Une journée à Sitévi
Presque une journée de loisir, en somme, dans ce salon très pro.
Départ tôt ce matin pour Montpellier. Une heure et demie, enfin, sans téléphone, pour faire le point avec Serge et Frédéric sur tout ce que nous avons à faire, tout ce qui est - déjà – en retard, les choix qu'il faudra faire cette année sur le plan cultural...
A l'arrivée, tout le monde s'éclate comme une équipe de Basket. A Fred la recherche de nouvelles solutions de packaging, à Serge le matériel de culture, mais après sa conférence sur la gestion des oliviers en bio (pas simple...), à moi la balade dans les allées à la recherche de je ne sais quoi. Des idées. Des trucs qui pourraient encore nous faire progresser en qualité.
Pas vraiment de budget cette année. Ce sera la première fois, en dix ans, que nous n'achèterons rien sur le salon. En fait, ça y est, nous avons le nécessaire. Et tous les crédits qui vont avec ;-). Le superflu attendra, surtout avec l'Oliveraie qui n'est pas prête à être digérée. C'est vraiment la sardine qui veut avaler une baleine... Espérons que ça passera ;-). Tiens, au fait, demain, je vais pour la première fois tremper un bout de pain dans "mon" huile d'olive. Tout un symbole. Et puis le plaisir. Et puis la fierté, aussi, de tout ce que nous avons fait cette année dans cette propriété incroyable.
Ce qui me stupéfait toujours, à Vinitech, c'est la "monstruosité" de certains matériels... Chaque année, j'ai l'impression de voir des tracteurs de plus en plus gros, des machines à vendanger qui semblent grandir jusqu'à toucher le ciel, tels des ogres géants, aux bouches avides et brutales. On dirait maintenant des maisons sur roues... Au niveau des appareils de traitement, c'est pas mieux. Des cuves trainées énormes de plus de 20 000 litres parfois, avec des bras télescopique pour traiter... 8 ou 10 rangées en même temps !
Encore plus étrange pour moi, la fascination des viticulteurs devant tout ce matériel : il faut voir les grappes de badauds, aux regards chargés d'envie, semblant "adorer" ces monstres sensés leur apporter plus de "facilité", "baisser" leurs coûts de production, "rationaliser" leurs productions. Idem sur les halls consacrés à la vinification : il faut tout automatiser, réduire les coûts, normaliser, traçabiliser... Partout, on chasse l'homme, de la vigne comme de la cave. Sans aucun doute, un jour, on essaiera de robotiser tout cela, c'est le prochain stade logique. Les tracteurs seront guidés par satellite (ils sont déjà positionnés par GPS sur les parcelles, toutes cartographiées informatiquement et "flicquées"...) et ils iront travailler tout seul. Des mini-robots s'affaireront autour des ceps. Les "machines à tailler" pointent leur nez, alors que l'on croyait que cette action n'échapperait jamais à la main de l'homme. Les caves "tout automatique" sont déjà sur logiciels de CAO des bureaux d'études... Les conseils se donneront par le web...
Tout le contraire de nos choix, en fait. Toute la journée, je regarde de petites pompes, de petits tracteurs, de petits atomiseurs, des pressoirs minuscules, tout ce qui peut nous permettre de cerner au mieux de petits terroirs, de produire en petite quantités des - je l'espère - grands vins ;-) en faisant travailler des mains, des bras et des cerveaux humains. Je ne sais pas qui a raison ou tort, mais je sais où est la fierté d'être vigneron et le plaisir de faire travailler et bien sûr de travailler avec de vraies personnes...
Pas vu grand chose qui m'ait fait envie. Une magnifique pompe, peut-être, presque idéale, mais vraiment hors de prix. Un petit aiguiseur de sécateur électrique, vraiment pratique et pas cher, en revanche. Des bouteilles vides, vraiment sympa, mais au prix terrifiant. Ah, de jolis sacs en papier, avec un petit nœud, pour mettre une bouteille ou deux. Et, oui, j'y pense, une cuve à chapeau flottant avec une grande photo gravée sur l'inox. Adorablement kitch, ce sera mon palmares de l'innovation à moi pour cette année. Sur ce, je ferais mieux d'aller faire ma valise. Demain, à nous Paris...
2 commentaires
Com d'hab, c'est dans les petits matériels, au détout d'une allée, que l'on peut trouver son bonheur,....ou pas !
Sauf qu'on ne travaille pas 50 ha d'un seul tenant avec le même matériel que pour 8 ha très morcelés...