Welt Wein Festival Bad Ragaz

Bon, une chose est sûre, quand on n'amène pas de portable, raconter un voyage, c'est pas pareil. Tout au long de ces quatre jours passés en Suisse, j'ai eu plein d'idées, plein d'anecdotes que je voulais noter (Lionel, si tu me lis … ;-)), plein d'avis sur tout et sur rien. Et puis, une fois rentré, finalement, rien à dire, ou presque.

Bon, pendant un petit moment de calme, j'ai fait une photo de la salle de dégustation, de bon matin. Enfin, de bonne après-midi, parce qu'à BadRagaz, on ne déguste que l'après-midi. Le matin, c'est plus thématique, il y a des des verticales, des dégustations commentées ou des ventes aux enchères.

Beaucoup de monde, en revanche, puisque les «fenêtres » de dégustation sont courtes. A la croisée entre la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche et le Liechtenstein, l'endroit permet d'avoir une clientèle très diverse, allant de jeunes passionnés avides de découvertes à des dégustateurs plus « assagis », à la recherche d'étiquettes de renom. Il en faut pour tous les goûts. J'ai dit hier ce que je pensais de ces dégustateurs qui, sous pretexte d'une étiquette, sont prêts à boire n'importe quoi... L'étiquette, c'est super, mais c'est encore mieux quand il y a du vrai vin dans la bouteille...

Revenons à nos moutons. Ne croyez pas que je sois, moi, Hervé Bizeul, une Star dans cette partie du monde. Comme disait ma mère, « premier au village, dernier à la ville ». Tous les vignerons du Roussillon, qui pensent que je fais partie de « l'élite » et que donc tout est facile pour moi, peuvent se réjouir : dans un salon comme celui-ci, je suis un inconnu ou presque (ça va mieux, quand même, qu'il y a quatre ans ;-)) et je suis loin d'être overbooké. D'ailleurs, la majorité des clients ne sait même pas où est le Roussillon... Je vous le dis, les amis, on a du pain sur la planche. C'est pas gagné ;-)

En attendant l'amateur, le vrai, le tatoué, derrière ma petite guérite, je me compose un sourire avenant, les bras nonchalamment croisés et appuyés sur la console. Un brin mystérieux. Genre « Joconde », si vous voyez ce que je veux dire ;-) et je pense à mes prochains billets. Je suis heureux d'être ici, car il y a vraiment des passionnés, alors, ca va. De toute façon, bien sûr, nul ne fait goûter à tout le monde. Sauf bien sûr les Grand Crus Classés 1855 ;-)) De toute façon, comme je n'ai pas vraiment d'importateur en Allemagne ni en Autriche, je ne suis pas très connu là bas. Au fait, si tu es importateur dans un de ces pays, jeune ou moins jeune, beau ou laid, grand ou petit, mais que tu as une forte… passion pour les grands vins du sud, contacte moi sans hésiter ;-))

Le soir, quelques belles soirées, dont une sur la notion de terroir, dans le chais de Martha et Daniel Gantenbein, un couple vigneron « Star parmi les Stars » en Suisse et ailleurs. Remarquable livre de Tom Held, « Berührt Von Ort », qui, en quelques exemples concrets (dont le domaine du Clos des Fées, merci ;-) tente une définition intéressante du terroir, qui intégre intimement l'homme à cette notion (que nous semblons être les seuls dans le monde à trouver « naturelle »..) et dont je reparlerai, mais en y intégrant de plus, et c'est très novateur, l'architecture.

Alors que je me pensais assez créatif, j'avoue que j'ai pris un coup au moral en visitant le nouveau chais de Daniel. Au delà de ses talents évidents de vinificateur et d'éleveur, ce passionné de Pinot Noir est surtout un mécanicien de génie qui crée, conçoit, dessine puis construit lui même la plupart de ses matériels. Son chais fourmille de bonnes idées, toute plus logiques et novatrices les unes que les autres. De plus, il est propre et rangé d'une façon maniaque, ce qui n'est pas pour me déplaire. Un bon moment, couronné par un film sur la construction du chais, d'une totale originalité, dont le procédé de construction et la conception se sont appuyés sur les capacités d'un nouveau robot à placer des briques au millimètre près. J'ai demandé le film, si j'arrive à l'avoir, je le mettrai sur le blog. Bon, le clou de la soirée, ca restait une impériale de son Pinot Noir 1998, à se réconcilier avec le cépage. Ah, si les Bourguignons sortaient de leurs certitudes... La star ex-equo, c'était un Saint-Nectaire de Bernard Anthony, servi par le maître en personne, à se damner littéralement... On accepte trop souvent de manger des fromages de m....., on ne devrait pas ;-((

Bon, voilà, que vous dire donc de plus, à part que je n'ai pas maigri, c'est clair ;-) L'hôtellerie Suisse, y a pas à dire, c'est le top et, en dehors des biscuits apéritifs du bar, très moyens, pour une fois, je n'ai rien trouvé à critiquer. C'est vous dire. Je vous ai même fait une petit vidéo pour rire un peu, mais je n'arrive pas à la mettre pour l'instant sur le blog. Je réessaierai.

Ah, oui, un truc de ouf pour les bio-D : à la piscine, les cristaux dans la carafe, pour détendre ou énergiser, en fonction des minéraux qui sont au fond. Génial. Ah quand les cristaux dans le pulvérisateur pour augmenter la minéralité ? ;-))). Le pouvoir des pierres, je vous le dis, les amis, il y a bien un vigneron qui va nous le servir un jour... ;-)) Bon, ce qui est sûr, c'est que ça peut pas faire de mal ;-). Allez, j'y vais, parce que demain, c'est lever 5h30 pour les travaux en vert.

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