Retour de Suisse
Très tard hier soir, retour de Bad-Ragaz. Décidément un excellent salon, tant au niveau du concept que de l'organisation et beaucoup, beaucoup de grands vins découverts. J'essaierai de vous raconter tout cela dans la semaine, bien qu'elle s'annonce très, très chargée.En attendant, un petit message à ceux qui sont, cette année encore, passés devant Lionel Gauby et moi-même, leur verre à la main, un petit sourire méprisant aux lèvres, sans surtout s'arrêter quand ils ont vu le mot « Roussillon », pas assez prestigieux pour eux, c'était flagrant...
Cela prendra la forme d'une citation d'un personnage que j'aimerais inviter à ma table « idéale », bien qu'il soit mort depuis bien longtemps. J'ai nommé Maître Dôgen, grande figure du Zen, s'il en est.
Voici une de ses histoires.
Le seigneur Uji, maire du palais, se rendit un jour à la cuisine du palais et regarda comment on faisait le feu sous la marmite.
Le cuisinier, qui l'avait vu, l'apostropha de la sorte : « Non mais, de quel droit entres tu dans la cuisine du palais sans en avoir reçu l'ordre ?».
Puis, il le chassa sans ménagement.
Le seigneur Uji ôta alors ses humbles vêtements et revêtit le costume rutilant qu'il portait d'habitude pour exercer sa charge.
Quand il réapparut, ainsi majestueusement vêtu, le cuisinier le vit venir de loin, le reconnu et s'enfuit, terrorisé à l'idée de la punition qu'il croyait inévitable.
Le maire du palais suspendit alors son costume à une perche et on le vit se prosterner devant ces vêtements rutilants qui flottaient dans le vent.
Alors qu'on l'interrogeait sur ce comportement il répondit : « Ce qui me fait respecter des hommes, ce ne sont pas mes vertus mais seulement ce costume.»
C'est en effet ainsi que les sots respectent les gens !
un commentaire
Félicitations ! Mais n'abandonne pas le beurre pour autant !