Vent d'automne et démarrage en douceur

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, dans la vie comme dans la vigne.

Ce millésime 2007, dont on annonce le meilleur comme le pire, ne fait pas exception à la règle. En Roussillon il aura été marqué profondément et définitivement, sans doute encore plus que d'habitude, par le vent. Omniprésent pendant tout le printemps et l'été, il marque aussi ce début de septembre, continuant son lent travail de sape sur des vignes qui commencent à peiner après 6 mois sans pluie.

Oh, loin de moi l'envie de me plaindre. Quand je vois la météo plus au nord, les vendanges avancées pour éviter le botrytis, l'angoisse devant un anti-cyclone des Açores qui n'aura su s'imposer cette année, les vignes et les sols détrempés, je me dis que nous sommes privilégiés...

Mais de même que le pire n'est jamais certain (les deux semaines de beau temps annoncées pourraient bien permettre au Grands Crus bordelais qui ont bossé dans la vigne de nous surprendre pendant le sprint final ;-), les bonnes conditions météo ne sont pas pour autant l'assurance d'un grand millésime.

Si la grande majorité des vignes du Clos des Fées sont au top, au prix d'un travail acharné encore cette année, d'autres, autour de nous, chez nos vignerons partenaires de Walden ou sur l'Oliveraie prise en fermage cette année, révèlent au grand jour des dommages causés par le vent tout au long de l'année : vignes littéralement "taillées" par le vent à la Pentecôte et dont les contre-bourgeons ont développé sur certains sarments des raisins totalement décalés au niveau des maturités; vignes ressemblant à des "bonsaïs", presques "nanifiées" par l'action désséchante et permanente du vent, accentuée par le manque d'eau, semblant en bout de cycle, "sans énergie" pour porter leur raisins à terme et n'ayant qu'une envie, s'endormir pour l'hiver...; feuilles abimées, ayant du mal à assumer leur "responsabilité" au niveau de la photosynthèse chlorophyllienne car choquées par le vent presque permanent qui a parfois empêché la mobilisation des nutriments; raisins choqués sur les sarments ou entre eux, en train de sécher ou tombant carrément sous l'effet d'une tramontane à 80 km toute la semaine dernière, et qu'on nous annonce à 100 km/h pour demain...

Incroyable aussi combien en Roussillon trois ou quatre jours de Tramontane et de beau temps peuvent donner un coup de booster aux maturités. Sur les blancs, que je ne pensais commencer que vers le 10 septembre, comme d'habitude, les choses ont changé en à peine deux jours et nous avons donc commencé aujourd'hui vendange et pressurage.

Dans l'ensemble, chers amis du Clos des Fées, avouons que si le temps se maintient, nous allons faire de bons, de très bons vins en Roussillon cette année. En petite quantité, c'est certain. Seront-ils grands ? Il  faudra attendre plusieurs semaines pour le dire mais nous avons sans aucun doute cette année une carte à jouer, privilégiés que nous sommes par une météo parfaite (encore qu'un petit orage serait bienvenu. Mais un petit, hein ? ;-)

Le vent ami, le vent ennemi, j'ai découvert cette formidable vidéo cet été, celle d'hier, à voir si vous ne la connaissez pas, ou à revoir avec le même plaisir...