Enlevé par les extra-terrestre !
Mon pélerinage annuel à N.Y., c'est un peu l'anniversaire de ce blog. Et oui, chers lecteurs, nous entamons la troisième année de cet étrange journal, mi professionnel, mi-intime. Au retour, j'espère que Christian aura terminé la migration vers Dotclear 2.0, histoire de marquer le coup en beauté.
Allez, on y va ? Vous êtes prêts ? Départ de Vingrau Samedi vers midi, à reculons, je l'avoue sans fierté... En arrivant en haut de la première côte, j'ai fait une halte de quelques minutes pour admirer la vue sur le cirque de Vingrau, dans le soleil et le vent, spectacle dont je ne me lasse pas et dont je voulais "me remplir", faire "des réserves", visuelles et olfactives avant de partir vers la civilisation... J'ai bien failli rentrer chez moi, à ce moment là ;-((
Mais bon, quand il faut y aller, faut y aller. Voiture tranquille (because vent de face...), jusqu'à Toulouse où l'aéroport était désert. Vol sans histoire, puis longue marche dans les dédales de Roissy, le plus grand aéroport du monde, ne l'oublions pas... Vol Air France parfait, avec un personnel très présent, très professionnel, très attentif, qui gagnerait juste à sourire un peu plus. Mon ange gardien avait décidé de s'occuper de moi et, premier signe positif de son action, j'ai été surclassé... J'ai donc pu goûter les vins sélectionnés par l'ami Olivier Poussier pour la Classe Affaire. Rien à dire, un bon choix, bien expliqué. Bon, je ne serai jamais meilleur sommelier du monde (j'en serai bien incapable, tant sur le plan de la mémoire que sur celui de dégustation à l'aveugle...) et ne sélectionnerai donc jamais les vins pour Air France. Dommage, j'avais des idées pour eux... ;-)) Par exemple, je trouve bien dommage que les sélections se fassent au sol, alors que les vins sont bus en vol. A quand un grand tasting des prochaines sélections, en profitant d'un vol d'essai de l'A 380, par exemple ? Histoire de voir quels vins se goûtent mieux en l'air qu'au sol ? Olivier, si tu me lis, dis que c'est toi qui as eu l'idée... mais invite moi, O.K. ;-)) ?
Arrivée à JFK 3 heures du matin, donc "On time". Mais... la neige est là. Du coup, l'aéroport est totalement désorganisé et il faudra attendre une bonne heure et quart avant d'entendre les mots magiques "PNC à vos portes, désarmement des toboggans". Il est déjà 4 heures du matin; surtout, ne pas dormir sous peine d'être totalement jetlagué pendant la semaine... Une heure de plus pour l'immigration car les douaniers, sans aucune vergogne, font passer les américains devant les étrangers... De toute façon, il faudra attendre une heure de plus pour avoir les bagages. Comme quoi, les USA, c'est pas toujours la performance que l'on croit. Longue queue avant d'avoir un taxi et il donc presque 7 heures du matin, heure française, lorsque je sors de la douche de ma chambre d'hôtel. Et je n'ai pas sommeil, bien sûr...
Cette fois-ci, j'avoue qu'il m'a été vraiment dur de partir. Quitter mes vignes, ma famille, mes barriques, c'est certaines fois plus dur que de coutume. Bon, une fois dans le bain, je vais sans doute m'y mettre... Mais cette fois ci, j'ai vraiment eu l'impression d'être enlevé par les extraterrestres !
Vous êtes "tranquilllllle" au bord de la méditérannée, 20°, grand ciel bleu, tramontane, vignes et oliviers. Quelques heures plus tard, il fait nuit, un chauffeur de taxi à l'air très "bosniaque" vous conduit à fond les manettes au milieu d'une zone industrielle, d'usines fumantes, de lumières agressives, d'une publicité omniprésente... Tout m'agresse, comme si j'étais sur une autre planète ou dans l'univers des machines de Terminator. Cette désagréable impression de "kidnapping" est aumenté par le comportement de certains de mes frères humains : combien ai-je passé de contrôles, en 16 heures de voyage ? Obligé de me déshabiller ou presque lors des deux embarquements, j'ai eu droit à trois contrôles successifs à Roissy, le premier très agressif par des jeunes qui ont à l'évidence une revanche à prendre sur la société (ou du moins certains de ses membres... ;-((), puis à un autre contrôle complet juste avant la passerelle, amical mais viril et très complet. J'ai cru un instant que le moment que ma première fouille au corps était arrivé ... :-). Plus l'immigration U.S., la douane, la bio-métrie, les empreintes, les photos... Drôle de monde.
Je repense à une discussion, il y a bien longtemps, avec l'ancien propriétaire du Mas Amiel, le regretté Monsieur Dupuis. Il m'avait raconté ses tours du monde, en bateau, dans les années 70. A l'époque, pendant près d'un an, personne ne leur avait demandé le moindre papier... Dieu que le monde a changé, et pas toujours dans le bon sens...
Bon, première journée à N.Y. La neigne fond, il est temps de faire une balade pépère vers Centtral Park, parce qu'après, ce sera la course, les tastings, les transferts. Un moment de repos à l'hôtel avant le premier repas, c'est l'occasion d'écrire ce billet et de vous mettre une petite photo, juste pour l'ambiance... A demain si j'ai le temps...

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