Dire au revoir, et puis rentrer…
Retour à Vingrau à la fin d’une semaine en Suisse bien remplie, faite de rencontres avec de joyeux passionnés mais aussi d'un long défilement de lieux calmes et verdoyants, encore à fleur dans mes souvenirs, dès que je ferme les yeux ;-) En rentrant, la sècheresse et la pauvreté des terres du Roussillon est toujours une surprise, pour ne pas dire un choc…
Ce blog n’est pas un journal de voyage, et, parfois, je le regrette. J’aimerais vous conter mes pérégrinations, les détours, les arrêts, les moments de contemplations, les endroits à voir et ceux à éviter, surtout sur le plan hôtellerie/restaurant, bien sûr, n’ayant pas vraiment le temps de courir les musées et les festivals de l’été. Mais bon, voilà, ma période Gault-Millau, c’est fini. Mais ayant acheté un GPS et m’en étant vraiment servi pour la première fois, je me suis mis un peu à regretter, au fil du voyage, que ce formidable outil ne soit pas plus utilisé en dehors de son utilité première, indiquer son chemin.
Il devrait y avoir un programme GPS « vins et gastronomie ». C'est clair. Pas un truc de guide fait à la va vite, un vrai truc communautaire, alimenté par des amateurs du monde entier qui, finalement, perdent un temps fou à refaire éternellement des chemins de croix éculés avant d'arriver, parfois, au graal...
On arriverait à Gstaad, on y saurait qu’il faut aller grignoter un bout de fromage dans une ferme perdue, dont on se passe le nom sous le manteau, entre gens méritants ; qu'il fait prendre le temps de goûter un morceau de canard aux épices au Chesery avec un Château d’Issan 1990 remarquable, à vous réconcilier avec Bordeaux tout entier ;-). ; à Luzern, on saurait qu’on peut boire au Château Gutsch un Chinon Coteau du Noiré 2005 à vous tirer les larmes et à vous faire oublier tous les autres Cabernet-Franc du monde (car il y a LUI et il y a les autres...), en regardant le soleil inonder la vieille ville. On vous donnerait les horaires du bateau pour Vitznau, en vous précisant le n° de téléphone du Park Hôtel, vous conseillant discrètement de prendre tout le temps découvrir le charme absolu d’un déjeuner d’un autre temps, au bord du lac, où un Carpaccio de veau aux truffes d’été rencontre une Humagne du domaine Cornulus, étrange et fascinant mariage entre les arômes du pinot noir et la tension joyeuse d’une Syrah bien mûre. Vous y dormez ? Quelle chance... Vous saurez désormais la différence entre un hôtel et un Palace ;-) Avez vous pensé à trouver sur e-bay, le "parfum d'Yvonne", LE film à voir ici, en se demandant ce qu'est devenu la si jolie Sandra Majani, dont la disparition des écrans reste pour moi un mystère que je rêve d'éclaircir... En partant, dans la voiture, un ami, inconnu, vous conseillerait, qui sait, de découvrir ou de redécouvrir Alice, de Tom Waits, pour animer la route entre les cerisers qui vous ramène vers le monde normal... A Genève, on serait guidé par Jacques Perrin, en Italie par François Mauss, ailleurs, par vous, peut-être… Qui s’y lance ? ;-) On peut toujours rêver...
Bon, que vous dire à part cela. Plein d’idées bien sûr, pour ce blog, en conduisant, et bien sûr pas un instant pour les écrire au moment où elles viennent. Que de billets perdus… Allez, ils reviendront un jour ou l’autre.
Ah, oui, trois belles soirées, coup sur coup, ce qui est rare, à Luzern. On en parle demain…
un commentaire
Hervé, sache que lorsque tu viendras à Genève, je me ferai un plaisir de te servir de stalker ! Est-ce que le jeune Zimmermann, le sommelier du château Gutsch, était présent ? Je n'ai pas tout à fait capté l'incise sur Cornulus. Si tu parles bien de l'Humagne, c'est de l'Humagne, dans la gamme Antica : que viennent faire dans cet équipage le pinot noir et la syrah ? Est-ce que mes amis Reynard et Varone auraient concocté un nouvel assemblage ?
Réponse de HB : c'est bien celui là. Je trouve pour ma part, mais sans doute est ce très romantique comme impression, que les vins de ce cépages possèdent des arômes et des textures qui me font penser à un croisement improbable entre le pinot et la syrah. J'espère que je ne vexe personne... En tout cas, c'est un vin magnifique. Oui, Mathieu est là, bien sûr et donc, le Gutsch devient un endroit diablemement intéressant pour un amateur de vins... RDV pris pour mon prochain stop à Genève. Si tu n'est pas à la montagne, bien sûr ;-)