Stress Ultime
Contrairement à ce que vous pouvez croire, le moment de l'année où le néo-vigneron que je suis est le plus à cran, c'est à la veille des mises en bouteilles...
Pas pendant les vendanges, pas quand son bureau croule de papiers à remplir, pas quand il faut partir à l'autre bout du monde essayer d'expliquer où est le Roussillon, non, tout ça, pour moi en tout cas, c'est de la gnognote à côté des mises en bouteilles.
Et les mises en bouteilles, c'est demain...
Il faut dire que mettre près de 30 000 bouteilles dans un garage ou l'on pourrait à peine rentrer trois voitures, c'est assez arrogant comme truc. Et oui, qui dit garagiste, dit garage et croyez-moi, notre garage n'est vraiment pas très grand. A l'heure où j'écris ces lignes, il est plein à craquer de bouteilles vides, de cartons, de capsules, d'étiquettes au point que je me demande chaque fois comment on va pouvoir glisser la chaine d'embouteillage dans le peu d'espace qui reste. Mais bon, on y arrive. Et les bouteilles pleines, me direz vous, où vais-je les mettre ? Et bien chaque soir, voire deux fois par jour, un petit camion vient les chercher pour les déposer chez notre entrepositaire. De là, quelques jours où quelques semaines après, elle partent dans le monde entier.
Pourquoi, me direz vous, autant de stress. D'abord parce que ce millésime 2004 que nous mettons en bouteilles demain, j'ai commencé à travailler dessus en novembre 2003, si l'on y pense. Il y a plus de deux ans... Et que bien que le vin ait été réussi, que le millésime ait été grandiose, bien qu'à chaque étape, on ait fait le maximum, et bien, encore, sur une simple erreur de mise en bouteille, sur un mors de boucheuse mal réglé, sur un lot de bouchons défectueux, sur une erreur de dosage de SO2, sur une mauvaise appréciation des turbidités, tout peut encore se casser la gueule. Et le vin perdre un peu, voire beaucoup, de ses qualités.
De plus, à vrai dire, en 8 ans, je n'ai jamais réussi à faire une mise en bouteille sans problèmes. Une fois ce sont les cartons dont l'impression est ratée. L'autre fois, ce sont les nouveaux modèles d'intercalaires qui ne rentrent plus dedans. Une autre encore, on se trompe de capsule entre les vins de pays et les AOC (ça, c'était la première année ;)). Ou la capsule, trop étroite, ne rentre pas sur les nouvelles bouteilles. Ou il manque un des éléments, non livrés. Ou l'imprimeur se trompe entre le degré de l'étiquette et le millésime de la contre. Ou, ou, ou, je peux faire une semaine de blog rien qu'avec les trucs qui peuvent foirer pendant la mise en bouteille.
Bon, pour me détendre, mon ami Christian me passe une adresse hilarante. Je vous la donne ICI vous conseillant la leçon 7 qui a pour titre « What about this French arrogance ? »
Bon, en attendant, je rigole, je rigole mais la malédiction de la mise en bouteille a encore frappé : un carton d'étiquettes s'est perdu dans le transport... On ne pourra pas mettre les contre-étiquettes U.S.A. sur les Clos des Fées. Et m......
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