Une journée en demi-teinte (ou le billet inachevé...)
« Bon, c'était trop beau pour être vrai. Une première journée de vinification dans une cave 100 % neuf, ça ne pouvait pas se passer sans encombre. »
Voici la première phrase d'un long billet hilarant que je vous avais écrit sur ma première journée de vendange en attendant que mon dernier pressoir de blanc se termine. Et puis, sans doute à cause de la fatigue, j'ai fait une fausse manip et puis voilà, catastrophe, je ne l'ai pas enregistré...
Désolé, mais comme je me suis levé à 5h45 et qu'il est 21 heures et que j'ai encore un pressoir à laver, je n'ai pas le courage de recommencer. De toute façon, je suis incapable de réécrire à l'identique un billet, alors...
Je suis vraiment confus. j'essairai de me faire pardonner ce week-end en vous racontant mes aventures avec la (mauvaise) « fée électricité » mais là, il faut encore qu'on aille tout nettoyer. Je me répète, je trouve plus mes mots... c'est désolant et c'est ce n'est QUE la première semaine de vendange...
Un mot sur les premiers raisins. L'année me semble de plus en plus étrange, décidemment. Certaines coopératives fermeront sans doute vers le 10 septembre, tout étant vendangé... Je me demande bien, malgré la précocité évidente et réelle du millésime, quel goût auront les vins ? Certes, certaines vignes semblent « décrocher », comme en fin de cycle, commençant à parer leur feuilles de nuances rouges, ce qui n'arrive habituellement jamais avant le 20 septembre. Les plantiers semblent « à bout », les « petits » terroirs aussi. En revanche, les meilleures vignes sur les sols de qualité font la différence, comme d'habitude. Bon, demain on va continuer doucement à rentrer un peu de Walden, sur les terroirs précoces de Saint-Hyppolyte, pour le reste, on y verra plus clair la semaine prochaine. Enfin, j'espère.
Bon, sur ceux, ma journée n'est pas finie et celle de demain s'annonce encore plus chargée. Bonsoir à tous.
6 commentaires
Allez Hervé courage.
Ca doit etre la loie des series, mon ami vigneron de St Jean de Fos dans l'herault, a lui aussi, au debut des vendanges, des problemes dont il se serait bien passé (livraison de cuves retardés, mise en bouteilles forcée, .... , j'en passe)
Courage, la victoire n'en sera que plus belle.
Allez courage, c'est juste la mise en route, le manque d'entrainement.
ça vient très vite!
Bonjour,
Je suppose que ce n'est pas le moment de vous em... avec cela, mais je suis un peu déçu par le concept walden. En effet et, pour résumer, je suis un peu contrarié par l'association de la grande distribution avec le commerce équitable. Je précise que je suis caviste dans le Var, amoureux et passionné par les vins du Roussillon que j'essaie, le plus possible de promouvoir. Pour faire connaître les vins du roussillon dans d'autres régions productrices, il y a deux atouts majeurs : le prix et la qualité des vins, car pour détourner un amateur de vin de la production locale, il faut dans un premier temps, que le jeu de la découverte ne soit pas un "risque" financier trop important (en général un client sort de son appellation par un prix légèrement plus bas) et, dans un second temps que la surprise soit agréable pour créer la fidélisation.
Ce procéssus engage la crédibilité du caviste qui a la mission périlleuse de vendre moins cher un vin meilleur et qui vient de loin. Bref, autant de préoccupations que n'ont pas les grandes surfaces ou alors à une échelle bien moindre. Vous êtes avec quelques autres (mas baux, singla, roc des anges...) un fleuron avant-gardiste de votre appellation faisant exemple. J'ai l'impression que Auchan a beaucoup à gagner en crédibilité avec votre nom. Je suis, un peu comme vous, un jeune professionnel du vin, dont ce n'est pas le premier métier. C'est la passion qui m'anime et j'ai opté pour des marges réduites (parfois jusqu'à l'alignement au prix au domaine) afin que, du viticulteur au dégustateur, l'esprit d'une cuvée soit respecté.
Même si une tête de gondole vante avec force panneaux fluos l'esprit d'équité de votre Walden, il n'en restera pas moins collocataire des jambons gonflés d'eau et des brugnons durs comme la pierre des producteurs pris à la gorge. Un client en GD vulgarise son achat en le résumant au geste pavlovien du rayon au caddy. Qui va dire comment vous travaillez votre vigne, quels sont vos rendements, pourquoi et à quelle occasion votre vin est le bon choix pour le repas qui se prépare ?
J'espère que vous n'aurez pas trouvé mon billet trop désagréable, ce n'en était pas le but. J'aimerais seulement que l'on intègre dans le renouveau du vignoble Méditerranéen des cavistes modernes qui, de loin, font de leur mieux pour connecter les vignerons aux dégustateurs.
Bien que vous ayez d'autres choses (fantastiques) à faire, j'aimerais avoir une réponse à mon intérrogation. Merci.
Cher Monsieur, merci pour votre long post. Le projet Walden n'a rien à voir, dans sa nature comme dans son fonctionnement, avec celui d'une petite cave particulière comme l'est le Clos des Fées où les autres domaines que vous citez.
Dans notre garage, nous produisons 35 000 bouteilles. Nous n'avons pas fixé d'objectifs ni de limites au potentiel de production de Walden, qui dépendra avant tout de la volonté de ceux qui voudront nous rejoindre et participer au projet, tant au niveau des vignerons partenaires que des autres collaborateurs éventuels.Dans Walden, le concept de base est de pouvoir faire en sorte que le vigneron cultivant des vignes de qualité sur des terroirs peu productifs arrive à continuer de vivre de son travail. Il nous faut donc, à tous les stades de la production, réfléchir longuement pour arriver à limiter les coûts de production ET de commercialisation afin de les réduire autant que faire se peut, sans que jamais la qualité ne soit sacrifiée. Et de toucher le plus grand nombre.
Nous avons donc choisi de pratiquer un prix unique et une seule unité de vente, qui est la palette de 600 bouteilles. En voulez vous une ? Elle est a vous, au même prix que l'achète Auchan et aux mêmes conditions d'enlèvement et de paiement. Etes vous intéressé ? J'en doute. D'abord parce que petite entreprise, vous n'avez peut-être ni la place, ni trésorerie, ni la clientèle suffisante pour l'écouler. Ensuite, parce que vous devrez pratiquer, pour vivre, des marges tout à fait légitimes et que ces marges, pour les créer, vous n'avez que deux solutions : 1/augmenter le prix de vente, de 30 à 50 %, ce qui me semble tout à fait légitime compte tenu du service de proximité et de la qualité du conseil que vous prodiguez; 2/me demander de diminuer mon prix de vente, ce que je ne peux faire qu'en diminuant à mon tour la rémunération du viticulteur, qui alors, ne peut plus vivre correctement. Que faire alors ? La discussion est ouverte.
Un de vos confrères, tombé amoureux du vin et des valeurs qu'il véhicule, est prêt à acheter une palette. Mais combien seront-ils dans ce cas ? Et combien puis-je espérer vendre de bouteilles et rencontrer quelle clientèle ?
Je ne suis pas responsable de l'envie du consommateur de vouloir acheter au meilleur prix et dans un seul endroit tous ses biens de consommation. La société avance parfois dans des directions que je n'approuve pas vraiment, mais qui suis-je pour vouloir (et pouvoir...) la changer. Croyez bien que j'aurais aimé, comme je le fait depuis le début avec le Clos des Fées, travailler avec des cavistes passionnés et fidèles. Mais nous n'avons pas trouvé la formule magique. Du moins pas encore, j'espère.
Enfin, en ce qui concerne Auchan, je pense sincèrement que votre point de vue sur la volonté d'Auchan de se servir de mon "image" est plus proche d'une réaction affective que de la réalité des marchés. D'abord parce que je n'ai pas d'image, en dehors d'un petit cercle d'amateurs passionné et de professionnels très au courant de ce qui se passe dans le vignoble en ce moment. Après tout, c'est normal, cela ne fait que 8 ans que j'ai commencé. Ensuite parce qu'Auchan a vraiement d'autres tentations et d'autres chats à fouetter que de s'occuper d'un projet comme celui que nous essayons d'initier ici. Notre présence chez Auchan, c'est tout simplement la rencontre d'un acheteur, Paul-Edouard Pinte, qui a eu un coup de foudre pour le vin (et avant tout pour le vin...) et qui, de plus, a trouvé dans le projet une dimension humaniste qui, je pense sans lui avoir posé la question directement, correspondait à ce qu'il pense et à certaines valeurs auxquelles adhèrent les fondateurs et dirigeants de l'enprise où il travaille. C'est pourquoi il met même sa photo et sa recommendation sur la bouteille du millésime 2005 de Walden, ce qui pour lui est à mon avis plus un risque qu'un avantage. Je précise ici que pour autant, il ne m'a jamais demandé d'acheter une bouteille de Clos des Fées, ce dont je lui suis reconnaissant.
Enfin, étant à 100 % d'accord avec la manière, très dynamique, dont vous décrivez votre métier, une question me tarabuste : dans les centaines de bons domaines qui existent aujourd'hui dans toutes les régions françaises, pourquoi, alors que votre choix n'a jamais été aussi large, un caviste tel que vous "souffrirait-il" de ne pouvoir commercialiser Walden ? J'avoue avoir du mal à comprendre. Même au Clos des Fées, je n'ai pour l'instant jamais refusé une bouteille à un caviste, donc, en réalité, je ne vois aucune raison de développer une frustration. Mais peut-être n'ai je pas la bonne vision des choses. J'espère avoir répondu à votre question qui nous fait nous reposer des questions déjà anciennes. Walden est un projet ouvert, encore en gestation, pas encore viable. Qui sait ce qu'il deviendra. Merci en tout cas de vous y intéresser. P.S. : Walden n'est pas à proprement parler un projet de commerce équitable (dont on retrouve nombre de produits -café, thé, sucre...- en GD!), dans le sens actuel du terme. Pour moi, il s'inspire d'avantage des concepts développés autour de la médiation, c'est à dire du partage du "savoir", du "pouvoir" et de "l'avoir". C'est très compliqué d'expliquer ce que nous voulons faire et pourquoi nous souhaitons le faire. Je ne cherche pas à faire une ONG, ce n'est pas une association sans but lucratif, ni une coopérative. Bon, en fait, je sais pas trop où on va, mais c'est ca qui fait aussi le charme du projet ;-)))
Bonjour et merci de votre retour aussi rapide malgré votre emploi du temps.
Tout d'abord, avant même votre réponse, j'ai compris la complexité de votre concept à mi-chemin entre le commerce équitable estampillé et l'équité tout court. Tout cela dans une ambiance d'agriculture mourante.
Votre modestie vous honore lorsque vous vous comparez à des centaines de bons domaines. Et si j'avais envie de proposer vos vins à mes client ? Hein ! Je ne souffre pas de ne pouvoir vendre Walden, seulement la couverture faite autour de ce vin me donne l'impression que l'on invite le loup chez soi, dans sa salle à manger à déguster un bon gigot à la broche, alors qu'il se sert allègrement sur les faibles agneaux dans la bergerie. Pour résumer, ça paraît à contre courant de l'époque.
Je grossit sûrement le trait, travers de Marseillais ou utopie passionnée ?
Pour tout vous dire, ma frustration vient sûrement du fait que, dans ma petite tête, j'avais déjà imaginé un concept tel que le votre. Inutile de vous dire que Auchan n'était pas de la fête ! Non j'avais plutôt pensé à des coopération totale, incluant un maillon faible parmi les maillons faibles : le caviste "partisan" ou concerné.
Un concerné n'étant pas seulement un abruti bien entouré et, étant donné que je comptais passer vous voir à la fin du mois à l'occasion d'une tourné du vignoble, je me propose de jouer le jeu. Je réuni un volant de confrères et restaurateurs convaincu (sans jeu de mots) et nous vous achetons à votre prix une palette de Walden. Nous la vendons au prix fixé et ainsi, nous pourrons l'ouvrir à bon essient si notre talent de promotion est aussi grand que votre talent de production.
Merci de votre attention, bon courage et bonnes vendanges.
Ps : si vous voulez me contacter 0661382804
Merci de cette proposition. Vous serez le bienvenue, dans l'ambiance vendange et ses contraintes. Nous reparlerons de tout cela. Cordialement, hervé bizeul P.S. : il n'y a pas de "prix imposé" pour Walden. Chacun est libre de jouer ou non le jeu de la marge raisonnable...