Un avenir glorieux
Abonné à la emailing de Vitisphère, je tombe sur l'interview de Bruno Kessler, le directeur des achats de Grands Chais de France. Elle est édifiante. Je vous la conseille. C'est ICI.
A lire un passage, je n'en crois pas mes yeux ! Je cite :
Question : "Cette course au rendement ne va-t-elle pas conduire à une nouvelle baisse des cours ?"
Réponse : "Si bien sûr, mais c’est grâce à cela que nous redeviendrons compétitifs par rapport au Chili et à l’Afrique du Sud. Mais qu’importe la baisse des prix si grâce à l’augmentation des rendements, le producteur touche un meilleur revenu à l’hectare. Aujourd’hui, les vins de cépages rouges chiliens sont à 64€ l’hl franco. Si nous arrivons à ce prix là en France, nous reprendrons des parts de marché. Et pour le producteur, à 100 hl/ha, cela fait un revenu de 4000 € à l’hectare en tenant compte des frais de vinification et de transport. Pour peu qu’on travaille sur la réduction des coûts de production avec la taille minimale par exemple, cela devient une activité très rentable. C’est un marché qui peut générer des marges pour tout le monde. Il n’y a aucune raison de laisser ce marché à nos concurrents, surtout pour le marché européen qui devrait être notre chasse gardée."
Tout l'interview est du même acabit.
Voilà donc ce que Monsieur Kessler propose comme "solution" à la crise : des "vignerons" dignes des "temps modernes", fonctionnaires du négoce international, pour qui le vin n'est qu'une matière première comme une autre, dont le cours "fluctue" comme le pétrole – au point que si l'on a une marque forte et beaucoup de chimie, le vin peut venir de n'importe où – pratiquant une viticulture "minimale", à l'aide de machines, à 200 hl/ha, à l'aide d'intrants chimiques surpuissants, sur des surfaces inhumaines, afin de réussir à "survivre" s'ils arrivent à produire du vin au même prix que des pays où l'on produit moins cher, grâce à des SMIC divisés par 10, 70 heures de boulot par semaine et où se blesser signifie mourir.
Tocqueville, mon vieil ami Tocqueville, écrivit un jour : « Le spectacle de cette uniformité universelle m'attriste et me glace, et je suis tenté de regretter une société qui n'est plus. »
Voilà, aujourd'hui, qui me glace tout autant...
P.S. : Jacques Berthomeau semble attiré par cette "viticulture" et cette "vie" là. Ou plutôt cette "survie"... C'est sur son blog, ICI. Nous ne serons, encore une fois, pas d'accord. Cher Jacques, ce boulot de con, que tu proposes à certains, tu le ferais, toi, pour le SMIC ? Pour ma part, si c'est ça l'avenir du Languedoc, je me demande si ceux qui arrêtent pour faire autre chose ne sont pas les plus intelligents...
8 commentaires
"Tocqueville, mon vieil ami Tocqueville, écrivit...": Je ne te savais si vieux, tu fais plutôt jeune ;-).
Plus sérieusement cela doit être à cela que correspond le vocable "exploitant agricole"
Salut Hervé,
nous voilà de retour de notre week end Roussillon (on t'enverra un petit mail pour te raconter), et paf je tombe sur ton nouvel article....
Aprés avoir vu de mes propres yeux tout un patrimoine, tout une culture qui sont en train d'être arrachés, éliminés, voilà l'issue qu'ils nous préparent... des vins soit disant "plaisant", mais des vins avec lesquels on va droit dans le mur.
Heuresement qu'il reste des vignerons passionnés et des amateurs véritables pour faire survivre cette aventure viti-vinicole millénaire. Merci aux gens comme toi ! Continuez ! On va essayer de vous suivre !
De tout temps le languedoc a été un fournisseur de matiére premiére , le "vin noble" ayant été produit par d'autre terroirs . Notre climat permettant à la fois les rendements ( merci l'aramon , les chateaux du bitterois te doivent tout ... ) et le degré ( sans betterave ) , on a pu fournir à la france laborieuse des années industrielles leur jaja quotidien . On peut toutefois se demander si le choix d'un retour au 19 éme siecle est judicieux : le jour ou les chinois feront du vin industriel , nos structures languedociennes avec un parcellaire de petite taille et des coopératives staliniennes , seront elles à la hauteur des éspérances de Mr Kessler ( qui lui n'aura aucun scrupule à se fournir à Pékin ... ) ? La france avec ses charges et son foncier de vieille europe doit elle se lancer dans ce modéle , je ne le pense pas . Vouloir monter une usine de T shirts à Vingrau ou à Montpeyroux est ce une bonne idée ? A moins de griffer Hermés ou chanel , ce choix serait suicidaire ! L' avenir de la viticulture méridionale sera à mon avis serait plutot dans un choix de haut de gamme avec ce cher Bizeul en Karl Lagerfeld ( avec ou sans gilet jaune ) ou un Laurent Vaillé en Lacroix , plutot que des industriels faisant 150 hl/ha avec un abus de produits chimiques ( je rapelle le retrait à terme de nombreuses molécules qui , pour ce genre de viticulture sera dur ...) .
Continuez , cher mr Bizeul , vous avez raison et eux on tort . Mais il n'y aura que peu d'élus et se posera alors le problème des friches viticoles qui est un autre sujet ...
Cher Hervé,
A propos de métier de cons j'ai le souvenir d'un certain Lelong, breton et vaguement Sec d'Etat aux PTT qui avait qualifié le tri de m de c... Désolé quand je prends le 1ier métro pour gagner une gare y'a beaucoup de cons dans la rame et en prime ils sont bronzés.
Quand au SMIC quand j'étudie les comptes des viticulteurs ils sont loin du compte et que je sache l'objectif de faire gagner de l'argent dans les vignes à partir du raisin n'est pas un crime : nous importons les alcools pour muter nos VDN, les mouts concentrés et le marché des vins de base pour mousseux explose... Mais ce n'est pas noble sans doute !
Jean Clavel qui est un sage a raison, je trouve facile de se faire mousser auprès de lecteurs convaincus par avance il est bien plus difficile d'aller convaincre les présidents de caves coops et la fameuse base.
Moi j'essaie, en pure perte sans doute, mais même si je me fais traiter de suppot de BK je tente de sortir la région de son pessimisme.
NB. Hervé tu devrais aller visiter la coop de Florensac dans l'Hérault pour voir s'ils font un métier de cons...
Amical souvenir
Réponse de HB : Mon cher Jacques, le "métier de con" dont je parle, c'est celui que prône l'ami Kessler : corvéable à merci d'un négoce international géré par des cols blancs, dans une agriculture productiviste digne de l'après-guerre, entièrement mécanisée, peu soucieuse des conséquences de ses actes pourvu que le "marché" soit content, produisant des vins boisson interchangeable, aussi interchangeable que ceux qui les produisent, dont le cours fluctu en fonction du déplacement d'El Nino, à 2 euros chez Lidl, en pensant que c'est la solution pour que le consommateur boive plus...
Oui, c'est facile de donner des conseils : ce métier là, tu le prendrais, toi ? Moi, non, sans hésitation.
Quand à vouloir me monter contre les caves coop, c'est indigne de toi. Non, ce n'est en aucun cas le modèle actuel des caves coopératives, où, que je sache, chacun est propriétaire de son outil de travail (et co-propriétaire de l'outil collectif) et responsable de la qualité de ses raisins. A refuser d'élire à leur tête des commerciaux, qui, certes, auraient sans doute gagné plus d'argent qu'eux mais leur en aurait fait gagné beaucoup et permis de rester libre et indépendants, ils ont (et préfèrent toujours) continuer à produire sans se soucier du marché. A eux alors d'assumer les conséquences de leurs actions (ou de leur non actions : combien de coopérateurs passeront-ils cette année un samedi dans le rayon vin d'un Hyper, fier de présenter la production de sa cave ?).
La solution, tu la connais comme moi : il suffisait d'élire à la tête de l'INAO un grand dictateur qui, enfin, disent aux vignerons : l'AOC, tu l'aimes, tu la respecte, ou tu la quittes ! Et à nouveau, on respecte les règles, qu'il était inutile de changer. On mettait les contrôleurs dans les vignes (en supprimant le label, on en aurait eu de reste), accompagné des douaniers en prêt retraite depuis Schengen, et tous ceux qui n'étaient pas conforme, vin de table. Et l'AOC, elle aurait retrouvé vite fait couleur et crédibilité, le vin Français aussi. Mais non, on en remet une couche, le tout avec un Champenois à la tête de l'usine à gaz, qui, une fois qu'il aura augmenté de manière scandaleuse l'aire d'AOC de la Champagne, ira couler une retraite heureuse. Vous avez dit AOC ? Vous avez dit Terroir ? On est ridicule aux yeux du mond entier... On est ridicule aussi parce qu'on dépense de l'argent public EN MEME TEMPS pour dire aux français : buvez moi, le vin, c'est un poison et aux étrangers : buvez plus, le vin français est un nectar ! Et tu me parle de cohérence ? Tu me fais bien rigoler. La "base", il faudrait peut-être que les politique commencent à lui
Oui, il faut sans doute du vin industriel. Mais comme le dit un commentaire, dans quinze ans, avec l'arrivée de la Chine, ce modèle sera à nouveau obsolète. On a toujours un train de retard, je préfèrerai qu'on en ait un d'avance. Toi aussi, je crois.
P.S.: pour voir une cave dynamique, je n'ai pas besoin d'aller si loin, j'ai Embres et Castelmaure à côté, avec les résultats brillants que l'on connait, Mont-Tauch pas loin, et le fruité, un vrai concept quoi qu'on en dise, en ville, chez les Vignerons Catalans. Et je n'ai pas été le dernier à faire l'éloge des Vignerons Ardéchois ou de Plaimont.
Les propos de Monsieur Kessler sont effectivement navrants d'autant que la question de vins de marque de qualité est capitale pour la survie du vin français. En revanche la compétition par le plus bas prix possible de vente et de coût de production, avec comme ambition la plus petite marge commerciale possible est stupide est suicidaire et rend rêveur sur le contenu de la stratégie commercrila à moyen terme de nos grands metteurs en marché! Renault ne survivant que par Logan est une farce industrielle typiquement française, BMW jouant une toute autre forme de théâtre. Avec en pmis dans le vin un avenir très limité par l'écologie. Car l'économie ultime en la matière est la fin des transports et donc ces vins à bas prix seront par la force des choses et des politiques écologiques distribués dans des zones géographiques spécifiques. La seule chance se survie heureuse du vignoble français reste donc le vin de qualité, d'origine géographique revendiquée, avec une marge suffisante pour tous et une communication efficace. Sur ce plan je suis heureux que les président de l'INAO vienne de CHampagne, le seul vignoble de ce pays ayant su faire coincider l'origine, la marque et la marge! Pour réussir il n'y a que deux voies possibles, celle d'un artisanat de qualité, couvrant touus le processus de production jusqu'à la mise sur le marché,forcément limitée par l'obligation d'avoir du talent. Ou bien le vin semi industriel mais respectueux d'un vrai savoir faire artisanal mais ou chacun fait ce qu'il sait faire. Le vigneron produit un bon raisin, à partir d'une morale saine, celle qui respecte terre et vigne, et est payé en conséquence, l'élaborateur achète le raisin, élabore en volume forcément plus important un beau produit, ce qui diminue d'ailleurs son coût de production par la rationalisation des techniques, lui donne une image suffisante pour assurer sa marge commerciale et le respect du public. S'il ne sait vendre que du vin à moins de deux euros qu'il change de métier! Rappelons que le Malgache ou le Birman de demain, on peut rêver, le Chinois ou l'Indien d'aujourd'hui ne pensent le vin français qu'en terme de produit de prestige et de civilisation et a les moyens de se l'offrir, dans des tranches de prix diverses mais qui excluent le tout bas de gamme. Il en boira ade vitam aeternam par plaisir et snobisme si on ne le trompe pas sur la marchandise. A deux euros il se fiche complètement de l'origine et du goût et il papillonnera d'un pays à l'autre, allant toujours vers le prix le plus bas qui sera d'ailleurs le vin d'un vignoble aussi voisin que possible!
MB
Moi je ne lis pas la même chose que vous :
"Tous les secteurs ne sont pas aptes à produire ces vins industriels …
Bien sûr que non et heureusement. Le marché est segmenté, il faut donc segmenter la production de raisins. Au niveau de chaque exploitation ou de chaque coopérative, il faut passer en revue toutes les parcelles et définir une affectation pour chacune : les parcelles de coteaux sans irrigation possible resteront vouées aux vins de terroir avec des déclinaisons possibles en bio pour une meilleure valorisation. Mais dans les secteurs de plaine où l’irrigation est possible, il faut développer des vignobles productifs avec des coûts de production les plus bas possible pour être compétitifs sur le marché mondial ."
Il parle bien de segmentation du marché. Cela ne sert à rien de ne faire que des vins de terroir si le consommateur n'en a rien à cirer du terroir. Bien sûr qu'il faut garder des premiums, mais il faut arreter de faire croire aux gens qu'en France on ne fait que du premium. Quelle part de marché cela représente ? 10, 15 % ? Je ne vois pas où est le mal à faire rimer vin avec industrie. Les vins français sont de plus en plus connus outre-mers pour être approximatifs et surestimés. L'hygiène fait souvent défaut chez les petits vinificateurs (petits par la taille) alors que ces grands groupes sont irréprochables de ce point de vue là.
Après je suis étonné par quelques remarques que j'estime démagogiques : "si l'on a une marque forte et beaucoup de chimie, le vin peut venir de n'importe où – pratiquant une viticulture "minimale", à l'aide de machines, à 200 hl/ha, à l'aide d'intrants chimiques surpuissants, sur des surfaces inhumaines, afin de réussir à "survivre" s'ils arrivent à produire du vin au même prix que des pays où l'on produit moins cher, grâce à des SMIC divisés par 10, 70 heures de boulot par semaine et où se blesser signifie mourir.
De quels intrants surpuissants parlez-vous ?
Cdlt
Réponse de HB : la taille minimale a un effet buissonnant. Les pratiques minimales, c'est l'abandon de tous les "gestes vignerons", qui n'avaient pour but que de réduire les intrants et augmenter la qualité. Impossible au passage d'imaginer des vignes de 60 ou 100 ans avec de tels modes de culture : il faut les remplacer tous les 30 ans maxi. Dans tout les cas, il faut des engrais chimique, sinon, pas de 100 hl et plus à l'hectare... Trop d'azote égale grande sensibiité aux maladies. Et le cercle vicieux est enclenché : c'est parti pour un traitement tous les 8 jours, parce qu'à la moindre pluie, on peut plus passer dans les terres à patates, donc, il faut prévoir.. Qui dit feuillage dit humidité, dont anti-botrytis (on est sur des bas-fonds). Et dans l'obscurité, bonjour les insectes, donc la pourriture acide, donc les vendanges précoces, donc, donc, le raisin est pas mûr, pas bon, flotteux et à nous les intrans à la cave : tanins, acides, sucre, nano-truc, levures, enzymes et pour finir, à la mise, un bon bidon de gomme arabique, entre autre; là, je cite que les moins discutables. Parce qu'il y a en a un paquet d'autres...
Vous mélangez tout. Il ne s'agit pas de faire des vieilles vignes à 100 hL/ha. Il est question d'orienter les parcelles qui ne sont pas aptes à une production prémium vers une production de type industrielle, plutôt que de les arracher et donc de condamner le vigneron.
Vous allez me dire que tous les coins du Languedoc sont des terroirs magnifiques ? Tous capable de faire des Petite Sibérie ? Mais alors pourquoi vous embêtez vous tant à aller planter dans des coteaux cachés au fin fond du Roussillon ?
Les "gestes vignerons", si on regarde bien, j'ai l'impression qu'ils ont déjà été oubliés dans le Languedoc. Beaucoup de manquants ne sont plus replantés, les sols sont mal entretenus, le palissage est parfois très mal suivi... bref, l'époque dont vous parlez est révolu.
En 2007 j'ai eu une moyenne d'exploitation de plus de 80 hL/ha avec 5 traitements homologués PI. Il ne faut pas faire de raccourcis aussi rapides, surtout lorsque on a la voix qui porte.
Cdlt
Réponse de HB : et bien j'ai tout faux, vous avez tout juste. Vos 80 hl/ha vous remplissent de joie et votre compte en banque est bien garni. Vous êtes pile poil dans le moule et vous allez vers un avenir glorieux. Il ne vous reste qu'à choisir la taille minimale et votre bonheur sera parfait. Ah, au fait, vous voulez dire que vous êtes passé cinq fois seulement dans les vignes en 2007 pour traiter (avec un mélange détonnant, je n'en doute pas, en faisant en même temps, piie poil dans le rythme, anti-oidium, anti-mildiou, vers de la grappe, cicadelle, voire anti-botrytis ?). A ma connaissance, vous devez être le seul en France... Vive le Sud ! Et vous avez pas mis d'engrais chimique ? Pas désherbé en plein ? Parce qui si vous faites tout en cinq passage, bravissimo ! Et pas d'effeuillage ? De rognage mécaniques ou thermique ? Vous avez l'abondance de raisins et pas trop de feuilles ? Super. Ah au fait, et le vin, vous l'assumez jusqu'au bout, vous le vendez ou vous laissez ce soin à d'autres ? L'avez vous simplement gouté ? Vous en buvez au quotidien ? Plus, deux litres/jour, parce qu'il vaut un euro le litre ? Et vous le servez à vos amis, à votre famille, le dimanche ?
C'est pas parce que le métier par en brioche qu'il faut pas essayer de sauver les savoir faire qui restent... Et si le vigneron est de toute façon condamné, doit il perdre 20 ans de sa vie en prenant des risques financiers insensés, sans dormir la nuit ? Ne vaut il pas mieux lui proposer, finalement, tout de suite une autre voie ? Je m'interroge...
Plus sérieusement, les parcelles pas aptes à la production de premium, elles sont déjà orientées vers le 80 hl/ha depuis longtemps. La taille minimale, le désir de passer allègrement la barre des 100 hl/ha, le rêve de la taille minimale, cela ne rien arranger. C'est tellement facile d'aller vendre du vin en disant : regarder, il est 2 ou 3 cts moins cher que celui du chili, parce que le vigneron s'est serré la ceinture... Vous croyez que quelques cts d'euro ou de dollars vont décidé le consommateur à choisir cela ou ceci ? Du vin entre 2 et 3 euros le litre, plutôt correct souvent, il y en a plein les linaires ? Vous croyez vraiment que quand on sera à 1 euros, les consommateurs vont se ruer dessus ? Que ça leur fait envie ?
Entre la petite Sibérie (je produit quand même, en comptant Walden, beaucoup, beaucoup de vins bon marché, vendu entre 4.90 et 6.40. Pourquoi ne me parle t'on toujours que de cette cuvée à 2000 bts ?) et les autres vins, ll y a la place pour bien des vins, dont des vins industriels, bons et à prix modéré (le succès d'ailleurs du vdd'oc en témoigne). Mais laisser croire que parce que le producteur produit toujours moins cher, il vivra mieux (ce qui est le but, à la fin, je crois), il y a un pas que je me refuse à franchir en signant un blanc-seing à n'importe qui pour faire n'importe quoi.
PS : oui, l'époque dont je parle est révolue. Mais si un vigneron ne sait plus faire un palissage, former un jeune cep, le tailler et l'entretenir, mérite t'il encore ce nom ? Quitte à être ouvrier spécialisé, mieux vaut peut-être travailler directement pour le négociant. Au moins, on a pas la responsabilité ni le risque de tout perdre.
J'ai jamais dit que je n'étais passé que 5 fois... j'ai dit que j'avais fait 5 traitements :
1er : zoxamide + soufre
2eme : fosétyl + IBS
3eme : DMM + IBS
4eme : DMM + quinoxyfene
5eme : cuivre
+ 2 anti-bot sur certains secteurs.
Aucun insecticide.
Desherbage sous le rang et ENM tous les inter-rangs.
Rognage et effeuillage mécanique bien entendu, mais là, je ne vois pas où est le problème.
Je suis loin d'être le seul dans ma région (Alsace, je n'ai jamais dit que j'étais dans le sud de la France).