Faire un trou, élégamment...
Bon, désolé pour le retard, mais on n'arrête pas en ce moment. Les palissages, la préparation de Vinisud, les commandes pour les mises en bouteilles du mois prochain et, pour arranger le tout, 80 tonnes de fumier à épandre, des parcelles à gyrobroyer, d'autres à concasser... bref, chose promise, chose due, allons-y pour les photos.
Chaque année, on refait quelques manquants sur les plantations du Clos des Fées. A l'époque, j'étais jeune et quelque peu arrogant, il faut bien l'avouer. Résultat, je ne préparais pas suffisament les sols avant la plantation. Aussi, aujourd'hui, il faut tenter de corriger cette erreur. On essaie donc de prendre davantage en compte un sous-sol qui n'est en réalité qu'une sorte d'immense nougatine où les amandes sont remplacées par des dalles de carbonate de calcium hyper dur, qui, j'allais oublié, sont souvent de la taille... d'une voiture.
Après avoir tout essayé, on a compris le truc et on y va désormais à la dynamite.
C'est très simple, je vous explique.
Après avoir fait un joli trou à la pelle et à la pioche, on atteint la roche. On prend alors une barre à mine, et on tape dessus pendant une bonne dizaine de minutes, afin d'essayer de faire un trou. Ca ressemble à ça, sans les halètements et la fatigue... Allez Edward, du courage....

Puis, quand on a fait preuve d'un courage GROS COMMME CA, on obtient un trou magnifique, dans ce genre :

Alors, on y met une bonne dose de poudre, en tassant avec précaution.

On prépare une mèche, avec un détonateur. Attention, si on pince au mauvais endroit, c'est les deux mains qui s'envolent. Alors, faut être très concentré...

On rebouche, on tasse bien et on s'éloigne le plus loin possible, en faisant bien gaffe à l'endroit où on a garé sa voiture et au sens du vent.

On allume, on a le petit film de l'autre jour. Après, autre modèle de barre à mine, pour enlever les cailloux. Puis un peu de terre fraîche pour tenter de refaire un peu les niveaux, et on rebouche, à la main, bien sûr.

Ensuite, on passe avec le tracteur et une bennette pour enlever entre les rangs les quelques tonnes de cailloux qu'on a sorti du sol.
Dans chaque trou, un plant prendra sa place dans un petit mois. Celui là a des chances de survivre. Les autres, ceux d'à côté, profiteront, on l'espère, des micro-fissures dans les dalles de calcaire pour aller puiser l'eau au plus profond.
Inutile de vous dire qu'il faut beaucoup de courage, une grande dose d'inconscience et surtout, surtout, ne pas vouloir faire les comptes du coût d'une telle opération.
Mais bon, quand on aime, on ne compte pas...
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