Quelques nouvelles du front

Bon, désolé, en ce moment, je ne suis pas très productif. Tout entier consacré à mes vendanges, il ne me reste que peu de temps, peu d'énergie (et peu de ressources intellectuelles...) à consacrer à cette œuvre unique ;-)) qu'est en train de devenir ce blog.

Mais bon, c'est dimanche, alors, je m'y colle, non sans un certain plaisir, même si, sans doute, je ferais mieux de me reposer.

Autant vous le dire tout de suite, l'année « Yo-Yo » continue. Premier jour de vendange au Clos des Fées, mardi 12 septembre, finalement à peu-près à la même date que chaque année. Mercredi, arrivée d'une pertubation très pertubante. Arrêt des vendanges mercredi et jeudi. Ca tombe plutôt bien, on en profite pour tout ranger, mettre en eau quelques demi-muids, entonner quelques barriques de grenache gris qui commence à fermenter, déplacer des cuves, ranger des trucs. Vendredi et samedi, vendanges sous la pluie, plus où moins forte, de raisins pour Walden puis de Grenache noir magnifiques qui sont arrivés à maturité. La pluie est très dérangeante pour les vendangeurs. Portée par une forte tramontane, 80 km/h par endroit, elle cingle le visage, pénètre les vétements, glace les mains. Mais il fallait faire ces deux parcelles et tout le monde s'est accroché. Chapeau.

Pour autant, hier après midi, passage un peu difficile sur le plan moral, sans doute causé par la fatigue (4 tonnes de raisins déplacées en cagette de 70 litres, encuvées et triées dans l'après midi, seul avec Mietec), la pluie, les nuages, l'angoisse, l'attente. Pourtant, tout va bien, en réalité. Les vignes résistent magistralement, sans montrer le moindre signe de botrytis. Les terroirs, si génialement drainants, absorbent l'eau sans broncher et l'on ne s'enfonce pratiquement pas. Il n'est pas tombé autant d'eau qu'on le pensait mais le crachin a été permanent et donc trompeur. Les prévisions météo sont excellentes. Les écoulages de la première et seule cuve pour l'instant livrent des vins presques noirs, aux senteurs de mûres et de framboises sauvage et, en triant les grenache sur le tapis élevateur, je sentais d'improbables et délicieuses odeurs de... tarte au citron meringuée. La fatigue, je vous dis, la fatigue ;-))

Tout cela pour dire qu'une des chose les plus difficiles pour le vigneron est d'arriver, pendant les vendanges, à prendre de la hauteur, du recul, afin d'arriver à percevoir ce qui se passe « réellement » dans ses vignes et dans sa cave et non pas ce qu'il « croit » qu'il se passe, ce qu'il « voudrait » qu'il se passe où ce que les « autres » pensent qu'il se passe. Au fur et à mesure que j'écris ce billet, de plus en plus décousu et sans thème précis, je me rends compte qu'en fait, écrire et décrire la situation me permet en fait de plus justement l'analyser... Le blog, effet thérapeutique ? Le blog, outil d'analyse et de décision du vigneron en mal d'excellence ? Pourquoi pas, après tout ;-)). Bon, je ne sais pas si je suis très clair, cette après midi... Aller, je retourne voir des parcelles avant la folie de demain...

un commentaire

#1. tchoo | lundi 18 septembre 2006 - 10:11

Si, si, très clair, comme de l'eau de pluie!

bon courage!

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