Doit-on mériter les vins que l'on boit ?
Depuis plusieurs semaines, l'envie d'écrire ce billet me trotte dans la tête et je ne sais pas par quel bout le prendre. Bon, le titre vous a donné une bonne idée du sujet, mais il reste à le développer.
Contexte.
Il y a quelques semaines, nous voilà partis Claudine et moi pour dîner dans un grand restaurant parisien à l'occasion de son anniversaire. A Vingrau, 350 habitants, le calme et le bon air sont de rigueur, mais... pas la gastronomie. On ne peut pas tout avoir...
Depuis longtemps, je voulais retourner rendre visite à Jean-Claude Vrinat et toute son équipe du Taillevent. D'abord parce que j'aime l'homme, l'endroit, le personnel, l'ambiance, ensuite parce que c'est sans doute le dernier 3 macarons en France où l'on peut boire une belle bouteille en ne la payant guère plus cher que ce quelle voudrait chez un bon caviste, ce qui, pour un amateur de vin, n'est pas une option négligeable... Parce que vous, je ne sais pas, mais moi, manger divinement en buvant un vin médiocre, sous prétexte qu'il n'y a rien sur la carte ou que le restaurateur fait coefficient 10 sur les vins, ca me gâche un peu le plaisir.
Je ne vous raconterai ni notre dîner, ni notre vin, ce n'est pas le but de ce billet ni l'objet de ce blog, mais je soulignerai que tout était parfait, comme d'habitude.
Pour qui aime la cuisine au siphon, les plats déstructurés puis "reconstruits", les couleurs acidulées, la musique lounge et, en revanche, est totalement indifférent à la patine d'une boiserie, à la compétence et au dévouement d'un personnel qui considère le service comme un art de vivre, où à la façon dont le couteau trouve presque par magie l'articulation d'une cuisse de volaille, Taillevent n'est certes pas une adresse à conseiller. Pour les autres, qui apprécient tout cela, aiment les produits qui ont le goût de ce qu'ils sont, ne confondent pas la restauration et le cirque et bien sûr aiment les bons vins, grands ou petits, vendus au prix juste, il faut y aller une fois dans sa vie (au moins ;-). Bref, maintenant que tout le monde sait que j'aime Taillevent, parlons du sujet qui me préoccupe.
A côté de nous, deux hommes d'une petite quarantaine d'années, deux amis, à l'évidence, sont rejoints par leur femmes accompagnées d'une amie. Sans vraiment faire attention à leur conversation, ce qui est difficile parce qu'ils parlent assez fort et semblent très joyeux, nous comprenons rapidement qu'ils sont des habitués, qu'ils sont là pour faire la fête et que le voiturier a trouvé préférable de garer leur Bentley Continental GT au parking, parce que comme c'est un cabriolet, il préférerai éviter que quelqu'un se lâche sur les sièges en cuir... Au passage, je n'ai rien contre les Bentley, bien au contraire, et que les choses soient claires, bien que je n'aurai sans doute jamais les moyens de m'en payer une un jour (ni le mode de vie qui me permettrait d'en profiter pleinement, d'ailleurs...), je ne désespère pas d'en conduire au moins une un jour pendant quelques instants. Juste pour le plaisir et parce que la jalousie est un défaut dont la nature ne pas pourvu.
Après un magnum de Roederer Cristal pour se mettre en bouche, alors que nous finissons gentiment notre plat principal en sirotant un Barolo du grand L. Sandrone, le sommelier apporte un blanc que je n'arrive pas à voir puis, après une courte et amicale discussion avec l'un des deux clients, très sympathique au demeurant et qui lui donne l'ordre amical de choisir pour lui une grande bouteille, le voilà de retour avec... un Cros Parentoux 93. Je manque en avaler de travers... Pour ceux qui ne savent pas, voilà un cru qui fait aujourd'hui partie de la légende, surtout depuis le départ en retraite de son propriétaire, Henri Jayer, récemment décédé. Il n'y a que quelques restaurants au monde, trois à ma connaissance en Europe, où l'on peut encore en boire sur plusieurs millésimes et Taillevent est sans doute celui où le prix y est le plus raisonnable. Genre trois ou quatre fois moins cher sur table que ce que le vin pourrait atteindre dans une bonne vente aux enchères ou auprès d'un brooker...
Je l'avoue non sans une certaine honte, une pensée m'éfleure : ces dégustateurs, à l'évidence des financiers en train de fêter un énorme bonus de fin d'année,« méritent-ils » de boire un tel vin ? Ont-ils conscience du privilège qu'ils ont ? Ont-ils « l'expérience » suffisante ? Sont-ils conscients, simplement, de l'émotion que cela pourrait procurer à d'autres amateurs, moins fortunés et sans doute cent fois plus « compétents » ? J'y pense pendant que la bouteilles passe dans les verres, puis que les verres s'approchent des lèvres, toujours dans une ambiance de rire et de fête où tout le « Pathos » du vin est foulé au pied avec énergie...
Nous en sommes aux miniardises. A côté, la fête bat son plein et un Latour 90 est rapidement expédié pour laisser la place à un Pétrus 89. Gloups.
A la fin de la soirée, nous échangeons en nous levant quelques mots amicaux. Ces deux couples aiment la vie. Ils aiment manger, boire, profiter de l'argent qu'ils gagnent en travaillant sans doute beaucoup. Simplement, il ne souhaitent à l'évidence pas devenir des experts ni trop réfléchir au plaisir qu'ils éprouvent en buvant, ce qu'ils font abondement, souvent, et sans complexes ni obligations.
Dans le taxi qui nous ramène à l'hôtel, passablement repu, la main de Claudine dans la mienne, je repense un instant à cette soirée et aux pensées négatives qui m'ont un instant éfleurées. Qui suis-je pour juger de qui a « le droit » ou non de boire tel ou tel vin ? Qui « mérite » ? Qui ne « mérite » pas ? N'est ce pas moi, finalement, qui suis déformé par mes métiers successifs, qui m'ont formaté pour toujours « évaluer » (au moins) ou « classifier » (presque toujours) les vins, ? N'est-ce pas une vaste tendance de fond, qui frappe le monde du vin depuis plusieurs années, que de voir l'amateur le plus inexpérimenté se mettre à déguster le samedi et donner des «notes » le dimanche ? au lieu de simplement les apprécier pour ce qu'ils sont : des instruments de plaisir, et seulement cela ? Vaste question. Je me dis que, si j'y arrive, j'en écrirai un billet. Voilà, je suis en train de le faire...
Au final, je me réjouis avec Claudine du bon moment qu'ont passé mes voisins. Je regrette tout de même un peu, en écrivant ce récit, de ne pas avoir eu le courage d'engager une conversation avec eux. Non, pas pour avoir un petit verre de Cros Parentou, mauvaises langues que vous êtes ;-). Pour leur expliquer un peu plus le vin qu'ils étaient en train de boire, la difficulté de s'en procurer, le privilège qu'ils étaient en train de vivre, le moment unique que, sans doute, ils ne pourraient reproduire parce que chaque bouteille bue rendait le vin plus rare. Pour leur parler d'Henri Jayer, de son travail, de son talent, de l'homme qu'il était, de ses faiblesses aussi, perverti sur la fin de sa vie par justement une prospérité qu'il n'avait pas immaginée et par une avidité qu'il ne pouvait maitriser.
Cela aurait-il changé leur perception du vin ? Sans doute. En bien ? Je n'en suis pas sûr. Finalement, j'ai bien fait de me taire.
Non, il n'est nul besoin de mériter un vin pour y tremper ses lèvres.
16 commentaires
Merci pour cette belle lecture, pour vos réflexions quant aux mérites de boire une bouteille d'anthologie, mais je pense que le "Clos Parentoux prend un "x"en terminaison, voilà pour la mémoire de ce grand vigneron que reste Henri Jayer en bouteille.
Mon père me disait souvent : "Il ne faut jamais juger la façon dont les autres ont de dépenser leur argent. A leurs yeux, nous avons nous-mêmes de grandes chances de les choquer par la façon que nous avons de dépenser le nôtre."
Mais c'est parfois difficile…
Codialement.
Philippe
Je crois que la nature ne vous a pas épargné la jalousie, émotion fort subtile et délicate à cerner, tous comme les vins dont vous parlez si bien ;)
Réponse de HB : elle ne m'a sans doute pas épargné, mais sur la longue liste des défauts dont elle m'a en revanche doté, le jalousie vient en très lointaine position... je n'en soufre donc que je manière très douce et très ponctuelle ;-))il semblerait avec ce billet retrçant vos réflexions que s'approche doucement la sagesse.
Est-ce un bien, est-ce un mal?
sans doute un privilège de l'age (il en faut bien! )
Bonjour,
Beau et vaste sujet effectivement !
Je me sens plutôt dans la catégorie "buveur-amateur" du samedi et qui met une note le dimanche...
Je suis plutôt pour la liberté de chacun en ce domaine mais pour ce qui me concerne, j'ai l'impression que je comprends mieux le vin, que je l'apprécie d'avantage (ou pour ce qu'il est, ou a été conçu ?) lorsque l'on m'en parle, lorsque l'on m'explique le vin son histoire, son terroir!!??, ses hommes.....
Bien à vous
Vincent LUCIEN
je peux imaginer que les personnes décritent dans ce billet d'humeur, puissent puiser leurs émotions dans la capacité à se payer ce genre de repas. Que l'émotion recherchée ou atteinte ne procède pas d'une capacité ou d'une passion aboutie à analyser le produit dégusté lui-même. On pourrait sans doute dans bien des cas déceler même de la vulgarité à se "payer" un 3 étoiles et des vins hors-de prix, pour seulement valider le plaisir de pouvoir le faire...Pour autant il n'est pas question ici de jalousie il me semble.
Je suis amateur de jazz. Quand j'écoute un morceau en compagnie d'amis, je me dis souvent que je ressent plus d'émotions que des amis néophytes en la matière, ou que j'aimerais pouvoir leur transmettre ce que je ressens car j'ai appris à connaitre cette musique,et que parfois connaitre l'histoire d'un morceau, d'un artiste, d'un contexte particulier, la technique d'écriture, cela peut participer à rendre plus sublime l'écoute de la musique. Pour autant je ne juge pas mes amis et je suis même toujours ravi d'offrir toujours plus d'exposition à ce genre de musique qui m'est cher.
Eric
E.
Moi j'aurais eu les boules c'est sûr...
Tant mieux pour ces grandes proprietees si leurs vins se vendent aussi chers et si uniquement les gens qui roulent en Bentley peuvent se les offrir.
Maintenant, on risque de moins en parler et de les oublier puisque une infime partie des gens pourront y gouter....
Voilà bien un sujet récurrent chez beaucoup d'amateurs : les autres savent-ils comme nous apprécier ces belles bouteilles ? Pour très vite dire souvent non, et leur faire des gros yeux parce qu'ils osent ! Rendez-vous compte : ils attaquent un Petrus comme d'autres un Chanteleur.
En fait, chose curieuse, cele n'existe que dans le monde du vin, et rejoint cette spécificité unique de la critique des prix, chacun se croyant quelque part "propriétaire" et blâmant les producteurs qui osent suivre le marché et augmenter leurs marges !
Personne n'ira se plaindre que quiconque puisse aller au Louvre sans avoir suivi le moindre cours de formation sur l'art, mais sur le vin, si un HB voit quelqu'un attaquer un Jayer, la tentation est grande !
Encore une preuve que le monde des passionnés du vin est un monde de branquignols, sympathiques certes, mais branquignols quand même ! Et, naturellement, je me mets en chef d'escadrille !
Votre histoire me rappellais l'histoire de l'Indonésien de 30 ans qui dépense $1 million par mois sur le vin. Je l'ai lu sur le blog de WineBabe (winebabe.blogspot.com/200... Un peu exageré mais dans le même esprit.
Finalement, la faute à qui ? Peut-être au sommelier qui avait le libre choix des armes en leur servant cette bouteille. Celui-ci leur a-t-il expliqué l'historique et la rareté de ce cru ? Un ch. Margaux ou Haut-Brion auraient peut-être été sufisant, sauf si ces 2 vins, il les connaissait par coeur
Votre réflexion est vraiment passionnante. Il me semble que l'on doit distinguer le prix des choses : les plus belles vallent le plus cher dans un monde marchand, et sont donc réservées aux plus riches. Et le goût : il n'appartient qu'à ceux qui l'ont, et cela n'a ... pas de prix.
Je vous félicite surtout pour la conclusion de votre billet, qui ne doit pas être facile à tracer (pour quelqu'un qui connaît le fameux vin, ce qui n'est pas mon cas). En fait, il faut peut-être se dire que la grande réussite de ces deux couples aura été de savoir dépenser son argent si élégament (savoir dépenser sans rien garder le lendemain est un luxe que tout le monde ne s'offre pas), et en passant manifestement une belle soirée. De ce point de vue là, on a vu des gens très bien boire de l'eau du robinet à la maison, en se félicitant de n'avoir rien à se dire, et en l'affirmant haut et fort. La Grâce de Dieu n'atteint jamais que les Innocents, et le bon vin est une bénédiction pour ceux ... qui le méritent ? non, mais pour ceux qui le boivent, assurément !
tant que le plaisir est là, sans vulgarité, je n'y trouve rien à redire. Finalement, ça ne doit pas être désagréable de faire la fiesta avec du Clos Parentoux, du Latour et du Petrus bus à grosse lampées ;)
et finalement, les vins que les amateurs ou les pros dégustent "en série" ne sont-ils pas autant massacrés ? ça me fait souvent mal de voir de belles bouteilles ainsi "sacrifiées", surtout quand nous vidons les crachoirs en fin de dégustation.
et les vins bus trop frais, trop chauds, pas assez ou trop carafés, dans de mauvais verres, qui sentent le renfermé, parfois trop remplis, avec des mets inadaptés, une salade malvenue, des fromages anhestésiants, une voisine qui embaume le parfum, des imbéciles qui vous gâchent le plaisir.... ?
par ailleurs, il faut être conscient que plus tu vas "monter" dans la hiérarchie, plus tes vins seront bus par des gens qui n'y entendront souvent rien, mais qui auront nécessairement les moyens de les payer. Combien de 1GCC sont véritablement appréciés ? Quel est le taux d'amateurs qui a accès à ces vins ? laisse tomber ces réflexions, pense à Van Gogh, et retourne dans tes vignes ;)
amicalement
Yves Zermatten
et apprécier la cuisine moderne ET une cuisine traditionnelle c'est interdit ? impossible ? contradictoire ? Ou cet éventail est-il trop ouvert et pas assez conventionnel (tiroirs.. étiquettes.. idées simple) pour l'ancien journaliste que vs êtes ?
Il est amusant de lire : Pour qui aime la cuisine au siphon, les plats déstructurés puis "reconstruits", etc
etc.. est-ce votre ancienne qualité de journaliste qui vous fait considérer que l'on ne peut à la fois aimer la cuisine moderne ET la classique et vous oblige à étiquetter, cloisonner, ranger, trier. Ou votre sensibilité n'est-elle tout simplement pas suffisamment affutée pour apréhender une gastronomie variée et multiple... Méritez vous la gastronomie que l'on vous propose ? :-)
Laurent
L'attitude de ces personnes ne me choque pas. Effectivement, elles ont passé une très bonne soirée avec de très grands vins, il n'y a rien à redire à cela.
Ce sont des consommateurs comme nous tous. Comme les consommateurs ont toujours existé.
Ce qui a changé depuis une petite vingtaine d'années, c'est plutôt le marché, et pas seulement dans le monde du vin. Le vignoble bordelais qui appartenait à des familles s'est aussi mondialisé, a été victime d'OPA de grands groupes financiers. Ces vins ont été sujets à spéculations; leurs diffusion, à la place d'être "locale" (Européenne), s'est mondialisée. N'oubliez pas que "le paradoxe français" se vend très bien à l'étranger. Et les vins français font partie intérgrante de ce "french paradox".
Ce qui est plutôt choquant à mes yeux, c'est l'évolution du marché. Quand vous voyez le résultat aujourd'hui, il y a surement pas mal de bémols à ajouter à la facture. Ces consommateurs d'autres continents, avec d'autres goûts, avec leur pouvoir d'achat et la pression qu'ils mettent sur ces grands domaines incitent ces derniers à fabriquer leur vins de façon différente. Les très grands bordeaux des années quatrevingt nous ont fait rêvé, je ne pense pas qu'ils nous donnent les même émotions aujourd'hui. C'est aussi le cas sur les grands domaines bourgignons. Pourquoi cette adaptation ... non pas pour défendre son terroir mais simplement pour des raisons purement vénales. Certes, nous travaillons tous pour gagner notre vie et faire vivre notre famille... mais ces grandes maisons étaient déjà prospères. Et, au lieu d'éduquer leur nouveaux consommateurs en défendant leur terroir, ils ont tout simplement choisi le chemin facile de la standardisation des goûts, suivant des oenologues "à la mode", cherchant une reconnaissance de journaliste tels que M. P bien connu etc etc etc.
J'aurais aimé qu'ils préservent la magie de leur terroir et le défendent bec et ongle, cela n'est que rarement le cas, mais il y a encore quelques irréductibles :))
La communication et le marketing opéré par les différents acteurs de l'industrie viticole a permis une émulation très importante dans certains pays. Les précieuses bouteilles se vendent à prix d'or et personne ne peut rien faire d'autre que de mettre solidement la main au portefeuille pour avoir le "privilège" d'en déguster.
Mais la facture peut être lourde. Si vous allez en Bourgogne aujourd'hui, vous verrez qu'il y a beaucoup de vin à vendre et PARTOUT ! (à de rarissimes exceptions) Quand le marché est si dynamique et florissant, les caves sont vides, et je peux vous dire que c'est loin d'être le cas aujourd'hui. Les vignerons s'accrochent et essayent mais l'élastique est bien tendu actuellement. Maintenant n'espérez pas de baisses de prix spectaculaire mais un sérieux tassement du marché.
Si on prend le Beaujolais qui a négligé ses marchés "pères" en travaillant beaucoup avec l'asie, vous verrez qu'aujourd'hui, cette région est en pleine crise et les marchés qu'elle a oublié, elle a très dur de les reconquérir.
Bref, un peu de patience et une fois que les caves de tous ces nouveaux clients seront remplies, il y aura encore de la place pour nous , petits amateurs.
Enfin pour conclure.. Doit-on mériter les vins que l'on boit ??
Oui car certaines cuvées sont bien trop rares à mon sens que pour les proposer au premier venu. Et Non car tout un chacun, pour s'intéresser au monde du vin, doit aussi commencer par déguster une première grande bouteille... Eveiller une passion et aussi devenir un ambassadeur et défenseur du savoir faire de ces grands vignerons.
Le seul dommage est que de plus en plus une sélection soit faite en fonction d'un pouvoir d'achat.
Enfin, je dirais que tous ces vins avec de grosses cotations qui vous laissent imaginer que le vigneron a réussi à emprisonner une fée dans la bouteille n'est qu'un miroir aux alouettes. Que bien souvent ces bouteilles sont des déceptions cuisantes. Il y a toujours des gens qui travaillent très bien et ce ne sont peut-être pas les plus médiatiques, il faut les chercher^^
(Oui, je sais, j'arrive un peu tard, trois mois après la discussion ...)
@Francois Mauss,
Cette attitude n'est absolument pas propre au monde du vin. Il suffit de songer au bon skieur qui regarde, l'air narquois, la paire de planches Lacroix à 3000 euros qu'arbore son voisin de téléphérique débutant, au photogaphe expérimenté qui toise tous ces amateurs fraichement convertis à la prise de vue par la grâce du numérique, ou au gourmand qui regrette que certains puissent aller chez Taillevent comme d'autres vont à la pizzeria du coin, sans même prêter attention à la qualité de la cuisine ...
Non, définitivement, ce snobisme, cet "intégrisme du spécialiste" n'est pas une spécificité du monde du vin.