Forum Export

Visite éclair à Montpellier pour participer à un forum export organisé par la Région Languedoc-Roussillon.

Dans un grand hall, une organisation un peu compliquée mais très efficace tente de mettre en rapport des acheteurs venus du monde entier avec des vignerons du Languedoc-Roussillon.

Que dire de tout cela ? Dans ma voiture, en rentrant, je me dis que le récit de ma journée pourrait bien donner naissance à un billet croustillant. Mais en l'écrivant, je me demande si j'ai vraiment un avis qui mérite de figurer sur cette fenêtre virtuelle... Essayons malgré tout. Une organisation parfaite qui ne mérite aucune critique (pour une fois que je ne critique pas, c'est vous dire ;-)), de gros, gros efforts déployés, beaucoup de participants dans un camp comme dans l'autre. Pourtant, j'ai l'impression que la mayonnaise ne prend pas vraiment, même si j'espère me tromper. Celle de midi (de mayonnaise...), en revanche, est excellente et accompagne une sorte de rouille à la Sétoise qui nappe des gros cubes de sèches d'un moelleux incroyable. Au fait, si un lecteur a le truc pour cuire la sèche moelleuse, je suis preneur, vous vous en doutiez ... ;-).

Par solidarité, je me suis inscrit avec un vin du Clos des Fées car nous n'exportons après tout que dans 16 pays et il y a donc encore des places libres ;-). Bon, c'est genre Mexique, Brésil, Australie, Corée, Finlande, Vietnam, vous voyez ? Ainsi que l'europe centrale où je ne suis jamais vraiment aller me promener ;-)). Triste sort, quand on y pense, que celui des amateurs de ces pays qui lisent ce blog et ne peuvent tremper leurs lèvres dans mon vin made in Roussillon ;-))

Au final, en discutant avec des confrères, les contacts semblent peu motivants et les acheteurs peu motivés. Nombre d'entres eux donnent l'impression d'être venus faire un peu de tourisme en France au frais de la princesse... J'espère que je me trompe et que beaucoup de vignerons sont ravis ce soir de leurs contacts commerciaux de la journée. En tous cas, acheteurs et importateurs semblent avoir entendu parler du Clos des Fées car près de six bouteilles ont été dégustées en deux jours et on va bientôt en manquer... A défaut de distribuer mon vin, espérons qu'ils l'ont aimé. Au passage, une bonne partie du staff du salon (jeunes sommeliers, étudiants en mastère et même hotesses...) semblent eux avoir goûté et aimé. J'en suis ravi : au moins, elles auront donné du plaisir et auront été bues et appréciées.

Devant le hall où tous les vins sont en libre service, je fais une photo de tous les vins servis ce matin là. Ca ressemble à ça :

Impressionnant non ? On me glisse à l'oreille qu'il y aurait un Ecossais qui, samedi, aurait goûté consciencieusement TOUTES les bouteilles ! Quel courage ! Respect et humilité, s'il vous plait, devant la performance ;-). Pour ma part, je jette l'éponge après une cinquantaine de vins. Etonné par la qualité de certains vins proposés par de gros négociants ou des unions de caves coopératives, bien meilleurs que ceux de certains artisans, je me dis que l'avenir du vin de qualité n'est peut-être pas aussi tracé qu'on le dit...

D'un autre coté, devant cette avalanche d'étiquettes, d'appellations, de marques, de couleurs, je me dis que j'ai une chance incroyable de réussir à exister, d'avoir pu émerger de cette mer de bons vins dont certains, sans aucun doute, méritaient peut-être plus que moi et qui, pourtant, ne trouverons jamais leur place sur un marché mondial où l'offre explose littéralement.

Sur ce, à chaque jour suffit sa peine...

5 commentaires

#1. Lyne Marie | mercredi 31 janvier 2007 - 17:40

''Celle de midi (de mayonnaise...), en revanche, est excellente et accompagne une sorte de rouille à la Sétoise qui nappe des gros cubes de sèches d'un moelleux incroyable.''
Bonjour Hervé! Ça va? Bon, ici on se les gèles à -18 celsius, mais c'est comme ça l'hiver à Montréal. Simple curiosité - malgré le fait que l'on parle la même langue, je ne sais pas ce que sont des sèche, ni de la rouille... et à la Sétoise?... Tu peux m'éclairer? Merci, et à bientôt!
Lyne Marie

#2. LaurentM | mercredi 31 janvier 2007 - 18:41

Impressionnant, en effet!

Et puis un écossais ça crache?

C'était juste une occasion pour dire que si on est pas d'accord sur tout,
j'aime quand même bien ton blog;-)

Bonne continuation

LaurentM

#3. Miguel | mercredi 31 janvier 2007 - 18:42

Bonjour
En lisant la dernière partie de votre billet, je me pose la question suivante:
Les vignerons qui n'ont pas eu la chance de sortir du lot (comme vous avez pu le faire depuis votre installation) ne réussissent pas, par manque de communication, de contact, ou de qualité?

Souvent j'en conclu qu'aujourd'hui en dehors de la qualité intrinséque du produit le discour commerciale mise en place a plus d'influence!

Hier même on discutait de cela avec quelque vigneron, et une phrase m'a maqrué:
Dans une bouche fermé on ne met pas grande chose...
En gros si on n'a pas une gd gueule (capacité de communication, charisme...)ou des bons contacts il faut ramer pr y arriver...

En vous remerciant pr l'ensemble de vos billets qui sont un plaisir à lire chaque fois.

Réponse de HB

Cher Miguel,

Votre question est excellente. Je n'ai pas vraiment le temps d'y répondre. Néanmoins, je vous dirais que ce problème n'est pas seulement celui des vignerons mais celui de tous les artisans du monde. Néanmoins, je pense qu'Internet est un formidable moyen de communication, pratiquement gratuit, et que j'ai du mal à comprendre le silence assourdissant des vignerons français sur le web. Certes, avoir des notions de marketing, un peu de goût et savoir expliquer son travail et décrire ses vins est important. Mais cela l'a toujours été et cela ne suffit pas. Il faut des vins de qualité et d'émotion. En vérité, je ne connais pas, en France, un vigneron qui fasse des vins magiques et qui, deux ou trois ans après, ne connaissent pas le succès commercial.

La vrai question que je me pose et laquelle les vignerons ne me semblent même pas penser : dans 10 ans (demain, à l'échelle d'un vignoble...), sera t'il encore possible de faire connaitre et de vendre ses produits en dehors d'Internet ? J'écrirais sans doute un billet un jour sur la question Cordialement, hervé bizeul
Miguel

#4. Hervé Bizeul | mercredi 31 janvier 2007 - 21:39

Hello Lyne-Marie

Et bien içi, on était en tee-shirt la semaine dernière ;-))

La rouille à la sétoise, c'est une spécialité de la ville de Sète, comme son nom l'indique.

Il y a plusieurs variantes (rien n'est simple, en France ;-)) mais pour simplifier, ce sont en général des calamars ou des sèches (des pieuvres, quoi, de la famille des mollusques céphalopodes...) cuites dans une sauce qui est ensuite liée à l'aioli, c'est à dire une mayonnaise à l'ail... Il y a plein de recettes sur Google. Au fait, ça se sert avec des pommes de terre, jamais avec du riz...

Quand à la seiche, tu as de la chance, j'ai écris ausi la dessus un jour. Voilà tout ce que je sais sur l'animal :

Très répandue, c'est un petit céphalopode de 20 à 40 cm (pour le manteau), avec huits bras courts et deux tentacules plus longues. Elle présente un étonnant don de mimétisme et se cache dans les fonds sableux durant le jour. Elle ne vie que deux ou trois ans et ne survit que rarement à la reproduction si on excepte quelques mâles. Tout comme la pieuvre, elle est douée d'homochromie (c'est-à-dire qu'elle fait le caméléon). Et tout comme d'autres céphalopodes, la seiche possède une arme secrète : la poche d'encre qu'elle vide à la face de ses ennemis, pour protéger sa fuite. Autrefois, cette encre était utilisée pour fabriquer l'encre sépia. D’où le nom donné à une autre espèce, le calamard qui tire son origine du latin "calimarius" qui signifie écritoire.

On mange tout, le plus souvent coupé en tronçons, sauté à la poêle, en sauce (américaine), mais on peut aussi la farcir ou la faire griller au barbecue.

En méditerranée il existe deux espèces de toutes petites seiches: Sepiola rondeleti et Rossia macrosoma. Elles ne mesurent que 3 à 4 cm de long et sont souvent vendues nettoyées, leur goût est délicieux et ces seiches sont appelées en France suppions, sépions, sépious. Beaucoup de gastronomes ignorent cette particularité et croient que les supions sont des jeunes sèches, ce qui est donc une erreur, ce que tu sais maintenant ;-))
#5. marsha | samedi 3 février 2007 - 20:21

Bien impressionant. J'espère que les acheteurs de l'Amérique du nord y sont assistés :-).

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