Des vins très XVIIIème…

Depuis quelques jours, je tourne autour de ce billet sans vraiment savoir par quel bout le prendre.

En goûtant les vins qui finissent peu à peu de fermenter, j’ai donc essayé plusieurs fois de voir comment je percevais ce millésime, comment le décrire, comment faire passer les émotions qu’il m’inspire.

Essayons, si vous le voulez bien.

Il n’a ni le charme instantané et la sensualité des 2003, ni la profondeur et la réserve des 2004. Impossible de le comparer non plus à la puissance brute et l’assurance des 2005. Non, définitivement, cette année, l’impression, l’image qui tourne dans ma tête sans pouvoir s’en aller, c’est celle du raffinement, de la noblesse, du savoir-vivre, celle du XVIIIème siècle. Vous vous souvenez, Barry Lindon ? Ça y est, vous y êtes.

Certes, les cépages évoluent encore séparément dans leurs cuves. Les carignan (c’est leur année, indiscutablement…), rassurent par leur solidité et leur force tranquille. Ce sont des colosses, aux tannins sphériques et à la finale poivrée. Les mourvèdre, bien mûrs, particulièrement colorés, à l’acidité remarquable étalent avec assurance des tanins aiguisés comme des poignards. Les Syrah, incroyablement concentrées, sont d’une rondeur exceptionnelle, aussi douces et accueillantes que les bras d’une mère. Les grenache, c’est la surprise, sont cette année les plus virils du groupe ; serrés, presque rudes, leur franchise et leur côté sans fard attirent irréstiblement. Ils devront être élevés.

Je ne peux m’empêcher de penser alors à un banquet d’aristocrates, au grand siècle, placé sous le signe de la sensualité, du plaisir, du raffinement, de la musique, des arts et bien sûr de l’amour... On y est joyeux, insouciant, on lève son verre empli de bon vin, on sourit, la discusion est légère, tout le monde est brillant et savourent le moment présent. Vous y êtes ?

Allez, alors, que la musique soit. Rameau ? Haendel ? Ce sera Haendel, si vous le voulez bien… Et merci à Nathalie Dessay. Nathalie, si vous me lisez, reconnaissance et admiration. Ah, au fait, ça vous tenterait de goûter le Clos des Fées ? ;-))

un commentaire

#1. Claude D | mercredi 11 octobre 2006 - 21:19

Bonjour HB
Je suis d'accord pour l'hommage à Nathalie D. D'une manière plus large, as-tu remarqué comment de très nombreux jeunes chanteurs et chanteuses au talent éblouissant participent au dépoussiérage du répertoire... J'ajoute ma foi que je ne trouve pas facile de faire des parallèles judicieux entre le vin et la musique, pourtant, j'en connaîs un rayon dans les deux domaines. Mais si j'ai l'occasion de déguster tes 2006, je penserai à Haendel et Rameau. Pour les 2005, récement regoutés en Bourgogne à l'occasion des vendanges (2006), je ne fais aucun rapprochement. En fait ils se goutaient mal en Septembre dernier, alors qu'en Novembre 2005, on pouvait apprécier leur potentiel. Au fait, mon Volnay est décuvé, il est dans une bonbonne en verre, à 18° pour sa malo...
Bonne chance et bon courage pour la suite

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