?

Réponse de HB : les Sorcières sont conçues pour être bues dans l'année qui suit sa mise en bouteille, justement pour avoir les sensations que vous décrivez ;-). La masse tannique n'est pas assez importante pour assurer à ce vin des années de garde. Il s'assagira donc vite, mais sans atteindre une phase de pleinitude. Mais il sera alors conforme au goût de certains... Pour ma part, je l'aime aujourd'hui, comme ça, dans la violence de sa jeunesse... cordialement, hervé

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