En Balade à Vinexpo
Après deux jours à Vinexpo, je prends le temps, ce matin, d’une pause salutaire. Un peu comme on « décharge » un appareil photo numérique lorsque sa mémoire est saturée, il est bon, parfois, dans ce genre de moments « intenses », de prendre un moment pour « fixer » quelques anecdotes ou quelques pensées. Pour cela, un blog est parfait. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il peut avoir un aspect thérapeutique. Mais…
J’entretiens des rapports complexes, je m’en rends compte, avec ce sacré salon qu’est Vinexpo. Il y a vingt ans, j’y allais plein d’allant, sans doute aucun, fasciné par ce monde du vin si vaste et si exotique qui, tous les deux ans, venait à moi (enfin pas qu’à moi, mais je vous l’ai dit, je ne doutais de rien... ;-) Fabuleusement exotique, à l’époque, les stands de la Californie, de l’Argentine et de tant d’autres pays me troublaient grâce à leur bouteilles aux formes si différentes et leurs étiquettes si colorées. Avide d’apprendre et de découvrir, je passais alors des journées entières à goûter, tellle une jeune abeille découvrant un champs de fleurs, des vins qui m’étaient étrangers… même s’il étaient français, tout simplement parce que je ne les avais jamais goûtés, faute d’expérience et de moyens.
Une bonne dizaine de Vinexpo plus tard, en déambulant dans les allées d’un pas plus assagi, mon état d’esprit est bien différent. J’y regarde avec curiosité les stands du monde entier mais je sais, sans certitude aucune et avec malgré tout un bonne idée générale, quels goûts vont avoir les vins qui sont servis ici ou là. Pour autant, je rêverai d’avoir le temps de tous les goûter encore, tant ma passion du vin est intacte. Le temps, hélas, ne le permet pas. Et l’état de mon foie d’ailleurs non plus ;-) En vieillissant, certains « marathons » de dégustation vous sont désormais interdits, même si, tel un vieux sportif, quelques belles performances sont encore possibles ;-)
Bref, à Vinexpo – enfin lorsque on y arrive, après des heures d’embouteillages qui enlèvent beaucoup de charme à la manifestation, le problème est pour moi désormais de rejoindre un point précis du salon. Amis, connaissances, relations, tous vous hèlent, vous arrêtent, vous sourient… Traverser l’interminable hall 1 prend alors des heures, mais ce sont des heures si agréables que, cette année, j’avais choisi de faire de cet inconvénient un plaisir. Je me suis donc promené, pendant deux jours, parlant ici, dégustant là, enchaînant des micro-relations sociales de quelques secondes à une grosse demie-heure, savourant chacune d’entres elles. Le vigneron, cher lecteur, est solitaire par nature. Ou plutôt à cause de la nature, qui lui impose son rythme saisonnier et un certain isolement géographique, les vignes poussant rarement en ville. Eh oui. Aussi, de temps en temps, quelques relations sociales de qualité sont les bienvenues.
Après donc trois jours de balades et de centaines de mains serrées, j’aurai donc, vous l’imaginez, cher lecteur, bien des anecdotes à vous raconter. Mais me souviendrais-je de tout ? J’en doute. Il aurait pour cela fallu que j’écrive un blog en « live », en continu, enchainant les « wifi tasting » ou les micro trottoirs. Ce n’est pas mon histoire. Et ce blog n’est pas non plus la succursale de « Voici », même si parfois, je dois lutter, je l’avoue contre une vilaine tendance au commérage ;-) D’ailleurs, une chose est claire désormais, ce blog doit être lu, car une bonne dizaine de fois, en trois jours, on m’a dit certaines choses en le faisant précéder de la phrase « tu ne le mets pas sur le blog, hein ? ». Bon, déjà la fin de ce billet et je me rends compte que je n’ai rien raconté d’intéressant sur le vin.
Allez, à demain, sans espoir de potins, de rumeurs ou de vacheries. Je sais, dommage ;-))))
2 commentaires
Ce commentaire n'a pas grand chose à voir avec le sujet... mais depuis que je suis lecteur de ce blog, je n'ai pas pris le temps de mettre un petit mot : donc, un grand MERCI pour ce blog particulièrement intéressant. Sinon c'est quoi cette histoire d'huile d'olive ? En saura-t-on un peu plus ici ?
Dommage de ne pas t'avoir retrouvé avec les autres vignerons blogueurs, ni croisé dans le hall 1. A bientôt.