Good Bye America

6 heures du matin, valise bouclée et café avalé, le bus démarre pour Boston. Vous dire qu'il y avait de l'ambiance, ce serait mentir car tout le monde est passablement soit épuisé, soit endormi. Mais bon, je suis étonnamment en forme ce matin là, et j'ai comme j'ai toujours quelques mauvaises blagues en stock, je tente d'influer un brin de gaieté dans le bus. C'est un peu lourd au départ, mais à force d'efforts, les rires fusent...

On discute de vin, bien sur, des nouvelles de l'Espagne, en plein boom et dont les vins sont une des grandes spécialités de mon importateur américain, Eric Solomon et de sa femme, Daphné Glorian, dont le formidable Clos Erasmus 2004 vient d'obtenir 100 pts chez Robert Parker, excusez du peu. Remarquez, comme elle enchaine les 98 et les 99 depuis dix ans, ça n'a pas l'air de changer grand chose pour elle ;-))

De toute façon, les 3 500 bouteilles produites étaient vendues depuis longtemps et à des fans, s'il vous plait, qui ont l'intention de les boire et non pas de spéculer. Elle n'a d'ailleurs aucune intention d'en faire plus. Elle se dit juste que cela va lui permettre peut-être de faire encore mieux, de faire découvrir l'incroyable personnalité des vins du Priorat à de nouveaux consommateurs, de faire plaisir à son banquier ;-) Des trucs pratiques, presque du quotidien, quoi.

Cela va peut-être vous étonner, ce que je vais vous dire, mais les quelques vignerons que je connais qui ont eu un jour un 100 pts chez Parker, ça ne leur fait globalement pas grand chose. Leurs vins étaient déjà appréciés avant (un tel vin ne se fait ni par hasard, ni en quelques jours...) et souvent déjà désirés donc plus ou moins chers. De plus, ce sont la plupart du temps des vins fais à quelques milliers d'exemplaires. Donc, en réalité, ils s'en moquent un peu. Et, étrangement, les vignerons pour qui se serait essentiel d'avoir une telle note, qui tentent de « formater » leurs vins dans ce but, qui en rêvent la nuit, et bien ceux là sont rarement récompensés par la bénédiction du maitre... Et puis, un jour, ils lâchent prise et... bingo. Étrange rapport que celui du vigneron avec son vin, avec la reconnaissance, avec le marché... Si tu es psy, amateur de grands vins et si tu veux nous aider à percer les arcanes de l'inconscient du vigneron, tu es le bienvenu sur blog, oh, ami ;-))

Bon, les vins Espagnols sont vraiment très bons aujourd'hui, parfois très chers mais le plus souvent très abordables, à causes de coûts de production parmi les plus faibles en Europe et d'aides massives du gouvernement Espagnol dans ce secteur. Un exemple ? Dans ce voyage, la plupart des winemaker ou des « commerciales » (et oui, ce sont en général des femmes, toutes jeunes, jolies et très chic, allez savoir pourquoi ;-)) verront leur frais remboursés parfois à plus de 80 %, grâce à des aides et des subventions... Étonnez-vous après qu'ils soient presque aussi performants que les australiens à l'export... Nous, c'est l'arrachage que l'on subventionne... Bon, j'arrête, je vais devenir ronchon.

4 heures de bus après, il est 11 heures et nous retrouvons nos petites bouteilles et nos chers clients. Un peu vaseux au départ, je me mets peu à peu dans le bain. J'aime Boston, la ville, les gens et leur mentalité. Après quelques années, j'ai le plaisir de retrouver ce qu'il faut bien appeler des fans... Les vins sont bons, les Sorcières toujours aussi appréciées par mon caviste de Salem ;-) et par bien d'autres, les gens sont souriants et je rencontre de véritables amateurs de vin.

Mais bon, il est 17 heures et ouf (j'avoue...), c'est fini pour cette année. C'était bien, mais trop intense, comme d'habitude. Comment faire autrement ?... Diner d'adieu, bons vins, embrassades, première nuit tranquille, cela me rappelle la fin de mes colonies de vacances, quand j'étais môme. A la fois gaie et mélancolique. Tristesse de partir et fébrilité de rentrer, good balance, is'nt ?

Je vous fais ce petit mot du hall de l'hôtel en attendant de partir pour l'aéroport. Pas de photos de Boston dont je n'aurai finalement vu que le port...

Mais j'avais gardé un extra bonus, ah, ah, ah... Dans le centre commercial du Colombus Circle, magnifique exposition de grandes photos d'un célèbre photographe américain dont j'ai malheureusement oublié de noter le nom, dans l'urgence. Allez, j'ai pris à mon tour une petite photo d'une grande dame, pardon pour le reflet dans le verre mais c'était vraiment rapide et presque "au vol".

Allez, Audrey, ceux qui t'aimaient ne t'oublient pas et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ;-))

French Riviera, 1967

un commentaire

#1. laurent dupéré barrera | dimanche 25 mars 2007 - 13:13

Voyage de promotion subventionné à 80 % par l'état espagnol ! cela fait réver. Et en même temps, cela participe tellement à l'économie (balance commerciale extérieure) et à l'image du pays que l'on pourrait glisser cette proposition à nos candidats sego sarko et bayrou. Cela nous changerait des petits fonctionnaires qui donnent un sens à leur vie en luttant contre l'alcoolisme (mais pas contre ses causes).
Laurent Dupere barrera

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