Au revoir les enfants...
Vingrau, samedi 31 octoblre, 7h du matin
-Hé bonjour Hervé, Tu es rentré?
- oui, hier, chère amie. Je parle à ma voisine, Jeannette, et à mon voisin, Michel, tout en tournant sur le petit pont, après la maison
- et tu repars ?
- oui, je vais à Shanghai...
La conversation me semble tout à coup presque incongrue... Sûr que la rue du Maréchal Joffre, village de Vingrau, France, n'avait sans doute jamais entendu un tel échange. D'habitude, c'est : tu vas à Rivesaltes ? ;-)
7 h 15, le soleil se lève sur le cirque, ses vignes aux nuances oranges et jaunes, ses Carignan flamboyants, presque rouges vifs. Le spectacle est sublime, la montée du cirque emplit d'émotions et d'un brin de nostalgie. La semaine prochaine, lorsque je reviendrai, ce sera trop tard : l'arrivée du froid, l'effet de la tramontane, les couleurs ne seront plus les mêmes. Tant pis pour cette année. Ce qu'il y a de triste, dans les saisons, c'est que ça passe. Ce qu'il y a de bien, c'est que ça revient.
Bon, je vous passe la route, l'aéroport de Toulouse, l'arrivée à Londres. Je suis au salon de British Airways, bien que voyageant en classe économique, par un de ces petits privilèges qui ne s'achètent pas et qui sont d'autant plus agréables. A la dégustation, un cabernet chilien, une syrah-grenache australienne, une syrah californienne (sud) et une syrah australienne. Difficile de se faire une idée tant les vins sont interchangeables, pommadés, sans personnalité, même celle du cépage étant gommée par une surmaturité envahissante et un élevage qui met en avant une sucrosité vulgaire et des arômes qui semblent artificiels. On dirait une jeune femme fière de sa nouvelle et très artificielle poitrine...Dieu sait que j'aime et je défends le raisin mûr, les tannins soyeux, l'équilibre acide, le boisé noble. Mais là, je suis effondré : c'est donc cela qu'il faudrait faire pour vendre du vin au niveau "international" ? Et moi qui pars en Chine, la fleur au fusil, avec mes vins si différents...
Bon, trop tard pour rentrer, de toute façon ;-) Je pars serein, tous les vins décuvés, les équipes au travail, l'invitation pour le grand tasting lancée.
Allez, je vais tenter de trouver la porte d'embarquement et de vous raconter un peu mes aventures du vigneron un peu naïf qui part à Shanghai. J'ai relu le Lotus Bleu, avant de partir, mais j'imagine que la ville a un peu changé;-)
P.S. Je n'arrête pas de penser à l'album de Sempé (mon idôle...), Par Avion, qui raconte l'aventure hillarante d'un sieur Martineau parti à la conquête de N.Y. C'est un livre à lire et à relire, un des piliers de ma bibliothèque.
P.P.S. : une caisse de Clos des Fées (6 x 2005, soyons fou !) à qui me fait boire un verre avec Sempé ;-) Personne n'a t'il donc de relations, sur ce blog ? ;-)
4 commentaires
Courage Hervé,
à Shanghaï ça devrait rouler avec une caisse de Clos des Fées et un clone de Jane Birkin. Par contre à Vegas ou Los Angeles ...faudra assurer avec les tours de poitrine des accompagnatrices. ;-)
cordialement,
Laurent
c'est bien beau toutes ces perigrinations mais qui va lire "les petites poules aux enfants" ?
Réponse de Claudine Bizeul...Hé bien, comme d'hab...moi!
alors tout va bien !
Merci Herve, pour nous avoir fait decouvrir tes vins, tellement delicieux ! et surtout pour ta compagnie et celle d'Yvan (j'irai volontier jusqu'a Gstaat juste pour boire une quille avec lui) ! quelle belle soiree mes aieux, haaa on s'amuse et vie bien a Shanghai surtout quand on recoit de belles visites de vignerons passionnes... a tres bientot en Roussillon ! (je veux gouter les olives !)