Vinitech 2006

Retour de Vinitech 2006, vendredi. Un petit salon au niveau de la taille, du nombre de visiteurs et d’exposants. C’est bien, il y avait du coup de la place dans les allées et un grand choix de restaurants pour déjeuner ;-)

Une impression d’un salon en train de muter, avec toujours plus de sociétés de service et de conseils divers et variés et moins de matériel pur et dur. Le vigneron ne peut plus tout connaître et tout maîtriser tout seul. D’où, sans doute, tant de conférences et de débats. Qui s’en plaindra ? Bon, ceci dit, les fabricants de tracteurs et autres monstres à vendanger avaient boudé le salon, alors, c'était pas comme d'habitude.

Je n’avais pas grand chose à acheter mais beaucoup d’amis et de personnes intéressantes à voir. Alors, ce fut pour moi un bon salon. Un déjeuner passionnant, tout d’abord, avec l’une des personnes les plus fascinantes que je connaisse quant à son discours sur la culture de la vigne. Une de ces rencontres qui vous éclaire, tout d’un coup, comme si l’on allumait la lumière dans une pièce sombre où si l’on enlevait la buée d’une vitre pour voir plus clairement un paysage matinal. Deux ans que j’asseyais de la rencontrer, j’espère qu’elle viendra bientôt à Vingrau et travaillera un peu avec nous.

Les orientations que je vais désormais prendre, quant à la culture de mes vignes, sont maintenant pour moi sûres et certaines, même si elles sont très novatrices. J’espère pouvoir les mettre en œuvre, ce qui ne sera pas vraiment simple ni bien sûr bon marché, mais tout ce dont nous avons parlé ce jour là confirme ce que je vois dans mes vignes, ce que je ressens dans mes vins et donne un début d’explication à nombre de mes interrogations. Il me faudra encore une fois me libérer de tout ce que j’ai appris, ne serait ce que parce que les recherches au niveau du végétal sont faites en climat océanique ou continental et que nous sommes en climat méditerranéen, le climat « originel » de la vigne, bien plus adapté à son développement. Mais on le fera. Pardon de vous mettre en appétit, mais je n’ai pas envie de voir mes idées reprises par n’importe qui dans les mois qui viennent. Mais c’est promis, je vous en parlerai petit à petit, au fur et à mesure qu’on tentera de les mettre en place.

Deuxième rendez vous passionnant (et totalement différent…) avec un ami qui travaille chez œnodev. Discussion et dégustation passionnantes sur l’évolution de ce qu’on appelle les « vins industriels ». Comment vinifier quand on produit 300 000, 500 000 ou 1 000 000 d’hectolitres ? Comment définir les produits ? Comment décider des maturités, des vinifications, des élevages, des mises en bouteilles ? Il y a beaucoup à apprendre de ces techniques et de ces approches, même si on ne les utilise pas. Merci Stéphane et bravo. Pendant que certains discutent, vous cherchez et vous trouvez des solutions pour faire des meilleurs vins à petit prix. Il en faudrait dix comme vous.

Petit tour dans le salon, discussion de marchand de tapis pour changer le pressoir de Walden, un poil trop petit, et ma pompe périlstaltique, pour avoir un variateur électrique télécommandé, ce qui est bien pratique quand on remplit les barriques ou qu’on fait les remontages perché sur une échelle. Vu les prix, je vais finir par aller la chercher en Italie…

A part ça, au moins 6 ou 7 stands de fournisseurs de chariots élévateurs et autres transpalettes électriques dont, de ma vie, je n’avais jamais vu autant de modèles réunis en un seul endroit. Vu le prix de vente de ces outils, pas étonnant qu’il y est autant de monde dans ce business… Le bouchon plastique est aussi très à la mode et de petites boites s’y mettent, de manière presque artisanale, sans proposer vraiment de nouveautés, le contraire de notre fournisseur pour Walden qui expanse au CO2 et non avec un adjuvent chimique, ce qui est révolutionnaire. Mais bon, je vous en parlerai en détail un jour ou l’autre, sans aucun doute…

P.S. : les canelés, c'est quand même drôlement bon...

5 commentaires

#1. Jean-Baptiste Senat | lundi 4 décembre 2006 - 17:45

Pardon, Hervé d'étre directe, mais la mesure novatrice ne serait-elle pas de s'interdire quoiqu'il arrive l'emploi des produits chimiques de synthése ?
Jean-Baptiste.

#2. Hervé Bizeul | lundi 4 décembre 2006 - 20:52

Même si je n'en emploie pratiquement plus et même si je souhaite un jour m'en passer totalement, je ne vois pas pourquoi je m'interdirai "quoiqu'il arrive" les produits dit de "synthèse". D'abord parce que dans le lot, il y a le pire comme le meilleur et que l'amalgame entre une molécule type "bhopal" et un inhibiteur de développement ciblé sur UN insecte précis est stupide, ensuite parce que je n'ai ni envie, ni besoin de me servir d'une quelconque mode bio pour faire croire que mes vins sont "meilleurs". Si mon vin était meilleur en employant des produits de synthèse ou des artifices œnologiques, je serais face à un cas de conscience. Comme c'est exactement le contraire, cela me convient parfaitement. De toute façon, tout fanatisme, quel qu'il soit, me dérange terriblement

J'essaie de faire en sorte que mes vignes soient le plus résistantes possible et, si elles sont malades, de les soigner par des produits naturels. Si je n'arrive pas à les guérir, alors, je me réserve le droit d'utiliser une quantité la plus minime possible de produits de synthèse de dernière génération, qui ne me semblent ni meilleurs ni pire que certains produits dit "naturels" (cf la roténonone, pour ne citer que celui-là, une vraie "saloperie", mais "naturelle". Je fais de même pour moi : un bon osthéopathe, puis un accunpuncteur, puis de l'homéopathie, puis un scanner et Dieu me préserve, s'il le faut, un jour, une chimio. Enfin, vu l'état lamentable dans lequel je trouve les vignes que je reprend chaque année, elles ont besoin d'une année "médecin" pour repartir du bon pied. En résumé, je suis en "bio" sur certaines parcelles, en "lutte raisonnée extrème" sur d'autres tandis que j'emploi un ou deux IBS sur certaines autres, la ou les deux premières années. J'espère avoir été clair et avoir répondu à tes questions. En ce qui concerne mes nouvelles orientations, il s'agit d'arriver à continuer à cultiver des vieilles vignes à 1,5 x 1.5 non pas en préservant les sols mais bien en les reconstruisant. Bon courage pour la taille, au plaisir de vous voir ici un jour. Hervé

#3. tchoo | mardi 5 décembre 2006 - 09:55

et la présence très importante des tonneliers (presque 40) ne vous a pas frappé?

et l'omniprésence des offres de copeaux et autres douelles (avec des cuves spécifiques, frolant le ridicule), non plus?

#4. Hervé Bizeul | mardi 5 décembre 2006 - 13:11

Les tonneliers, c'est chaque année. J'ai trouvé au contraire leur stand plus discrets que les autres années. Les cuves ridicules, ce n'est pas une nouveauté. Quand aux copeaux, c'est le consommateur qui aura le "final cut "

#5. Vinitech | mardi 12 décembre 2006 - 14:20

Heureux de constater que vous avez senti un salon en mutation. Ce millésime 2006 a été marqué par notre souci de repositionner la manifestation en prenant la pleine mesure des changements structurels de la filière. Vinitech 2006 devait répondre à cette nouvelle donne : offrir nos seulement une vitrine exhaustive des technologies et équipements de la filière mais aussi fédérer l'ensemble des acteurs autour de débats et colloques afin que chacun, quel que soit son mode de production puisse y trouver des idées voir des solutions.

Au vu des premiers résultats des enquêtes menées auprès des exposants et des visiteurs, il semble que nous soyons sur la bonne voie. Certes, les fabricants de MAV ont tourné le dos cette année à Vinitech. Certes les exposants ont maitrisé plus que de coutume leurs investissements dans ce salon. Mais le nouveau visage de Vinitech a plu. Un salon plus animé, plus ouvert, plus humain, plus accessible. Nous continuerons dans cette voie pour vous proposer en 2008 un visage encore plus performant et proche de vos préoccupations.

Nous vous invitons à participer à nos réflexions en nous suggérant vos remarques qui constituent un élément clé de notre processus d'amélioration.

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