On the Road Again

Sur la route, encore..

Ou plutôt dans le ciel… Me voilà reparti pour mon World Wine Tour annuel ;-). Et cette année, il dure deux semaines… Au programme :  Dallas, New-York, San-Francisco, Montréal, Québec et Copenhague. Ne me demandez pas qui a mitonné tout ça, ce sont les circonstances, tout simplement. Une invitation au Québec, prévue de longue date, puis un voyage aux US, qui se greffe là desus et permet d’envisager un seul vol transatlantique. Et puis la promesse faite à nos amis Danois de venir leur rendre visite. Et c'est parti..


Là, tout de suite, me voilà dans le vol Montréal Dallas, en train de tapoter sur mon macbook. Il n’y aura guère que dans les avions, je le crains, que je pourrai écrire. Le reste du temps, c’est busy-busy.

Là, tout de suite aussi, je lutte contre le sommeil et la fatigue. Et je me demande bien comment vous imaginez le voyage d’un vigneron émergeant  du Roussillon à travers le vaste monde. Rien à voir en tout cas avec l’ambiance japonaise de nos amis du Grand Jury Européen, dont j’espère vous suivez les agapes à travers deux blogs différents. Tiens, au fait, je retrouve au Québec, dans une semaine, deux vignerons-bloggeurs parmi les plus sincères, les Dupéré-Baréra. A défaut de menus trois étoiles, nos deux regards croisés donneront, je l’espère, un éclairage particulier à nos aventures Québécoises.

Bientôt 18 heures que j’ai quitté Perpignan, sous un grand soleil et une matinée fraiche, un petit pincement au cœur en laissant femme et enfants endormis, une légère angoisse au ventre devant la perspective d’un aussi long voyage. Voiture jusqu’à Montpellier, puis Roissy, toujours en travaux et qui ne ressemble à rien, puis Montréal, puis longue attente pour la correspondance vers Dallas, où je ne suis jamais allé. Voyage inconfortable, nourriture sans idée, hôtesses et steward sans aucune attention réelle pour leurs passagers ni amour pour leur métier, on est sur Air France. Si François Mauss a un contact chez British, je suis prêt à changer de compagnie ;-). Accueil charmant, en revanche, à Montréal, du personnel de l’aéroport comme des policiers de l’immigration. j’y retournerai dans une semaine pour quatre jours de dégustation. Youpi. En attendant, American Airlines et, par chance, un vol à l’heure malgré les milliers d’annulations en cours à cause d’un problème de contrôle technique sur un type d’appareil dont j’ai oublié le nom. MD quelque chose. En attendant, l’hôtesse, qui ne doit pas être loin de la retraite, est charmante, serviable, gaie et souriante. Du coup, ça détend tout l’avion. A quoi ça tient… Allez, c’est promis, je vais essayer de sourire un peu plus pendant ce voyage. (Philippe, Joël, voilà, vous serez contents, comme ça ;-)

Ce soir, à l’arrivée à Dallas, il sera 21:30 PM, local time. Aurai je la force de manger un steak ? Il y a des ranch, à Dallas, non ? ;-) Remarquez, vu les antibiotiques et les hormones de croissance  dans la viande, autorisée ici, plus le soja 100 % OGM, j’ai pas envie plus que ça… Ne pas dormir, voilà le plus dur. Attendre d’être à l’hôtel, pour tenter d’éviter le jetlag. Parce que demain, à 7 heures, c’est parti pour le show. Bus, installation derrière ma petite table de dégustation, au milieu de dizaines d’autres vignerons, même pas de déjeuner prévu et départ le soir même, avec le groupe organisé par mon importateur, pour N.Y., avec sans doute un sandwich dans l’avion. Voyage, check-in, check-out, tasting, bus, re-avion : il n’y a rien d’un voyage d’agrément dans cette douce aventure, désolé de vous décevoir. Pas d’accueil VIP en perspective. On ne m’attend pas ici et le Clos des Fées est inconnu ou presque. La vérité est dans le verre, espérons que cela se vérifiera à nouveau tout au long de ce voyage.

Bon, allez, on va atterrir. Si j’ai le wifi à l’hôtel, vous aurez un voyage en live. Sinon, il y aura un décalage. Bonne nuit. Ou bonjour. Oh, je ne sais plus. 11h30, il est temps de dormir... 22 heures que je suis levé... A demain.

La bouche cabri

Voilà bien une expression réunionnaise qui a pris tout son sens lors de mon retour de Vienne...

La bouche cabri, c'est un peu l'oiseau de mauvais augure... C'est dire un truc, comme ça, sans y penser, et paf ! quelques minutes ou heures après, la chose se produit, et bien sûr, c'est le plus souvent une chose négative... Ayant échappé de justesse à la tempête qui balayait le nord de l'Europe (je sais pas si vous l'avez vu au journal, mais la vidéo de l'avion en train d'atterrir « en crabe » à Munich et sauvé par les réflexes du pilote était franchement impressionnante, ...), nous voilà dimanche de retour à Gérone après le meilleur vol Ryanair que j'ai jamais fait... Dans le parking de l'aéroport, devant la voiture de mes amis les Gauby, j'évoque notre passé commun : « pas loin de dix ans, non, que vous l'avez, cette Xantia ? Pas de pannes? On était pas allé en Hollande, ensembe, en 2000 ? », évoquais-je avec nostalgie et un brin d'angoisse... « Et oui, me dit Mélanie en riant, et elle tourne comme une horloge... D'ailleurs, elle sort de révision et rien à signaler...» Quinze minutes après, en panne sur l'autoroute, je savourais toute la subtilité de l'expression pour le moins de circonstance. : j'avais eu la bouche cabri ;-( A imaginer quelque chose, cette chose arrive... Vive la pensée positive... Assistance, dépannage, vous connaissez le parcours et, heureusement, le grand Gérard G. lui même en personne a laché son tracteur et est venu nous chercher afin de nous éviter un trajet indigne en dépanneuse ;-). A la frontière, c'est dimanche et bien sûr, une file sans fin de poids lourd, interdits de circulation en France, attendent de pouvoir passer la frontière et bloque tout... Quatre heures de retard, quand même, c'était juste ce qu'il me fallait pour ne pas voir mes enfants et couronner d'une belle cerise mon périple autrichien...

Le dernier jour à Vienne, je l'avoue fut plus doux que les précédents. Dans une forme o-lym-pi-que, je décidais de m'amuser coûte que coûte et, perdu pour perdu, de, comment dire, mettre un peu d'ambiance ;-) Assez déchainé, je l'avoue, dans un mélange de bonhommie et de patois franco-anglo-allemand, je proposais d'un air bonasse à tous les clients de passage de goûter mon vin, avec des attitudes dignes de Valérie Lemercier (mon idôle...). Le résultat ne fut pas vraiment couronné de succès, mais eut au moins le mérite de faire rire mes voisins pendant une bonne partie de la matinée. "Warum le Clos des Fées ?"... " Et bien vous voyez, avant, j'étais un prince charmant d'une beauté légendaire. Et un jour, à Vingrau, au détour d'un petit arpent de vignes entouré de pierres sèches, j'ai croisé une vieille courbée sous un énorme fagot. Ayant refusé de l'aider, elle sortit sa baguette et bling !, me voilà condamné à une légère surcharge pondérale et à errer, en Autriche, à la recherche de clients qui semblent tous ignorer où est le Roussillon ;-))). Pour noyer mon ennui, j'eus cependant droit, je l'avoue, à une belle visite du Palais Coburg (merci Luc) et de son back stage, challenge architectural remarquable, puis je trainassais un moment en visitant (guidé et surveillé par des vigiles à l'air agressif...), la cave des vins Français, celle des vins Autrichiens, celle dédiée aux vins du Nouveau monde (magnifique, en forme de carène de bateau) négligeant celles dédiées à Yquem ou à Mouton-Rothschild. Le Dom Pérignon Lounge me fit grimacer, avec son ambiance laquée noir et son affiche « Porno Chic » ou des mannequins à peine pubères et anorexiques se la jouaient « histoire d'O » avec de jeunes fils de mafieux au look bien Arien... Tout le monde n'est pas Karl Lagerfeld...

Au déjeuner, je me dis qu'il était temps de se lâcher un peu. Un demi Laville-Haut-Brion me remonta un peu le moral tout en descendant mon compte en banque. Le vin n'était pas vraiment au niveau des espérances d'un amateur de Sémillon comme je me targue de l'être, mais bon, la bouteille me fit bien rire : importé aux USA par Château & Estate, vendu aux enchères à N.Y, puis à Londres par Sothebys, le vin avait quelques heures de vol derrière lui... Je pensais au pauvre Jean-Claude Vrinat, avec qui nous parlions souvent de l'excellence des vins du Taillevent, conservés depuis l'origine dans des carrières glacées et humides... On me parlait ici d'une cave de 20 millions d'euros de stock... Que des vins achetés aux enchères... Que des étiquettes... Je me dis alors que je n'avais résolument pas compris cette facette de l'Autriche (tous ne sont pas comme ceux là, j'en suis sûr, enfin je l'espère de toutes mes forces...) et que j'aurai dû afficher ma revue de presse au mur, derrière moi, ou me mettre un gros badge sur le revers de ma veste, avec mon récent 93 chez Bob... Trop tard, je n'avais pas de schcotch double face...:-) Je décidais de lutter activement contre le spleen qui me guettait et partageais avec mes compagnes de déjeuner, charmantes, une bouteille d'un excellent Angélus 96, pourtant pas réputé pour être un des meilleurs millésimes de Saint-Emilion et qui, ce midi là, fut largement à la hauteur et même d'avantage.

L'après midi trainassant, je décidais d'un seul coup de boire le calice jusqu'à la lie, et de me concentrer à la dégustation studieuse de tous les pinots noirs présents ;-). Excellente gamme chez Faiveley, avec des 2005 de garde, sortes de diamants dans leurs gangue, que le temps taillera avec grâce, j'en suis certain. Très belle gamme chez le callifornien de l'étape, Au Bon Climat, avec à une extrémité des pinot arachnéens d'une grâce folle et de l'autre des pinot des champs, en bleu de travail, rudes à l'extérieur, aux mains calleuses mais au sourire franc, comme je les aime quoi. Beaux pinot autrichiens (je préfère les merlot/syrah), quelques, allemands un peu décevants ce jour là, un très beau Suisse avec l'ami Gantenbeim, toujours à la hauteur.

Le soir, n'ayant plus rien à perdre ni à gagner d'ailleurs (tous mes espoirs d'une petite cave ou même d'un mini-bar "Clos des Fées" dans ce temple de l'académisme bourgeois s'étant évaporé -:)), je m'offris une descente du grand escalier de l'hôtel, en musique, mémorable, au point que Line Renaud ne l'aurait pas désavoué. Soirée de fin sympathique, entre vignerons amis qu'il était doux de revoir, en faisant le debriefing du salon et en échangeant nos soucis et nos espoirs, qui se rejoignent souvent, quelque soit le pays. Ai trop bu. Ai bien dormi.

Ainsi se termine le récit du voyage d'Hervé Bizeul en Autriche, à la fin du mois de février de la belle et précoce année 2008... merci de l'avoir lu jusqu'au bout. Pour l'histoire, on notera que le récit de ma rencontre dans le hamam de l'hôtel avec un propriétaire d'un cru légendaire du Libournais, nus comme des vers, comme le veut la tradition du nord de l'Europe, fait l'objet d'un billet séparé, dont je demande expressément que la publication ne soit effectuée qu'àprès ma mort et la sienne ;-))

Ah, j'allais oublier. Première rencontre avec Beau-Frère, le vignoble de l'Orégon qui appartient à Robert Parker et à son beau-frère. Les vins sont plutôt bons, de facture assez classique. Une info cependant : Cher propriétaire de cru classé bordelais, si tu me lis, en cachette, désolé de t'apprendre cette triste nouvelle : Bob s'est fait opéré du dos, il est encore très faible, il se voit pour l'instant mal venir à Bordeaux pour les primeurs et se taper 200 vins par jour... Aie ! ;-))

Comment s'occuper en dégustation...


...quand personne ne s'arrête à votre table...

Voilà à quoi je pensais hier après midi pendant ce qu'il faut bien appeler une longue après-midi ;-)

Bon, cela va un peu mieux, bien sûr, comme souvent. Le bouche à oreille fonctionne peu à peu, les dégustateurs se donnent le mot mais il faut bien l'avouer, les autrichiens ne savent rien du Roussillon. On se croirait au Texas ;-)

A force de rester debout derrière ma petite table, je me suis mis à penser à des trucs bizarres, en particulier à ce petit livre si drôle que vous connaissez peut-être :


Quelques bonnes idées me sont donc venues à l'esprit.

1/ Le Jeu dit "du Louvre". De 14h à 15h30, j'ai pensé à m'entrainer à imiter la Joconde... Superbe idée, non ? C'est paraît-il l'incarnation du charme, alors, en prenant la pose, en tentant de reproduire son mystérieux sourire, les amateurs DEVAIENT tomber sous le charme, être irrésistiblement attirés ;-) Au bout d'une heure, j'y était presque... J'avais bien la position des bras, l'inclinaison du visage, le regard dans l'autre sens... Il me manque encore l'angle du regard qui est très difficile à faire, croyez-moi. Mais j'ai encore toute la journée d'aujourd'hui ;-). En tout cas, j'ai bien fait rire la famille Gauby ;-) Demain, avec mes voisins, je vais peut-être essayer le "Radeau de la Méduse" ;-)


2/ Le jeu des sosies. Fixer les dégustateurs qui se pressent devant le stand d'en face et chercher les ressemblances avec les gens du vin. Hier, je vous assure, il y avait au Palais Coburg le sosie de Michel Bettane; celui de Périco Légase mais plus calme; celui d'Olivier Decelle, le propriétaire du Mas Amiel, très chic en costume traditionnel bavarois; le sosie d'Alvaro Palacios, sans la guitare (oups, non, finalement, c'était le vrai Alvaro Palacios et il m'a fait gouté son vin ;-)). Un jeu super.

3/Le jeu des proverbes : chercher (et trouver), de mémoire, s’il vous plait, des proverbes ou des citations qui s’adaptent à votre cas où l’illustrent, en tout ou partie. Exemple pour hier :

« Qui va piano, va sanno »… Ca c’est sûr…

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »… Ca c’est dur…

« Rome ne s’est pas faite en un jour »… Hier, ca m’a vraiment aidé… Merci Maman

« Rira bien qui rira le dernier »… Bon, on dit pas quand ….

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point »… Encore faudrait-il pouvoir prendre le départ…

« Si tu vas pas à la montagne, la montagne viendra à toi » C’est logique, on comprend que ça va mettre un peu de temps ☺

« Tout voyage de mille kilomètres commence par un premier pas » En avant !

and the winner of yesterday is

 « on peut toujours emmener la vache à la rivière, on ne peut pas la forcer à boire ». Comment résister au poids d’une telle sagesse ;-)

Allez, j'y retourne. J'espère avoir d'autres idées aujourd'hui.  A moins que j'ai du monde ;-)

Thérapie (un peu brutale..) à Vienne

Remise de l’Ego à zéro... Voilà ce qui arrive au vigneron émergeant lorsqu’il voyage dans un nouveau pays où personne n’a jamais entendu de ses vins... Comme à Bad Ragadz, il y a six ans, j’ai l’impression de repartir à la case départ, voire à la case prison, sans toucher la prime du grand monopoly du vin ;-). Au milieu de marques légendaires de Bordeaux (l’Angélus, Figeac, Canon, la Mondotte, etc). Les visiteurs furent hier sans pitié. Ils passaient devant ma petite table avec un regard vide, même pas critique : pour eux, le Roussillon, au niveau des vins, cela n’existe même pas, il faut bien se l’avouer... D’ailleurs, chez les quelques cavistes visités dans la ville, en se baladant, pas un vin du Sud. Bon, la configuration du lieu, une cave incroyable et magnifique, une ancienne casemate, longue et étroite, fait que certains restent même quelques minutes devant votre table, attendant simplement que la queue pour un cru classé se résorbe, en refusant — poliment — de répondre à votre invitation à goûter votre petit grenache du sud ;-).


Bon, on va garder le moral, on a déjà connu ça et le vent a souvent tourné. On a beau se consoler en voyant que certains Espagnols ou Italiens légendaires dans leur pays et ailleurs dans le monde sont logés à la même enseigne, une chose est certaine, en Autriche, le chemin sera long et dur pour le Clos des Fées…


J’ai donc eu le temps de cogiter, hier, pendant cette après midi de dégustation « pot au noir ». Pour la première fois depuis longtemps, j’ai à peine réussi à vider une demi-bouteille; voyons là à moitié pleine, si vous le voulez bien, et disons nous que c’est toujours cela d’économisé.

Bon, à part ça, les autrichiens sont vraiment sympa. Un petit pays, 8 millions d’habitants, 3 % de chômage, une culture ancienne, une ville magnifique, et partout, le vin mis à l’honneur. Beaux verres, belles tables, belles cartes des vins, l’impression d’un pays d’esthètes se confirme le soir, lors du diner de gala qui a pour thème les vins du Sud. La table est vraiment jolie, alors, je fais une petite photo avec l’iphone à qui il manque un flash, c’est clair. Enfin, non, justement, c’est pas clair, mais je n’ai pas pu faire mieux ;-)



Bon, le nom du repas ne correspond pas vraiment au thème du repas d’ailleurs, parce que le sud, ce sera ce soir un triangle entre Lyon, Pau et Perpignan. Un melting-pot de Côte-Rôtie, de Châteauneuf, de Languedoc, de Roussillon et de Madiran. C’est vraiment le grand Sud ;-) J’ai la chance d’avoir une voisine restauratrice, parlant parfaitement français et de plus traduisant à merveille mes élucubrations, alors, la soirée rattrape la journée. Je l’interroge sur le pourquoi de l’intérêt étonnant des Autrichiens pour leur vins et leur passion pour le vin en général. Elle m’explique et me raconte que c’est la conséquence directe du scandale de 86, vous vous souvenez l’histoire terrible de l’anti-gel dans les liquoreux… Le pays a vécu alors un énorme électrochoc, tout le monde s’est mis au boulot, en direction de la qualité, au niveau du vignoble tandis que les habitants ont pris conscience de la valeur de leur patrimoine viticole et de  l’importance de sa préservation, de l’importance du vin au niveau culturel et social… Je ne peux m’empêcher de penser qu’un peu d’anti-gel dans les vins doux naturels aurait peut-être changé les choses… Qui sait ;-)

Allez, on va remettre la tenue d’explorateur, prendre son sac à dos, sa machette pour ouvrir un chemin dans la jungle, les tables de la Loi du Grenache dans l’autre ;-) et on va continuer à tenter d’aller évangéliser quelques mécréants au soyeux des textures, à la subtilité du fruit frais et à la sensualité des vins du Roussillon ;-) Haut les cœurs !

Migration de printemps ou le vilain petit canard en Autriche


En cette belle matinée de février, me voilà donc, cher lecteur à Vienne, Autriche.


J’avais de la place dans ma valise, alors j’ai pris mon macbook. Un bon moyen de faire des billets en temps réel. Un récit de voyage, fait à la maison, au retour, n’a pas le même sel qu’un « journal » de voyage, fait au jour le jour. Je ne  garantis pas, oh, cher et mystérieux lecteur, deux ou trois longs feuillets chaque jour, mais deux ou trois petits billets, qui sait... 
Hier, donc, après un improbable et miraculeux Gérone/Bratislawa par Ryanair, qui m’a évité je ne sais combien de changements et de lourdes dépenses imputables, vous vous en souvenez, au grand malade d’Air France qui a pris Perpignan en grippe, me voici donc en Slovaquie. L’aéroport de Gérone commence à ressembler à celui de Barcelone et, à chaque visite, j’ai l’impression qu’ils ont construit un nouveau parking. Pas de revues françaises au kiosque à l’exception de "Voici" que j’ai bien sûr feuilleté. Après une bonne semaine d’assemblages, me voilà en train de réfléchir à quoi pourrait ressembler l’enfant de Mélissa Theuriot et de Jamel Debouzze, qui, paraît-il, pensent à se marier. Le vin, ça rend fou ;-). Deux heures de vol plus tard, nous voilà partis pour une promenade d’une soixantaine de kilomètres dans un immense champ éolien. Des centaines, au bas mot, voire des miliiers d’éoliennes se dressent, dans un alignement chaotique, dans les champs de la campagne Slovène, puis Autrichienne, dans une région qui doit être sacrément ventée. Elle l’était en tout cas ce jour là. C’est simple, en descendant de l’avion, après une descente musclée et un atterrissage rock’roll, on se serait cru à Perpignan, avec un vent à décorner les bœufs. Avant de monter dans la navette, j’ai eu cependant le temps de savourer ce vent dont je ne connaissais pas le nom. Je le demanderai au retour, tiens. Vivant dans une région qui s’enorgueillit de 200 jours de vent par an, je deviens amateur ;-) Une Tramontane, un Marin, un Narbonnais, toutes ces brises ne vous caressent pas la peau de la même façon. Ce vent Slovaque avait quelque chose de différent, de sauvage, de nerveux, d’inhabituel pour moi, balayant le tarmac de petites rafales rageuses et agressives. Me voilà connaisseur en vent, maintenant ;-)

Bon, je musarde sur l’arrivée, parce que l’événement que j’ai à vous raconter pendant cette fin de semaine commence aujourd’hui. Hier, donc, simple et rapide petite balade dans la vieille ville, avec ses magasins typiques, :  Zara, Marionnaud, H&M, Lacoste, Macdonals ;-). Faire du shopping en Europe n’a plus de sens, sauf à vouloir s’acheter des tenues locales folkloriques. Je sais, chère lectrice, tu m’imagines volontiers en bucheron autrichien, en culotte de peau et bretelles décorées ;-). Mais ce n’est pas pour ce billet;-). A part ça, de très beaux magasins de meubles contemporains et des antiquaires comac. Mais bon, les meubles, sur Ryannair, c’est pas vraiment leur truc. Déjà que j’ai dû payer pour 1 kg de dépassement de bagage ;-). J’ai vu aussi un très beau jacuzzi hors sol, au prix d’une Ferrari. Et un truc électrique, vous savez la trottinette à deux roues avec le stabilisateur auto. Ils les louent. Je vais peut-être essayer ça, si je trouve un moment… Ah au fait, dans la famille Gauby, sont cette fois ci du voyage la mère et la fille et, donc, avec Ghislaine et Mélanie, comme nous plongeons tous les trois volontiers dans le même pêché de gourmandise, on s’est quand même fait une petite ventrée d’apfelstrudel. Ah, pas de Sacher Tochte, bien qu’on soit passé devant. Vous je sais pas, mais moi je trouve ça sec…

Or donc, me direz vous, arrêtons là les préliminaires et passons au vif du sujet. Me voilà invité par le Palais Cobourg à son événement vin de l’année, le fameux WeinFestival. Comme à BadRagadz, l’année dernière, impossible, ici, de « vouloir » venir. On y rentre sur invitation, sans rien payer, au passage. De fait, vous l’avez compris, on côtoie  le gotha de la viticulture mondiale. Me voilà donc, petit vigneron paysan du midi, à me mélanger avec ce qu’il faut bien appeler un autre monde, celui des grandes familles historiques italiennes, des grands crus classés bordelais où quand on parle de 55, c’est bien sûr de 1855 qu’il s’agit, de vignerons autrichiens qui sont de véritables dieux vivants dans leur pays, j’en passe et des meilleures… Le tout sous les ors et les lustres du Palais Cobourg, l’un des plus beaux palaces européens, celui en tout cas ou le vin tient la place la plus importante. Le genre d’endroit où on a jamais les vêtements qu’il faut, si vous voyez ce que je veux dire ;-)Espérons que les vins seront à la hauteur. Bon, je vous laisse, j’ai rendez vous avec mon copain, le Comte Von X (ce blog doit rester discret ;-), pour le petit déjeuner. Après, direction la salle de bal. Je repense à ce que disait ma grand-mère, premier au village, dernier à la ville. Espérons pour une fois qu'elle avait tort!

P.S. : le programme du weinweltfestival ici.

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