Dimanche soir aigre-doux

Quel outil vraiment bizarre qu'un blog...

Mercredi, à Paris, j'essayais d'expliquer à un journaliste attentif et passionné pourquoi je l'écrivais, ce que cela me coutait ou m'apportait, à moi comme à mon vin. Ce n'est pas vraiment calculé, mais tenter de lui répondre m'a permis de voir plus clairement les raisons qui me poussent à l'écrire. Le plaisir d'écrire, sans doute, en premier lieu...

Un blog est définitivement un outil étrange, qui ne ressemble à aucun autre. Il est multi-média, déjà, ce qui n'étonne plus personne mais m'émerveille chaque fois que je peux partager une photo, une musique ou une vidéo. Mélange étonnant entre un journal "semi-intime", un bloc note, un agenda, un journal de voyage, un exutoire, une tribune, un recueil de pensées, un moyen d'information, un vecteur pour faire passer des idée ou partager un combat, un blog c'est tout cela. Dans ce capharnaüm, dans ce cabinet de curiosités, le plus étonnant  est qu'il y a comme un fil conducteur, comme une logique qui apparait au milieu de ce chaos apparent. Avant tout, le blog crée du lien, et c'est pour cela que je le fais et que je l'aime bien. J'y ai des complices, un peu partout dans le monde et je sais que, pour beaucoup d'entre eux, je les rencontrerai un jour ou l'autre et que les présentations seront faites; en tous cas de mon côté ;-)

Cette semaine, j'ai appris que ce blog avait aussi deux autres usages.

Retrouver un ami d'école perdu de vue depuis une bonne quinzaine d'années. Apprendre qu'il va bien, qu'il s'est réalisé, qu'il est toujours marié avec la même femme rencontrée sur les bancs de l'école et donc mon amie aussi, que ses enfants vont bien et que, sans nul doute, nous allons nous revoir. C'est le blog "générateur de joie".

Apprendre, en même temps, le décès d'un autre vieil ami, dont, par un commentaire (impossible à mettre en ligne, vous l'imaginez...) de son frère, j'apprends la subite et brutale disparition. Georges, mon cher Georges, même si nous ne nous sommes pas vus très souvent, n'habitant pas dans les mêmes régions, ta disparition me navre, m'atterre. C'est le blog générateur de peine... Ta joie de vivre, ton optimisme permanent, ton énergie communicative, disparaitre ainsi à quelques mois de la retraite me semble être une de ces injustices dont la vie, malheureusement, a le secret. Tu devais passer. Je devais venir. Nous devions... Nous ne le ferons pas. Mais ton souvenir restera vivace et toutes mes pensées vont, ce soir, à ton épouse dont la solitude et la peine doivent être immenses.

Bizarre, oui, j'ai dit bizarre...

un commentaire

#1. marsha | mardi 18 décembre 2007 - 06:12

Le blog sert aussi à s'exprimer la solidarité. Toutes mes condoléances...

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