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Grenache Symposium - D day - Colloque 3

Le thème, c'est "Art of a good Grenache". C'est notre ami de Boony Doon, Randall Grahm qui mêne la danse. Ca devrait être drôle et intelligent. Ca l'est ;-)

Les mots qui définissent un "bon Grenache" : Élegance, complexité, juicy, lien au terroir

C'est en fait un cépage "caméléon", un second rôle, un peu complexé (cf Zélig, il ne manquait plus que Woody Allen ;-), la question est comment le mettre en lumière ?

C'est un vin de culture. Test de Rorschach : bois un grenache, réagis, je te dirai qui tu es. Pas bête, hein ?

Je note en vitesse d'autres mots : tradition vs modernisme, importance du climat, variation des modes de culture (cordon/gobelet), de l'élevage, de la levure, type de vin différent selon qu'il est industriel, que c'est un vin qui fait plaisir au vigneron ou qu'il est fait pour un consommateur "idéaliste" (sic) ou un journaliste (re-sic), c'est clair, le grenache est un Caméléon.

Le pannel fait une différence entre vieux monde et new world.

Vins d'efforts et de terroir (de sacrifice ? C'est de moi, hein ;-)
Dans le vieux monde, il y a une empathie au terroir, l'expérience depuis des siècles, massalles sélection et enfin, plus l'appellation est prestigueuse, plus on est protectionniste et on a du mal à bouger. Ca fait mouche.

New world
La liberté du choix, l'adaptabilité à la demande. C'est vrai aussi.

Randall parle de sa DS21 : le vin est pelucheux et souple comme le siège arrière de sa voiture. Il souligne l'importance du mystère et de la typicité, souligne combien le grenache est intégré dans la culture gastronomique ou il semble être LE vin pour accompagner une cetaine cuisine. En france, on en parle comme un cépage sensuel, symbole du plaisir, proche d'une certaine décadence...

Dans le nouveau monde, on construit au fur et à mesure qu'on avance (dans ma tête, je pense que je suis un peu new world aussi, finalement ;-), le vinificateur du nouveau monde dirige plus le style de leur vin, ils plantent en terres vierges, ont le choix de leur terroir, accès à l'irrigation, une liberté totale (et la responsabilité qui va avec). Le panel insiste aussi, à juste titre, sur les structures financières différentes, plus grosses, plus ambiieuses, orientées vers la rentabilité rapide, ce qui donne des vins plus commerciaux, plus compréhensibles aussi par un large public, en particulier débutant.

Chaque donc vient avec son devoir... Ca c'est vrai.

Comment améliorer la production de bons Grenache ?
- stress hydrique : il en faut mais contrôlé, donc pour l'irrigation dans l'ensemble, sauf dans les vieilles vignes grâce au système racinaire profond. Bourguignon nous a montré une photo spectaculaire ce matin...

- gestion de l'alcool : déséquilibre possible et la question est donc essentielle car le cépage  se trouve sur la ligne étroite entre la rusticité et la finesse (on est sur le fil du rasoir, c'est clair). En terroir plus frais, il a plus de finesse (pas d'accord du tout, mais bon...). On est habitué au Grenache méditérannéen, différent de celui d'autres zones climatiques, pourtant intéressant, concurrent aux expressions classiques du cépage dans le Sud de la France.

La qualité ? C'est un jeu subtil entre le voluptueux et la minéralité. Ca semble difficicle d'éliminer le fort degré en parlant d'équilibre.

Messages : gastronomie, bien servir à la bonne température (dans les bons verres..), Language descriptif rapide, on va vers les épices, la réglisse, la fraise, la cerise,

Ils proposent un "road show", voyage du grenache, world tour avec tous les tops producteurs. Un vœux pieux, j'en ai peur... De toute façon, je serai pas invité...

Randall lance une image qui tue ;-) : il y a des athlètes body buildé et des maitre en aiko;  Ah, voilà Bruce Lee... Parait pas puissant au premier abord, mais a le pouvoir et la puissance cachés, moins évidente parfois au départ, mais se révèle au vieillissement. 

Une jolie note de kung fu, ça vous termine une intervention avec grâce... ;-))  Des questions, mais pas passionnantes.

Grenache Symposium - D day - Colloque 2

Deuxième compte rendu.

Ça prend une autre tournure, avec des australiens très en forme. On apprend en passant que l'industrie du vin en Australie est de la même taille que celle de la Sicile. Amusant.

Le Grenache vs les autres cépages du monde. Longue énumération de mots.

Le cépage serait rustique, divers, élégant, délicat, authentique, réel, amical, versatile, food-friendly, vibrant, fragile (c'est du Alvaro Palacios type, dans le texte, ça. Ce gars est un génie). Il est humble, aussi, mais oui. Je l'adore ;-)

Il faut bien choisir son terroir avant de le planter et son clone aussi (faut dire qu'il y a peu de choix qualitatif...). En Australie, le Grenache est moins payé au kilo que d'autres cépages, donc, on l'arrache aussi (ça rigole pas, là bas).

Ils confirment que la sélection clonale est très imparfaite et basée sur la recherche de production et non de qualité. Mais même de grands producteurs qui font des massales plantent aussi des clones un peu productifs pour un peu de sécurité économique.

Il ne peut pas être planté partout. Exige des sols bien drainés, est sensible au mildiou (???), le gobelet est le choix du roi. serait planté à 3 x 3 en Australie (c'est vraiment un autre monde, on est à 1,5 x 1,5 en Roussillon sur les Vieilles Vignes ;-)

Des solutions, des propositions.

il faut que les acheteurs payent plus le Grenache au kilo.

Le marché manque d'icônes, de vins "benchmark" pour la réputation du cépage (je m'y emploie, pourtant...)

Le cépage manque de communication, il a peu de place dans la presse

Mais le panel pense qu'il doit rester rare pour trouver sa place sur le marché et dans le cœur des amateurs.

Le grenache ne voyage pas facilement, il est beaucoup moins adaptable que d'autres cépages et ne pourra donc jamais être vraiment aussi international que la Syrah ou le Merlot.

C'est avant tout un cépage qui est considéré comme donnant des vins d'assemblage, mais les plus grands représentants du cépage sont des purs ou presque.

Une belle pyramide est projetée. Comme l'australien parle vite et fait des mauvaises blagues en permanence, je suis largué..

En haut, une petite pointe de pur grenache, low yields moins de 2000 kg, élevage, aptitude au vieillissement


A milieu, un grosse moitié, de grenache "normaux", demi corps, boisés ou pas (normaux, quoi)


En bas, le reste pour du rosé.

Bof.

Le mot pour un grand grenache : équilibre (achieving balance). Serait sensible à l'oxydation (pas chez nous en tout cas...)

On note un des problèmes détectés : l'intensité colorante est un vrai problème; la tendance mondiale, c'est plus c'est coloré, plus c'est bon et c'est donc pourquoi souvent on rajoute un autre cépage pour le foncer = qualité

14 16 ° serait la balance idéale pour la maturité. Ça va trop vite...

Pour les vinifs, vendange manuelles , t° contrôlé, attention au SO2, vieillissement privilégié en grand contenant, type foudre plus que barriques (suis pas d'accord bien sûr avec ce genre de raccourcis définitifs).

Zelma Long prend le micro. C'est une pointure du conseil œnologique (autrefois chez Simi, toute une époque...)


Elle évoque la richesse de la discussion, on dirait qu'ils étaient pas du tout d'accord entre les points de vue américain, australien et espagnols. On s'en doute un peu...

Pour elle, la maturité phénolique est essentielle (Alain Razungles intervient très intelligemment après pour préciser que la maturité phénolique, ça n'existe pas; c'est génial, personne capte...). Pour elle le grenache n'a fatalement qu'une acidité basse. (bon, en même temps, on se gardera bien d'évoquer le tartricage, associé au cépage pourtant depuis que l'acide tartrique existe...). Impossible pour elle de faire un grenache grand vin en dessous de 14 °. Étonnant que personne ne parle de l'acidité volatile, je pose la question, on y répond pas...

Pour elle, le Grenache est en "période de transition", on passe de la quantité à la qualité, sans doute pour ça que les surfaces diminuent (elle doit pas être souvent dans le Sud de la France...). Pour Zelma, le Grenache produit des vins de réputation mondiale (c'est gentil).  Vu les faibles rendements, les vins doivent être chers pour rémunérer les vignerons (tous le vignerons dans la salle grognent de satisfaction...). Similitude avec le pinot noir. Je crois qu'il n'y que dans le Roussilon qu'on dit qu'un bon grenache "pinote". Hier, Alvaro Palacios m'a fait une géniale sortie, parlant avec une grande virilité et beaucoup d'émotion de la "fragilité" du cépage. Lui, il a compris... Je ne le dis pas, mais finalement, pour comprendre le grenache, faut-il être "latin" ? Alvaro, si tu me lis, respect et humilité.

Très peu de viticulteurs utilisent apparemment le bois neuf, sauf un du panel (et moi. ;-).

Thelmo rodriguez intervient , exprime la volonté du panel de garder le grenache comme un raisin rare et unique, pas international. Il ne souhaite pas de vins de concours, mais plus de subtilité.

Questions que j'ai pas eu le temps de noter.

Grenache Symposium - D day - Colloque 1

Deuxième jour, les comptes rendus des différentes commissions. On va essayer de le faire billet par billet, commission par commission, un peu en style télégraphique, en temps réel...

Premier thème, le grenache en temps que cépage...

4ème cépage dans le monde. Mais est en diminution et ne représente plus que 200 000 ha. La France, 90 000, l'Espagne, 80 000. Le reste essentiellement en Californie, en Australie, en Afrique du Sud, un peu en Sicile (on a un peu oublié à mon avis l'Afrique du Nord...)

Pour le panel, le Grenache, c'est un peu la "Girl Next Door", la fille de ses rêve qu'on cherche alors qu'en fait c'est sa voisine qu'on a pas remarqué. Ca plait à tout le monde, ce concept. Le bonheur est à coté de nous, on le voit pas parce qu'ailleurs l'herbe est plus verte...

Même à moi, ça me plait bien. Bon, on reprend.

Il n'y a pas de monographie sur le Grenache, comme il y en a sur d'autres cépages. Ça manque.

On ne connait pas vraiment son origine, ni sa filiation génétique. On pense qu'il vient d'Aragon, mais rien n'est sûr.

Il y a une collection en France, environ 350 clones, une au Portugal. Mais pas de database, qui manque aussi aux chercheurs, et donc difficulté de travailler sur la multiplication des clones adaptés et qualitatifs

Pourquoi pas des hybrides, comme le Marselan qui donne des bons résultats.

Le Grenache est très bien adapté à la sécheresse, il n'a pas besoin d'être irrigué, et donc, il est intéressant par les temps qui courent et éco-friendly.

Il vit très vieux, c'est un des viti-viniféra qui vit le plus vieux (140 ans, pour les plus vieux connus), entre autre parce que très résistant aux maladies du bois.

Pas besoin d'un grand palllisage (ou pas du tout quand il est en gobelet...), donc, facile à installer en zone caillouteuse (celui qui a planté un jour un palissage dans les cailloux comprendra...)

Peut faire des vins léger, à bon rendement en zone fertile, s'adapte aussi fort bien aux grands terroirs à faible rendement.

Assez productif et vigoureux en début de vie, peut donner des bons rosés les premières années, puis, vers 6/7 ans, quand le système racinaire est bien développé, commence à faire des vins à forte expression.

Souvent planté en foule (rouge, gris, rosé) en particulier en Roussillon. Ces parcelles font parties des plus anciennes vignes connues, c'est leur signe de fabrique.

Le Grenache est à l'évidence un grand cépage d'assemblage. Arômes fruités succulents, parfait en assemblage avec Syrah et Mourvèdre (GSM) à qui il apporte de la rondeur. C'est un peu le "merlot" du sud (toute la salle tique un peu), le "grand frère qui protège", apporte une grande capacité au vieillissement (discuté, d'autres pensent que ce sont les autres qui apportent au Grenache), beaucoup plus de toute façon que la Syrah (une dizaine d'années de potentiel sauf rares exceptions), plutôt 30 sur les grandes cuvées.

Il ne pousse pas partout, il lui faut vraiment un biotype "Méditerranée". Tout le pourtour de la Méditerranée, l'Afrique du sud, très adapté, en Californie, la région de Santiago au Chili, la zone Perth en Australie, l'ile sud de Nouvelle Zélande. Difficile en chine. Il faut un stress hydrique d'été.

Sont ensuite proposées des pistes pour réaliser études monographiques, analyse génétique, mettre en relation des collections

Gestion de l'eau remarquable. Dès qu'il sent la sécheresse au niveau des racines, il ferme les stomates et dirige la sève vers ses enfants, les raisins. Cette capacité à gérer l'eau est unique.

Suivent une série de questions /réponses assez intéressantes, trop compliquées à vous retranscrire, avec des questions sur la sécheresse, le degré, les précurseurs d'arômes, les composés aromatiques, etc. On retiendra que les porte greffe doivent être traçant, que le 110 R et le 101/14 sont privilégiés, que l'enracinement profond ne peut se faire qu'en terrain rocailleux, pas en terrain profond, que le 161-49 semble une piste intéressante.

On change de panel.

Grenache Symposium - D day

La journée continue et s'achève par un tasting.

Dégustation des vins de tous les vignerons présents. Autour de moi, rien que des pointures. Des Parker 100 comme s'il en pleuvait. Y'a qu'à taper dans un caillou pour en voir sortir un ;-)

Bon, faut y aller et rentrer dans l'arène, Bizeul. Au menu, Vieilles Vignes Blanc, le 2009 tiré de la cuve à une semaine de la mise, et la petite Sibérie 2007. Un grenache blanc et gris, donc Grenache pur, finalement très rare et un 97 % grenache, mono cru, ce qui est unique ce jour là. Voyons comment il vont se comporter...

En moi, je cogite dur en attendant les clients qui vont bien sûr, comme d'habidude, vers les étiquettes. Mes vins vont il donner du plaisir ? Vont il donner envie de voler une bouteille et partir, là bas, près de la fontaine, pour boire un coup ? Voilà l'important. Je suis las de ces "rat race", de ces "courses de rats" ou il faut un gagnant et beaucoup de perdants....

Et bien ça le fait, mes amis et mon métier prend alors tout son sens. Je pense beaucoup à tous mes collaborateurs, qui se démènent au quotidien, mouillant leur maillot, épuisant leur dos, se levant à l'aube qu'il fasse trop chaud ou qu'il fasse trop froid. Voilà pourquoi, les amis, on bosse autant : pour que des gens qui ont tout bu aient encore, tout d'un coup, l'envie de boire, l'envie tout court, le désir d'avoir une bouteille alors qu'ils ont déjà tout...

Le blanc 2009 est sans aucun doute le meilleur blanc qu'a jamais fait le Clos des Fées. Il doit beaucoup à Serge. Merci Serge ;-) Et bien, alors que personne ne connait ici le domaine, il attire bientôt les convoitises. Ce n'est pas un grand vin, c'est un vin simplement délicieux. Que demander de plus, en vérité ? Steven Spurrier passe, toujours aussi gentil. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps, des années en fait, et nous évoquons l'académie du vin, le passage de la Madeleine, Paris il y a trente ans. Toujours amusant de voir que, finalement, les gens que je connaissais le mieux auront mis plus de temps à me voir comme vigneron. Changer de métier, changer d'image, rien de simple. "Qui importe ton vin en Angleterre ". Justerini and Brooks. "je vais les appeler pour en acheter dès mon retour". Je ne sais pas si tu le feras, cher Steven, mais ça m'a fait plaisir et c'était sincère.

Le bouche à oreille se fait gentiment et, rapidement, le blanc devient le chouchou de la soirée. Je suis fier pour le Roussillon, fier pour le Grenache. Ah bon, c'est un cépage d'assemblage ? ;-)

Célia finira de me l'ensoleiller, ma  journée. Célia est serveuse, elle a passé sa journée à nous servir, avec son attitude gracieuse de petit lutin espiègle et tout à la fois attentif et détaché. Elle goûte, passionnée, comme un petit oiseau vient voler des miettes sur la table de votre petit déjeuner. La dégustation se termine. Elle revient vers moi et prend à deux mains la bouteille de petite Sibérie, dont elle n'a jamais entendu parlé avant aujourd'hui. "I want a bottle of THIS wine. How mutch is it ?". Ma pauvre Célia, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : 200 euros. Tout le jolie visage de Célia exprime en quelques instants la surprise, la déception puis la décision définitive : "tant pis, je sais pas comment je vais faire, mais j'en veux une ! I'am a true girl !

Merci chère Célia. Tu ne le sais pas encore, car je vais te laisser, si tu veux bien, un peu dans l'incertitude demain – parce qu'il n'y a rien de mieux que l'attente, tu le découvriras en vieilissant - puis bien sûr, je vais te laisser une bouteille de petite Sibérie, gratuitement. J'en ai ouvert bien d'autres à des gens qui n'avait pas ta passion, ton instinct, ton enthousiasme.

Voilà pourquoi je suis venu, pour ce type de rencontre, d'évidence. Tu m'auras donné bien plus que ce que je te donne. Tu me dois rien, crois moi.

MAJ : ce matin, j'écoute par hasard (mais y a t'il un hasard ?) en me rendant au symposium, le journal de France Inter. Un gars a écrit sur le bonheur,un livre que je vais acheter. Il dit que le bonheur, au final, c'est la rencontre de l'autre. Je repense à Célia et à la joie qui va être la sienne, qu'elle communiquera à un ou une autre et ainsi de suite. Il dit que le bonheur, c'est se sentir "d'humeur Champagne", citant Rosa Bonheur. Génial. Comme c'est vrai. Ca va faire pétiller ma journée. Il donne aussi sa devise, celle qu'il a découvert en faisant le livre est qu'il a fait sienne, d'un poète Persan : "ne me donnez pas d'eau, donnez moi la soif..."

S'il te plait, mon Dieu, fais que je garde la soif, l'envie de la rencontre de l'autre...

Grenache Symposium - D day

Et bien nous y voilà, de retour à la Verrière, la magnifique propriété de Xavier et Nicole Rolet. Et oui, le Grenache Symposium est une initiative privée. Pourtant, je ne crois pas avoir jamais vu en France réunis un tel panel de grands vignerons et de grands journalistes spécialisés venus du monde entier, pour travailler et échanger.

Je me sens tout tout petit et comme d'habitude, une grande question m'assaille : quelle est donc ma légitimité d'être ici ? Au milieu de vignerons de légende, au milieu de gens qui ont tellement plus de connaissances que moi.

Bon, je me laisse gagner par le charme et la beauté du lieu, un des plus beaux, des plus harmonieux que je connaisse. Partout, des rosiers anciens, en fleur, dont le parfum m'assaille.

Qu'est ce que le VRAI luxe ? Avoir dans sa vie une roseraie. Avoir du temps pour y rester, à rêver, à parler avec des amis chers et humains, un verre de bon vin à la main.

Je prends un moment pour rêver, alors que la lumière et la chaleur arrivent, sur un ces bancs si beau, si simple, qui m'évoque une réunion tribale en pensant à mon passé, à tous ces métiers étonnants qui m'ont amené, peu à peu à devenir vigneron et à, peut-être, avoir quelque chose à dire.


La journée commence, remarquablement organisée. Devant un café, je serre des mains, certaines bien connues, mais parfois pas vues depuis longtemps, d'autres qui sont pour moi des noms "cultes", comme Dave Powel de Torbreck, que je rêve de rencontrer depuis longtemps.


La journée est lancée, me voilà à nouveau dans la roseraie, dont les senteurs me rendent gai et aimable ;-), en train de réfléchir avec un groupe international à "l'image du Grenache chez les consommateurs", avec comme but de proposer des solutions pour la développer (ou la créer...) et l'améliorer.

C'est en anglais, mais avec des japonais ou des indiens, donc, je comprends ;-) presque tout. Avec les Australiens, forget it ;-)

J'écoute avec attention les avis de chacun. En résumé, que ce soit en Chine, en Inde, dans toute l'Asie ou ailleurs, le Grenache, globalement, personne ne connait. Ça commence bien.

Bon, demain, si j'ai le courage, je vous ferai un compte rendu en temps réel du résultat des commissions.

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