Tasting at Per Se
Lundi à New-York. Le temps a changé, le soleil pointe même le bout de son nez. Deux ou trois gobelets en carton de « café » pour se mettre en train, un petit tour de Yellow Cab et nous voilà sur Colombus Circle pour notre « 2007 Spring Wine Tasting » désormais dans les mœurs.
Toujours un plaisir de retrouver l'ami Enrique et la belle Ketel, nos distributeurs à N.Y, qui ont mis les petits plats dans les grands pour nous recevoir cette année. Per Se est un des restaurants phare de N.Y., l'endroit est magnifique, donnant sur Central Park et Colombus Circle, et c'est autant un plaisir qu'un honneur d'être ici.
Dommage, nous n'y ferons que travailler et je n'aurai ni la chance de goûter la cuisine de Thomas Keller ni le plaisir de rencontrer ce chef légendaire. J'avais vu récemment à la télé un reportage sur The French Laundry, magnifique, et je suis d'autant plus frustré. Bon, j'ai quand même fait une photo, juste avant que le ciel ne se couvre...

Dix heures trente, il est temps de se mettre au travail, les premiers dégustateurs arrivent. Enrique et Kettel ont fait en quelques années un travail formidable et c'est la « crème de la crème » des sommeliers et cavistes New-Yorkais qui défilent devant nous. Bon, ils viennent beaucoup pour déguster des vins espagnols, la spécialité de notre importateur, Eric Solomon. Comment leur en vouloir lorsque l'on voit le dynamisme de ce pays au niveau vinicole et la qualité des vins présentés ? Le petit monde du vin bruisse d'ailleurs des 4 ou 5 premiers « Parker 100 pts » obtenus par des vins du millésime 2004 (Pingus, Clos Erasmus, El Pison d'Artadi, j'ai oublié les deux autres, désolé) et des réactions outragées de certains anglais, pour qui il est inconcevable qu'une telle note puisse être attribuée à des vins d'un pays qu'ils considèrent encore comme sous-développé... Ils feraient mieux de goûter, sans a priori, ils resteraient, comme tout véritable amateur de vins, « sur le cul » de la formidable qualité de ces vins... Voilà que je fais la promo des vins espagnols, maintenant;-))
Bon, dégustation agréable. Cadre luxieux, donc, et gens charmants, certains que je retrouve désormais avec plaisir et dont je connais — conséquence de mes voyages précédents –, les caves ou les cartes des vins exigeantes. Mais aussi nouvelles têtes et nouvelles rencontres avec de nouveaux convertis aux charmes des vins du Roussillon. Les vins se goûtent bien, un peu trop « dociles » à mon goût au départ, un double carafage leur redonnant rapidement cette énergie légendaire qui a fait leur succès. L'air est décidément une des composantes essentielles du vin et les miens n'en n'ont pas peur, bien au contraire...
Mon anglais est ce jour là, ma fois, plus qu'acceptable (pour un vigneron, bien sûr :-)) et mon ami Christian est là pour me souffler, de temps en temps, un mot de vocabulaire qui me manque. L'effet « petite Sibérie » est palpable et une charmante journaliste, sous le coup de l'émotion, m'apprend un nouveau mot « Goose bumps » ;-)). J'évoque avec elle mes premières « chairs de poule » et autres « poils des avant bras qui se hérissent » devant les premières barriques de petite Sibérie 2001... C'est plaisant et, le bouche à oreille jouant son rôle, les amateurs se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure que la journée avance. 15h, il est temps de partir. Tout le restaurant se met à bruisser d'activité, le service du soir commençant à...17h30.
Curieux - on ne se refait pas ;-)) –, j'aurai eu le temps de visiter les cuisines, impressionnantes et de feuilleter la carte des vins, remarquable tant au niveau du contenu que de la précision : que du meilleur, à des prix redoutables (pour moi, pas pour les clients, pour qui cela ne doit pas être très important ;-)) mais avec, pour qui s'y connait, quelques bonnes affaires. Je les note pour un éventuel diner, un jour. Ah, ce rêveur de Bizeul, la bouffe, il ne pense décidément qu'à ça... ;-))
Taxi, aéroport, retard, fatigue, sommeil court et agité dans l'avion, re-taxi je vous passe les détails habituels de la fin de journée. Pourtant, il y en aurait des anecdotes à raconter, de celle du pauvre Philippe qui me prend avec génorisité quelques bouteiles d'échantillons dans sa valise pour éviter de payer un supplément de bagage et qui, suite à un contrôle de sécurité, retrouve ses vêtements inondés de Clos des Fées 2005, bouteille éclatée... Où ces vignerons en panne sur l'autoroute, moteur du taxi cassé en pleine nuit que l'on cherche avec inquiétude... Ou de ces autres, qui mettront 24 heures pour rejoindre Chicago, ballotés de salle d'attente en salle d'attente, suite aux intempéries.... Restons « glamour », si vous le voulez bien...
Allez, il est temps de rejoindre la salle de dégustation. A demain, peut-être...
un commentaire
bien jolie photo en tous cas !
le contraste du ciel avec la ville c'est magique :D