Oncle Hervé, raconte moi le Grand Tasting...

Pas le temps mon enfant, il faut que je travaille. Allez, Oncle Hervé, s'il te plait... Bon, vite alors...

On est arrivé et tout était bien organisé (merci Andrée ;-), alors, on a juste accroché deux poster, grâce à la trousse à outils providentielle de nos amis de Pibarnon (merci Eric!). Au niveau bricolage, on n'est pas au top, il faut l'avouer.

Puis on a filé au Grand Hôtel, pour l'apéritif. En sirotant mon verre de Champagne, j'ai pris un long moment pour me réhabituer à la foule. Dire qu'à une époque j'étais dans cette ambiance comme un poisson dans l'eau... Là, limite agoraphobe. Et puis les vieux réflexes reviennent, on commence à serrer des mains. Et puis, bien sûr, comme d'habitude, on commence aussi à maudire cette incapacité congénitale de mettre des noms sur des visages...

Du diner, j'ai tout dit. En rajouter serait impoli. Pourtant, je crois que je vais l'être, tant pis. Au petit matin, j'étais encore en colère. Content de l'être, d'ailleurs car, à bientôt cinquante ans, avoir gardé le pouvoir de me révolter, de me passionner, de me mettre en danger par mes prises de positions, je trouve ça rassurant et assez sain. En marchant vers le Carrousel du Louvre, d'un pas rapide, dans un Paris désert et magnifique, j'étais toujours en rogne contre le chef, bien sûr, qui avait osé servir un repas d'une banalité crasse (personnel charmant et se mettant en quatre, en revanche, il faut le dire), en pensant que personne ne le remarquerait. Mais j'étais aussi en colère envers Bettane et Desseauve, contre le propriétaire de Latour, contre le directeur de ce lieu magnifique qu'est le Grand Hôtel, contre tous les invités présents qui ont été, pendant toute les phases de remise des prix d'une impolitesse rare.

Ils sont, je suis, nous sommes, tous un peu responsables de l'image de qualité, d'exigence, de perfection de la France dans le domaine de la gastronomie et du vin. Si on ne peut, lors d'un repas comme celui là, faire mieux, faire bien sans pour autant faire parfait, si on ne peut pas se taire alors qu'on remet le prix du meilleur vin du millésime, alors, nous méritons de perdre notre leadership dans la production de grands vins et notre statut de pays de la gourmandise.

Il n'y avait rien de gourmand dans ce repas, rien de généreux, rien de raffiné, sauf peut-être la décoration de la salle et le dessert (il n'y a pas de raison que le pâtissier paye pour une faute qu'il n'a pas commise ;-). A part aussi, j'y pense, le service des vins, assuré par des élèves d'école hôtelière, qui ont tout donné sous la direction d'un professeur exceptionnel, Franck Ramage. Et le fait qu'à 23 heures, tout le monde était sur le départ, sans regrets. Mais comment rester crédible auprès du monde entier lorsqu'on sert un foie gras coupé depuis des heures et totalement oxydé ? Quand on sert une mauvaise salade de fruits de mer dans un oursin récupéré je ne sais où ? Quand on sert un vin qui, à l'évidence, a un problème technique grave ? Comment, lorsqu'on est le propriétaire de cru, que l'on fait partie des hommes les plus riches du monde, ne pas réagir et gérer le problème sans se soucier des conséquences financières ? Même si on était pas encore propriétaire lorsque le problème s'est posé. Noblesse oblige, voici une phrase dont le sens s'est perdu, je le crains...

Petit cru émergeant du Roussillon, je n'ai jamais hésité à remplacer toute bouteille qui n'avait pas donné satisfaction à l'un de mes clients. Une nuance de TCA à cause d'un bouchon que je paye pourtant une fortune ? Une bouteille déviante ou couleuse ? Il suffit de me renvoyer le bouchon (inutile de dépenser de l'argent dans l'envoi de la bouteille, le bouchon explique tout), et je la remplace, si possible par le millésime en cause, s'il m'en reste. Une mauvaise expérience, un soir ? Un désamour pour mes vins ? Je n'en dors plus et mets tout en œuvre pour réparer une faute, si tant est que cela soit possible,même si elle ne vient pas de moi. En 2001, erreur de jeunesse, suite à une mauvaise analyse, il restait un peu de CO2 dans quelques bouteilles de Sorcières. C'est quelques milliers de bouteilles que nous avons retirées du marché. Puis, à tous ceux qui, aujourd'hui encore, se refusent toujours à dégazer un peu le vin, encore délicieux, d'ailleurs, justement grâce au CO2, nous cherchons et trouvons, je l'espère, une solution pour qu'ils soient contents. Que font les professionnels du vin en France avec le problème du TCA qui a pollué tant de chais ? Ils en parlent avec gourmandise, sous le manteau, puis négociants et revendeurs cherchent un client naïf, peu informé qui, après une petite séance de "patate chaude", va boire une bouteille défectueuse sans s'en rendre compte. Et vous trouvez ça drôle ? Pas moi, en tout cas. Et vous croyez que le Chinois ou le Russe à qui on la sert va apprécier ? Bonjour l'image que l'on est en train de construire. Parce que des milliardaires, j'en ai pas beaucoup rencontré. Mais des milliardaires cons, ça, jamais.

Non, cher Michel Bettane, il ne s'agit pas d'un "antagonisme" entre un cru naissant du Roussillon et un Bordeaux légendaire, qui est de plus l'un des crus que j'admire le plus au monde. Ce serait ridicule. Je ne me prends pas pour ce que je ne serai jamais. De toute façon, cela ne me fait pas envie et je n'ai d'ailleurs jamais mis les pieds dans un 1er cru classé 1855, à part Yquem peut-être, une veille de Vinexpo... Mais quand je bois une bouteille de premier cru déficiente, ou décevante car même pas au niveau du meilleur des Fronsac, comme cela m'est arrivé le lendemain avec Mouton 2005 (le 2003 était magnifique, ça m'a remonté le moral), ou un Chambertin qui ressemble à un rosé de saignée (je suis décidément insensible à la "dentelle" bourguignonne...), c'est à l'image de la France du vin que je pense. Ils sont - je suis, désormais -, en première ligne. Nous, producteurs de vins à forte expression, nous nous devons tous d'assurer notre position de pays producteur historique et de ne mettre sur le marché, à ce niveau de prix, que des vins exceptionnels. Je sais, ils ne seront pas toujours parfaits; heureusement d'ailleurs, parce qu'ils sont faits par la nature avant d'être faits par des hommes. Mais, dans tous les cas ils doivent être sans défauts et exprimer une  tentative sincère de tendre vers l'excellence. A ce niveau d'image, de prix, de luxe, la qualité ne me suffit pas. Il faut plus. il me faut le meilleur. Thierry, Michel, vous, les meilleurs d'entre nous, vous vous devez, de votre côté, d'être inflexibles et, à la moindre incartade, de nous aider, nous, les producteurs, à revenir dans le droit chemin. Vous êtes des gardiens. Vous devez rester des combattants. Oui, je demande le fouet (le knout, petite Sibérie oblige ;-)), si je dérive un jour, si je perds ma passion, mon exigence, mon envie de faire de grands vins, si je me laisse envoûter par l'appât du gain, par la facilité, si je me relâche, si je renie mon terrible amour du vin.

Bon, j'étais en colère. Ce blog avait rarement servi d'exutoire, il fallait bien que cela arrive un jour. Vivement mon anniversaire, pourvu que C. m'ouvre encore un Latour 59 pour me laisser à nouveau pantelant...

Bon, le Grand Tasting. Aïe, plus beaucoup de temps... On va écrire comme Bob... Avec plein de points de suspension... En style télégraphique... D'accord... ? Organisation parfaite. Monde fou. Clients adorables... Lecteurs du blog complices, attendant avec un œil brillant et un sourire de Raminagrobis qu'un "non lecteur" se scandalise sur le prix de mes vins ;-)), histoire de voir comment j'allais lui répondre ;-) Ce n'est pas que ce blog soit très lu, mais ce qui le lisent viennent me saluer, et j'apprécie ;-) Vins très fermés sur le salon le vendredi matin, cadenassés à double tour par le voyage. On trouvera une solution l'année prochaine. Délicieux le samedi. Bonne ambiance. Quand même ouvert 17 bouteilles de petite Sibérie... Je n'en regrette aucune... Merci à Yvan et Jean-Dominique, qui n'ont pas pu bouger du stand et ont vraiment assuré... Temps de rien faire et surtout pas de goûter, et pourtant, Dieu sait qu'il y en avait des vins sublimes... j'aurais aimé être un client anonyme, car il y avait vraiment de quoi s'éclater, dans tous les styles, pour tous les goûts et à tous les prix. Ce salon est adulte, unique et peu à peu, il devient le rendez vous incontournable du débutant comme de l'amateur. A mon avis, ça vaut même le coup d'organiser un week-end à Paris, pour l'occasion, quand on aime vraiment le vin.

Remarqué quand même, dans le désordre : un grand vin sans souffre (enfin !), tannique, droit, fruité, délicieux dans sa "nudité", la cuvée Peur Bleue de la Gardine; un excellent Bordeaux, la cuvée Lucullus de Hostens-Picant, remarquée aussi par l'ami Emmanuel Delmas, un Pibarnon 2005 toujours incroyable de justesse et de retenue. J'ai déjà parlé du Clos de Tart ? Ah, dommage, j'en aurais bien remis une couche :-)). Un Riesling Clos Windsbuhl 2002 de la famille Humbrecht, souverain. Un Palmer 91 en pleine forme, alors que je n'ai pas une attirance particulière pour le château ni pour le millésime. Un Charles Dupuy 2005 du Mas Amiel impressionnant de puissance et de précision, un avion de chasse à ne pas mettre entre toutes les mains et laisser venir. Un excellent Champagne, une nouvelle cuvées de mes amis de Duval Leroy, Célébris, je crois...

Bu au restaurant un 98 de Denis Mortet, sublime, forcément sublime, et un Châteauneuf éblouissant, riche, lascif, envoûtant et charmeur, un 2005 Vieilles Vignes du domaine de la Janasse, un vin que j'aurais été vraiment fier d'avoir fait. Pour tout dire, je vais essayer de ce pas d'en d'acheter.

8 commentaires

#1. Michel Bettane | mercredi 5 décembre 2007 - 16:58

Cher Hervé

Personne ne peut excuser qu'un grand cru ait dans un beau millésime un pourcentage non négligeable de bouteilles affublées d'un grave défaut, le sache depuis 20 ans et n'ait rien fait pour prévenir ses clients. Tu imagines que ce don de la commanderie du Bontemps ne pouvait être dégusté par nous avant l'évènement et que sur ce point les jeunes sommeliers de service auraient du faire une annonce. Tu oublies de dire que plus de la moitié des bouteilles était parfaitement buvable et racée à souhait et tous les convives de ma table qui ne sont pas des débutants peuvent en témoigner! En revanche se moquer à bon compte d'un Mouton 2005 qui vient d'être mis en bouteille et qui n'avait pas été aéré très longtemps à l'avance est un peu "revanchard" et significatif d'un début de paranoia chez nos meilleurs viticulteurs du Roussillon. On se retrouve dans 20 ans pour une dégustation comparative dans des conditions de service équitables pour Mouton et n'importe quel cru du Roussillon et l'on discute à nouveau!

Tu sais bien qu'on t'aime et que même si le type de vin que tu produis ne nous séduit pas autant que d'autres nous savons en reconnaître la haute qualité et la maîtrise d'élaboration: la preuve tu faisais partie des 16 meilleurs vins nominés pour ce prix, les seize qui nous ont tout vignoble confondu semblé défendre le mieux le patrimoine de nos meilleurs vignobles!

Cordialement

Michel Bettane

#2. Michel Bettane | mercredi 5 décembre 2007 - 17:14

Une autre précision : ce 1986 a plus de vingt ans et toute propriété peut et doit surveiller disons les dix derniers millésimes mais ne peut remonter au déluge. C'est à nous les experts de faire ce travail et il faut avouer que pour ce qui est de ce millésime de Latour nous n'avons pas "collectivement" été bons. Mais honnêtement il est très rare même pour moi de déguster ce type de millésime (je n'en n'ai pas en cave faute d'argent) et je concentre mon travails sur les cinq derniers millésimes et pour les autres sur les occasions où on me les présente. Jusqu'ici je n'avais pas remarqué de grave faute sur ce 1986 ayant sans doute eu la chance de tomber sur des lots corrects.

MIchel Bettane

#3. Jacques Perrin | mercredi 5 décembre 2007 - 21:54

Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain.... Le repas, indigent. D'accord. Latour 1986, indigne. D'accord. L'attitude d'une partie du public, inqualifiable et c'est là le plus grave. Demeure le souvenir de cette soirée, de ces rencontres, le sourire de celles et ceux qui étaient à ma table. Une belle fête quand même ! Pour la gastronomie, j'ai filé le lendemain chez mon ami Alain Dutournier et, là, ce fut magique. Détails sur mon blog.

#4. laurent dupéré barrera | jeudi 6 décembre 2007 - 04:16

bonjour hervé et michel depuis le québec où nous venons d'essuyer une belle tempête de neige,

pour ce qui est des crus classés de Bordeaux, ce sont des mythes et l'on sait qu'il est difficile de remettre en cause ces "références". Maintenant, il est vrai que ces domaines de plus en plus contrôlés par l'argent ont tendances à abuser de leur bonne réputation. Tant pis pour eux car ils vont le payer cher et probablement plus vite que prévu.

Dommage de n'avoir pu nous joindre à vous pour ce grand tasting qui avait l'air des plus passionnants.

laurent et manu Dupéré Barrera

#5. Hervé Bizeul | jeudi 6 décembre 2007 - 19:34

Mon cher Michel,

Merci d'intervenir sur ce modeste blog. Rassure-toi, je ne suis pas paranoïaque ;-) Je fais simplement, du mieux que je peux, des vins du Roussillon, « gorgés de soleil », comme tu le dis si bien, chose dont je suis fier. En cela, il me semble, ils sont fidèles à un terroir qui produit ce type de vin depuis au moins deux siècles. Pour faire ce type de vin, inutile, ici, contrairement à ailleurs, de forcer le trait ou d’employer des artifices.

Je ne peux, au passage, m’empêcher de rappeler que ces vins ont été longtemps bien utiles à certaines autres régions viticoles, à l'époque où il n'y avait ni la chaptalisation, ni l'osmose inverse…

Je n'ai donc pas l'intention de me mettre à faire des vins « océaniques », pas plus d'ailleurs que des « septentrionaux », pour plaire au marché, à la mode ou à la critique. Comme dit l’autre, « I am what I am ».

Je sais, pour te côtoyer depuis longtemps, que ce type de vin n’est pas de ceux que tu aimes ranger dans ta cave. Je sais aussi que, pourtant, tu les apprécies à leur juste valeur, que tu leurs mets des notes élogieuses quand ils sont bons. Tu fais en cela un véritable travail de critique, critique qui sait (et doit…) dépasser ses goûts et respecter ceux des autres. Je suis très reconnaissant d’avoir eu un de mes vins sélectionné par Thierry et toi ce soir là. C’était inespéré, mais cela, permets-moi de le dire, n’a rien à voir avec le débat ni ce que tu induis dans ton commentaire : un vin pas très bon aujourd’hui sera fabuleux dans 20 ans. Le tien, délicieux aujourd’hui, ne tiendra pas la distance...

Vouloir « comparer » un Cabernet-Sauvignon, même produit dans un millésime aux caractéristiques typiquement méditerranéennes comme 2005 à Bordeaux, et un pur Grenache, la chose ne me vient même pas à l'idée…

Que l’on puisse un jour considérer que la petite Sibérie soit l’égal d’un de ces vins mythiques me semble d’ailleurs relever du fantasme, et, je l’avoue, j’aurais été très mal à l’aise que la petite Sibérie gagne ce soir là. Il doit encore faire ses preuves, et, fort justement subir l’épreuve du temps, la seule qui puisse dire si, en sélectionnant la petite Sibérie, vous aviez raison ou tort ;-) A vrai dire, j’aurais préféré que, comme à l’école des fans, tout le monde soit ex-aequo et que l’on puisse en boire, de ces meilleurs vins du millésime… Si on me l’avait demandé, moi, j’en aurais offert d’ailleurs avec plaisir… Note le pour l’année prochaine, au cas où j’aurai encore réussi mes 2006 (plus frais, ils devraient t’enchanter ;-). Et si tous ces vins avaient été là en dégustation, tout le monde aurait été heureux de payer le prix demandé pour les boire…

Ceci étant, le fait que, justement, tous les grands millésimes de Bordeaux aient été produits en climat méditerranéen, me laisse à penser que mes vins n’auront aucun problème à bien vieillir, c’est-à-dire à révéler avec temps des qualités insoupçonnées et non simplement à résister à l’entropie qui nous guette.

De même, ma chance est d’avoir derrière moi une culture d’amateur de vin, culture qui date de 30 ans et qui m’a amené à boire, plus souvent qu’à mon tour, de vieux, voire de très vieux millésimes de vins à majorité de Grenache ou de Grenache pur. Cela me permet alors, très sereinement, quand je pense à des Rayas 45 ou 47, à des Beaucastel 47, à bien d’autres, de relever le gant avec plaisir.

Rendez vous donc dans 20 ans, autour de nos bouteilles de 2005, non pas pour savoir lequel est le plus grand, ce qui ne veut rien dire, mais lequel de ces vins nous procurera le plus d’émotion, de complexité, de nuances, de sensation, bref, de plaisir. Du plaisir charnel, du vrai, du tatoué, pas du plaisir intellectuel. Mais peut-être faudrait il préciser ce que nous attendons tous les deux du vin, au fait ;-).

Je mets de ce pas 3 bouteilles de côté (on sera vieux, mais on aura encore des amis, je l’espère ;-) et te remercie de ce beau salon, qui, j’en suis sûr, l’année prochaine frôlera la perfection…

Amitiés, hervé

P.S. : j’ai produit cette année mon premier Cabernet-Franc. Je suis certain que tu seras curieux de le goûter, puisque tu sais d’où viennent les bois ;-). Laisse moi s’il te plait quatre ou cinq ans pour affiner ma compréhension du lieu, pour comprendre comment ce raisin veut être vinifié et surtout élevé, et, alors, je relèverai volontiers quelques défis que tu ne manqueras pas de me lancer. Nous verrons alors qui, entre la Vallée Nord de Vingrau ou d’autres « terroirs » plus prestigieux, est le lieu le plus à même de produire de grands Cabernets de garde. Et cela sans artifices chimiques ou physiques.

P.P.S. : nous devrions discuter plus souvent sur internet. Je suis certain que ca intéresserait des gens ;)

#6. François Mauss | vendredi 7 décembre 2007 - 09:12

N'ayant point été invité ou présent, je ne peux que me fier aux points de vue des intervenants.

Je constate simplement que lorsqu'au GJE je sers un vin qui ne soit pas à la hauteur (je parle des repas, pas des dégustations), j'en reçois des vertes et des pas mûres, et à juste titre ! Idem pour la cuisine : quand elle n'est pas à la hauteur, je le sais vite !

C'est d'ailleurs pour éviter les foudres des zeus que je vais chaque fois en éclaireur pour tester cuisine et service. Le corps médical me le reproche assez, n'en doutez pas !

Tout cela pour dire que lorsqu'on reçoit les grands des vignobles de France, il vaut mieux mettre toutes les chances de son côté et de vérifier chaque détail. Je ne sais si le fils Pinault était là ou pas, mais il y a eu probablement une remontée de bretelles quelque part !

Et sur le désordre des assemblées, Michel et Jacques se souviennent certainement comment Giorgio Rivetti, lors d'un repas de Vinexpo au Saint-James, avait remis en place très vertement un paquet de journalistes qui, sans aucune gêne, bavardaient entre eux pendant que je présentais les producteurs piémontais qui avaient fait tout le voyage pour nous saluer sans naturellement trouver de chambres à moins de 150 kilomètres !

Bref, quelqu'un aurait dû contrôler les vins, les plats, et éviter ainsi des commentaires un peu tristounets.

Je sais, les budgets sont serrés partout, c'est dur, mais quand même, voilà un rapport que je ne lirai jamais au sujet d'un quelconque événement en Italie, non ?

Oui, je sais, je suis sectaire…

Amicalement,

François Mauss

#7. gus | samedi 15 décembre 2007 - 08:30

Tel un Zizou par une belle soirée de juillet 2006 que l'on était prêt à déifier et qui par son coup de boule nous a tout simplement rappelé qu'il n'était qu'un homme(Zizou,si tu me lis...),les grands crus eux aussi,aux travers de quelques flacons peuvent nous rappeler qu'ils ne sont que ....du vin.
Alors,ce constat fait,je pourrai mourir idiot de n'avoir pas pu au moins une fois dans ma vie tremper mes lèvres dans ce nectar inaccessible au commun des mortel.
Il nous reste vos vins de soleil,produits très loin des plaines betteravières .Faites en sorte qu'il puisse être longtemps versé pour nous et pour la multitude...

#8. Marion | mardi 18 décembre 2007 - 10:19

Hello je lis avec un peu de retard le debat sur le diner auquel j'ai moi même assisté. Je suis ravie de voir que je ne suis pas la seule à ne pas m'être enthousiasmée sur le Latour 86 et encore moins sur la qualité du repas et sur la qualité de la sono ...Pourtant Le château Latour est mon premier grand souvenir de dégustation mais c'etait le millèsime 1985, pas la même météo qu'en 1986. Je dirais simplement que pour moi c'etait un problème de maturité au moment de la récolte. Et que 20 ou 30 ans après on aura toujours les mêmes tanins disgracieux et cette finale désagréable. Ce n'est pas un problème de concurence entre les régions, quand un vin n'est pas à la hauteur de sa réputation le consommateur est en droit de le dire.

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