Petit aller-retour en Suisse...
Bon, voilà, moi aussi, je suis rentré ;-))
Que vous dire de ce voyage, chers amis ? Bon, d'abord, quitte à enfoncer quelques portes ouvertes, ce qu’il y a de bien, en Suisse, c’est l’hôtellerie. De l’hôtel "derrière la gare" à la pension de famille perdue dans la montagne, de l’hôtel pour représentants au Palace le plus luxueux – soit en fait tous les styles d’hôtel que j’ai fréquenté en quelques jours – tout le monde, à son niveau, cherche à vous faire plaisir. On est poli. C’est propre. La literie est de qualité, même dans l’hôtel le plus modeste. Tout est propre. Je l'ai déja dit, non ? ;-) Le petit déjeuner est généreux et les petites attentions sont constantes, voire surprenantes. Bref, un peu tout ce qu’on l’on semble oublier en France, où, sauf exception, l’hôtel de chaines dirigé par des contrôleurs de gestion est roi, où le petit hôtel de famille a disparu ou vous expose à des aventures à la Zola, où les chambres d’hôtes sont au prix d’un Relais et Château sous prétexte qu’il y a un peu de déco. Passons.
J'ai passé pas mal de temps, en fait, dans ce que l'on appelle la Suisse "primitive". C’est un petit bout de Suisse où, à l’origine, quelques tribus féodales, farouchement indépendantes se sont dit que les temps étaient venus d’être indépendants ensemble si on voulait le rester ;-). En 1200 et des brouettes, quatre petits cantons se prêtèrent donc mutuellement serment d’arrêter de se chamailler pour se chamailler avec le reste du monde. Puis il furent bientôt huit, puis treize, puis vingt-deux, puis enfin, aujourd'hui, vingt-six, si je me goure pas. Ce système d’état fédéral et de cantons souverains me plait bien, je l’avoue, même si je la sais presque impossible ailleurs. En Suisse, on a aussi l’impression, c’est diffus mais ca me frappe à chaque fois que j’y vais, que chacun respecte la liberté de l’autre et que l’état reste au service de la collectivité, sans empiéter outre mesure sur la liberté de chacun. Oh, toi, ami Suisse, tu penses sans doute que la réalité et le quotidien du citoyen helvète est bien différent de cette image d’Épinal. Les commentaires te sont ouverts ;-)
Voyage fort agréable donc, riche en rencontres de qualité, qui me mena de Genève à Vevey, en passant par Lausanne, Gstaad, Zurich, Luzern, Zoug, Vitznau et j'en oublie, désolé . Grand tour, grands paysages, grand bol d’air pur, de montagne, de vert intense, de pâturages fleuris et de vaches racées, à l’évidence heureuses de vivre.
Elle est pas belle la photo, hein ? Je l'ai piqué sur le web, c'est le Cervin ;-) Pardon pour la première photo, c'était effectivement la face nord de l'Eiger ;-))
Bon, alors, en vrac, accueil chaleureux des sommeliers; rencontres amicales de dégustateurs avertis; dégustations où les vins se goutaient ma foi fort bien, des 2005 en fin de commercialisation en Suisse aux 2007, en dégustation primeur chez notre importateur, à Vevey. Nous avons, je l’espère ;-), convaincu à nouveau quelques dizaines de personnes qu’en Roussillon, on peut faire décidément des vins ambitieux, racés, complexes et aptes à un vieillissement qui permettra de se réjouir d'avoir fait un si bon investissement ;-). Bon, je ne sais pas comment vous voyez cela, de la petite fenêtre de ce blog, mais chaque nouveau fan du Clos des Fées se conquiert mano à mano, verre par verre, en duel face à face ;-) et, c’est clair, ma vie ne suffira pas à convaincre 7 ou 8 millions de citoyens Suisses ;-). Merci en tout cas à tous ceux qui, avec passion, défendent mes vins et s’engagent derrière eux, au restaurant, dans une cave ou chez eux. Merci Christian, merci Michel !
Ah, au fait, rencontré deux vignerons fantastiques lors d'un tasting au Vitznau : un Suisse, Thomas Studach, des Grisons, dont le Pinot Noir m’a littéralement scotché. Ill n'a que trois hectares et donc, ce n'est pas demain que je vais trouver en France ce vin qui est déjà rare en Suisse ; un Italien, en fait Suisse d'origine, très, très sympathique, Mario Bollag, à la fois classique dans son Brunello et formidablement novateur et juste dans ses interprétations de cépages bordelais. Ça s'appelle Terralsole et c'est vraiment très bon, très fin, très élégant. A l'aveugle, j'aurais dit Cheval Blanc... Discussion autour des vignes, hors de prix et introuvables dans ces deux régions (500 000 euros/hectares...). Et dire qu'on arrache tous les jours ici des centaines d'hectares de vieux Grenache et de vieux Carignan, irremplaçables, chaque mois ;-(((
Le moment à retenir pour la postérité : la première dégustation à table d'une bouteille de "de battre...", au déjeuner, devant le lac des quatre cantons, avec un carpaccio tiède de veau, sauce aux truffes. Très, très, vraiment très sympathique ;-))). Je veux la recette, Geny !
5 commentaires
Eh, c'est l'Eiger, cette montagne...on peut voir des fenêtres sur son flanc puisqu'y passe le train de la Jungfrau. Le Cervin, c'est celui en forme de Toblerone (ou vice-versa...). Pour avoir grandi en France et étant binationale, j'apprécie aussi le système fédéral. Enfin, tant qu'on a un peu d'argent, le libéralisme, c'est agréable... Mais la société ici est très policée, on est libres dans un cadre strict!
Réponse de HB : merci, j'ai corrigé. Ceci dit, la Suisse a le plus fort taux d'emigration en Europe, et, rapidement, qui veut bosser et s'intégrer y arrive apparement assez bien. A noter que les pauvres, au moins, sont pauvres en démocratie et en sécurité. C'est loin d'être le cas ailleurs ;-)
Aussi mauvais au foot qu'en nom de montagne les amis français... ;-))
Ce n'est pas le Cervin mais l'Eiger.
Salutations
Luc
Effectivement, je le reconnais plus ainsi, le Cervin. Il n'en reste pas moins que la photo est magnifique : très beau choix !!
Avez-vous eu l'occasion de déguster des vins du canton de Vaud, à Vevey ? Si mes souvenir sont exacts, ce versant du lac est couvert de vignes (la zone de Lavaux, si je ne m'abuse), même si la ville de Vevey est bien plus célèbre pour le fait d'héberger le siège de Nestlé....
Effectivement, il vaut mieux éviter de confondre – même si leurs parois nords sont également redoutables – le Cervin, vieux reste de la corne africaine qui nous parle de la Pangée et l'Eigerwand, tout aussi délité certes... A part ça, ce carpaccio tiède de veau m'intrigue et, surtout, son auteur : s'agit-il de l'inénarrable Genny Hess ?
Réponse de HB : je ne sais pas qui est à l'origine de la recette, mais nos amis Hess père et fils était bien là ;-)
bjr, je bois également quelques crus Suisse pour dire qu'à mon goût la plus part se sont des vins très appétants et ce n'ai pas péjoratif car on en boit !
toon