Gros travaux en bande organisée

Bon, pendant que Yves et Corinne jouent aux esthéticiennes dans les vignes (enfin, jouent, c'est une image. Que ceux qui trouvent le vin toujours trop cher viennent écorcer une petite journée, ils changeront vite d'avis ;-), le reste de la bande s'occupent des gros travaux.

Fabien et Serge épandent 80 tonnes de fumier. Ca ressemble à ça.

Un gros tas de fumier de bergerie, un tracto-pelle pour charger un vieil épandeur qui semble en avoir vu bien d'autres pour faire voler la m.....

On a essayé beaucoup de choses et puis on est revenu aux fondamentaux : le fumier, rien de mieux, dans nos sols horriblement pauvres, pour permettre aux jeunes plants de profondément s'enraciner.

C'est moins pénible que l'écorçage, sauf le soir, quand on rentre à la maison le jour de la Saint-Valentin et que votre femme vous regarde en se pincant le nez ;))

A l'autre bout du Clos des Fées, une des « mines » de cailloux misent à jour par le bulldozer l'année dernière est soigneusement concassée. Deux passages de schisel, une sorte de grosse charrue, séparé chacun par un passage de concasseur traîné par un tracteur ultra-puissant.

C'est un prestataire de service qui, bien sûr, s'occupe de tout ça. Budget ? Environ 3 000 euro par hectare, mais ça évite la plaisanterie à la dynamite que je vous ai montré l'autre jour. On bouge certes les sols, dirons les puristes, mais on a plusieurs années devant nous pour relancer la machine avant la plantation, à coup de fumier, de semis et de labours légers. Ca ressemble à ça :

Le luxe, ici, c'est de pouvoir retrouver les vrais rythmes de la viticulture, c'est à dire de pouvoir se permettre de laisser reposer les parcelles cinq, dix, quinze ans, en fonction de notre ressenti, de nos envies et non parce que l'on manque de foncier ou qu'un quelconque contrôleur de gestion l'exige.

A la clé, une véritable bio-diversité, puisque sur les 15 hectares de l'îlot Clos des Fées, seul 5 sont plantés en vigne, le reste étant en bois, en sous bois, en landes, en jachère, en prairie fleurie et bientôt, pour certaines d'entres elles, plantées de lavande, de chênes truffiers, de noisetiers ou de vergers.

Qui, aujourd'hui, ailleurs qu'ici, peut se permettre d'autant respecter la nature et ses lois ? La bio-d, ne serait-ce pas avant tout la bio-diversité ?

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