Tu voulais voir la pluie...
Et on a vu la pluie. Et la grêle, même, pour le même prix...
Bon, vraiment, on commençait à en avoir besoin. Depuis les vendanges, seulement deux fois 8 mn, même pas suffisant pour mouiller la terre. Noé, 14 mois, a découvert ce nouvel élément avec un regard très curieux ;-). Mais bon, comme il ne faisait pas chaud pour la saison, souvent couvert et gris, mais sans pleuvoir, la vigne se développait avec une certaine harmonie. Je devais être un des seuls vigneron de France à appeler cette année la pluie de mes vœux.
Je suis toujours étonné, en Roussillon, combien la notion de "terroir" prend tout son sens. Déjà qu'au niveau géologique, certaines parcelles semblent littéralement "coupées" en deux, le calcaire d'un côté, le schiste de l'autre, au niveau du climat, on devrait parler ici de "mésoclimat", de conditions climatiques appliquées à une vallée, à un versant de montagne et pas à l'autre, à un village et pas à un autre. A Lesquerde, 20 km à vol d'oiseau, il était tombé quelques belles ondées. A Tautavel, même, où nous avons quelques vignes, sans doute deux fois plus d'eau qu'ici. A Calce, pas plus tard que la semaine dernière ou nous sommes passés dire bonjour aux Gauby, au moins sept ou huit heures d'une petite pluie fine alors qu'ici le ciel restait bleu. Étonnant.
Donc, les orages de la nuit du 27 mai ont été généreux. Au point que vers 6h00, c'est un petit coup de grêle qui m'a réveillé. En regardant les petites billes blanches tomber au lever du jour, je me suis dit que j'étais heureux d'avoir un vignoble très morcelé : cultiver 130 bouts de vignes n'est pas une sinécure, mais dans ce genre de conditions, on est certain de continuer à faire du vin. Bon, ceci dit, quand même, pas question de me rendormir ;-)
La grêle n'a fait que peu de dégats, apparemment, je vous rassure. Inutile d'aller traiter au cuivre, la cicatrisation des feuilles se fera naturellement et le métal ne ferait que traumatiser d'avantage les vignes qui semblent stupéfaites, elles aussi, de ce mini déluge. Comme les oiseaux, d'ailleurs, qui chantent à s'en décrocher le gosier. Mais en début de semaine, il faudra sans doute commencer une protection anti-mildiou, qui, jusqu'à présent, nous avait oublié comme c'est souvent le cas ici.
Allez, aujourd'hui, mise en bouteilles et donc dure journée.
2 commentaires
Les vignes de la région bordelaise ont également vu la pluie hier !! Un orage auquel personne ne s'attendait !
Salut Hervé,
La pluie, la grêle, les fortes rafales de vent, voilà un petit résumé de la semaine dans le haut vaucluse. Je suis vigneron à Séguret et c'est vrai que cela fait quelques nuits où j'ai dû mal à bien dormir :-) Comme à Vingrau, il n' y a pas eu de gros dégâts mais on languit le retour du beau temps... Comme nous le savons tous notre métier dépend énormement du temps pour le pire et pour le meilleur...
Bon courage et à la prochaine.
Frédo