Au Jardin des Délices


Il fut un temps, environ dix ans après ma période « jeune sommelier impétueux » ou Vinexpo fut pour moi une semaine ou, comme tous les autres journalistes, je perdais un peu la tête tant j’étais « désiré ». Pas pour mon physique (ne rêvons pas), ni pour mon esprit (trop moqueur et trop sincère pour Bordeaux) mais simplement pour mon « pouvoir », si tant est que j’en ai jamais eu un jour en temps que journaliste.

Le cirage de pompe n’a jamais vraiment été mon truc, et, ne l’ayant jamais pratiqué (ce n’est pas pas que je n’ai jamais été tenté, mais désolé, je ne sais pas faire…), je n’ai jamais compris le plaisir que l’on pouvait avoir à le subir... Mais « désiré », « choyé », « demandé », je l’avoue, à l’époque, c’était pas mal.

Oh, ne rêvez pas. Personne n’est jamais venu me chercher en hélicoptère, d’où je ne suis donc jamais descendu, en smoking, à l’entrée d’une allée éclairée aux flambeaux, me dirigeant d’un pas assuré vers l’entrée d’un château prestigieux. Me croirez-vous si je vous dis que j’ai toujours refusé d’aller me faire bichonner dans un premier grand cru classé 1855, trop attaché à mon indépendance et à ma liberté de pensée ? Ah non, j’exagère. Je suis allé une fois à Yquem, où fasciné par la somptuosité et la démesure des toilettes, je manquais me faire virer, tant je conseillais à mes confrères d’y faire absolument un tour ;-). Jamais de fête de la fleur donc, comme celle qui, ce soir, clôturera Vinexpo avec tout le gratin. Quelques dîners, sans doute et quelques fêtes, mais rien d’inoubliable puisque je ne peux les citer.

Finalement, j’ai toujours été un peu iconoclaste et quelque peu rebelle. Je n’en suis pas fier et qu’il me soit publiquement permis, aujourd’hui, de présenter mes excuses à certaines personnes que ce comportement a pu choquer dans le passé. Certes, comme dit le comique, « il ne fallait pas l’inviter ». Mais j’aurais pu, je le reconnais, parfois mieux me tenir, ou accepter les codes en vigueur. Bien, fin de l’auto-critique.

Tout ca pour dire qu’en fait de soirées chics à Vinexpo, et bien les amis, ca ne s’arrange pas. Lundi soir, en fait de « jardin des délices », j’ai dîné, et oui, au restaurant du Campanille du Bouscat… Ne comptez donc pas sur moi pour vous faire rêver avec le buffet de hors d’œuvre (à volonté, quand même ;-). Ma plume me permet peut-être, parfois, certaines coquetteries, mais les miracles ne sont pas à sa portée. Ambiance déprimante, nourriture insipide, mais excellente compagnie d’amis rares et tous épuisés, la soirée fut donc délicieuse. J’ai eu alors, en dégustant mes haricots verts en boîte, une pensée émue pour mes ex-confrères, tous sans doute, au moment même, installés dans des salles à manger historiques, en costume, les deux mains sur la table. Étaient-ils heureux ? Je l’espère en tout cas, sincèrement. Bien qu'à avoir souvent écouter leurs commentaires du lendemain, j'en doute un peu. Bon, avec tes souvenirs de jeunesse, Bizeul, tu vas finir par nous tirer une larme ;-) Et Vinexpo, tu nous en parles ou quoi ? Patience, les amis, patience…

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