Les temps changent... et vite !


Il y a bientôt 20 ans, chers amis, presque jour pour jour, j'étais à Bercy, dans ce qui restait des vieux entrepôts.

Rues pavées, arbres centenaires, chais à l'abandon, l'ambiance était incroyable et déjà, oserais-je écrire, magique ;-). Par un de ces coups du destin qui semblent, à posteriori, incroyables, mon bureau, minuscule chai à demi-enterré, sous-loué par un ami négociant qui résistait courageusement à l'expropriation, était situé « rue du Roussillon Prolongée", au numéro 12

Chaque rue de Bercy portait en effet le nom d'une appellation ou d’une région, et moi, j'avais déjà un pied dans le Roussillon ;-). Un de ces clins d'œil que la vie vous fait parfois et dont vous ne comprenez tout le sens que bien des années après. Pourquoi « Prolongée », je me le demande encore, n'ayant jamais trouvé, malgré mes efforts, la « rue du Roussillon » proprement dite, déjà sans doute dévorée par l'urbanisme galopant dont ce petit bout de Paris semblait pourtant, à l'époque, encore préservé.

J'ai passé 3 ans de ma vie « rue du Roussillon Prolongée ». Trois ans heureux, où je m'évertuais, un peu trop en avance sur mon époque sans doute, à constituer une base de données sur le vin « ready » pour le web.

Internet était un concept un peu fumeux à l'époque, qui m'avait été expliqué par mon ami Fabien, de l’INRIA (Fabien mon ami, où que tu sois, aujourd'hui, je pense à toi ;-). Sur un vieux modem 2400/4800 baud, il communiquait, on ne sait comment tant les machines étaient lentes, avec des copains d'un peu partout, tous en train de construire, ligne de code par ligne de code, ce que l'on appelait pas encore le Web. François Mauss s'arrêtait parfois, c'était sur sa route ;-) On parlait informatique, multimédia, vin et gastronomie, nos passions de l'époque qui, je crois, le sont restées. On ramait sur des ordinateurs d'un autre temps, dont les performances et la facilité d'utilisation étaient pourtant pour nous merveilleuses, tant elles ouvraient de portes à notre créativité.

Je radote, je sais. Et pourtant, c'était il y a vingt ans à peine... À l’époque, la base de données que je m’efforçais de constituer adresse après adresse, « Grappes », les grands négociants avaient un téléphone et un... télex. Environ 500 à 800 domaines à peine, sur environ 25 000, avaient... un fax. Et oui, on commençait, en 1987, à voir apparaître des modèles dit « abordables » qui ne coûtaient que... 3 à 4 000 euros.

À peine vingt ans après, donc, j'écris ce blog sur un ordinateur dont les capacités à l'époque relevaient de la pure science-fiction ; et dont le prix, pour nous qui dépensions des fortunes pour des ordinateurs poussifs (10 000 euros pour un mac II FX avec 40 mégas de disque et 64 Ko de mémoire vive, souviens toi, François ;-), si nous l'avions imaginé, nous aurait fait avoir un incident cardiaque. D'un clic, ce billet est lu par des internautes du monde entier… Et pas plus tard que la semaine dernière, sur Internet, j'ai acheté… un chariot élévateur d'occasion. Mon plus gros achat à aujourd'hui, je l'avoue.

C’est ce qui m'a rendu pensif et a motivé ce billet. Certes, quelques copains m'ont traité de fou, ne comprenant encore pas que l'on puisse, sur une simple recherche Google, trouver un site spécialisé, sélectionner un modèle et, en deux email, passer commande. Et en plus, d’être ravi du résultat ;-) Au fait, pour ceux qui en cherchent un, c'est l'adresse à connaître. Contactez donc de ma part (Geoffroy, chez CAPM, gdelacotte@capmeurope.com), je suis tout simplement ravi de mon achat. Encore que vous n’ayez peut-être pas le besoin immédiat d’un chariot élévateur, j'y pense tout d'un coup ;-)

Bon, en fait, je voulais juste dire que le monde change, et vite. Le titre aurait suffi, finalement ;-). Mais bon, d’un autre côté vous n'auriez pas eu une bonne adresse pour votre prochain chariot élévateur, hein ? ;-) Bon, on rigole, on rigole, mais quand je vois qu'il y a vingt ans, la majorité des vignerons n'avaient pas de fax et que demain, sans site marchand, on sera dépassé, largué, aux oubliettes, je voulais juste dire que j'ai l'impression que nous vivons, partout bien sûr mais surtout dans le petit monde du vin, une révolution dont nous ne voyons ni ne mesurons peut-être pas l'importance et la profondeur. Ah, la philosophie du lundi… ;-)

un commentaire

#1. Christian | lundi 30 juillet 2007 - 18:00

Excellent souvenirs en effet que cette rue du Roussillon prolongée ! lieu parfaitement improbable dans Paris où l'on stationnait sans encombre et sans parcmètres, où l'on pouvait déjeuner dehors... ;-)

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