États d'âmes et opinions
Bien qu'on soit le 2 et le Vendredi Saint, rions encore
Chaque année, la page du premier avril de l'Internaute manque me faire tacher mon pantalon.
A ne pas lire au bureau sous peine de passer pour un débile. Enfin si vous avez un brin d'humour. A lire lentement, pour en savourer toutes les nuances.
C'est ICI. Bon Week-End, les amis.
Quelques nouvelles de plus, toujours en vrac...
Surtout des scoops, en fait.
Vu des hauts responsables de la RVF, par hasard, en achetant des macarons. Ils interviewaient la pâtissière de Saint-Émilion. Après Karl Lagerfeld, qui déteste le vin et Alain Juppé, qui adore manger et picoler, elle fera la prochaine une de la revue, son avis, comme les deux précédents, étant jugé comme essentiel... Le scoop, c'est que désormais, la RVF ne goûtera plus que les vignobles labourés, sur l'inter-rang, pendant cinq ans, puis sur le rang, à compter de 2010. Pour les autres, interdit désormais de RVF ! Ceci vaut pour tous les vins vendus plus de 10 euros public, sauf à prouver que c'est impossible ou trop cher ou trop technique, comme à Banyuls, par exemple. Les jeunes vignerons qui s'installent auront un petit sursis. Saluons cette initiative qui va remettre les choses en place et obliger les vignerons à sauver - un peu - la planète et certains à se lever le cul pour exprimer un peu leur terroir. L'opération est sponsorisée par Décathlon et les journalistes, obligés les pauvres à mettre désormais les pieds dans la boue, échangeront costume et souliers vernis avec une tenue plus sport, des chaussettes bien chaudes et des chaussures de marche. Bravo.
Vu aussi de très hauts responsables de Bettane-Desseauve. Là, la nouveauté, c'est l'application du "bouclier-vinique" (nom provisoire). Les propriétés seront désormais séparées, lors des dégustations à l'aveugle, en deux camps. Brièvement, car les règles de calcul sont apparemment complexes, les riches seront séparées des pauvres : ceux qui doivent vivre de leur travail de vigneron, faire manger leur famille et payer les études des enfants tout en économisant pour transmettre la propriété d'un côté, dans une catégorie; dans l'autre, ceux qui font du vin pour s'amuser, pour défiscaliser, pour satisfaire un ego démesuré, pour briller en société, avoir un statut social et construire un plus bel ascenseur en verre que "l'Autre". Oh, il n'y aura pas de handicap à proprement parler, mais au moins, on pourra choisir entre donner son argent à l'un ou à l'autre. Les critères de dégustation, en revanche, seront différents : aux riches, on demandera, enfin, de prendre tous les risques, d'exprimer vraiment une différence, une nouveauté, un esprit, un terroir. S'ils se contentent de rester dans la masse, de faire des vins d'une banalité crasse, à la recherche d'un archétype ennuyeux, ce sera la fessée médiatique ! La nouvelle règle devait entrer en vigueur dès les primeurs 2009, mais vu la banalité et la caricature de certains vins aux moyens pourtant illimités, elle est remise à un peu plus tard...
Cassé la croûte avec le réalisateur d'un "diner presque parfait", croisé par hasard au café, ancien pote de quand j'avais un blouson Canal Plus et un scooter rouge et où je la ramenai parce que je connaissais Jean-Luc Delarue : M6 prépare "un diner presque parfait" avec cinq propriétaires de grand crus et assimilés, un en Médoc, un en Graves, un à Pomerol et deux dans la misère. Les deux derniers ont déjà été trouvé, tant la situation est catastrophique en AOC Bordeaux. Ils sont ravis de recevoir, malgré tout, à la fortune du pot. Les autres, c'est plus compliqué.
Sous le sceau du secret, il me demande si je ne veux pas participer à une nouvelle émission de télé réalité : "belle avec ses forts degrés", un dérivé de "belle, grosse et nue" ou un nom comme ça. Le challenge est de s'afficher avec fierté avec ses forts degrés, 14, 15, 16 même, de les assumer publiquement; de montrer à tout le monde ses proportions harmonieuses et l'équilibre de ses formes, si douces surtout avec un peu de volatile pour équilibrer le tout. Je reste songeur. Je vais en parler à ma femme. Ça aurait été bien l'année dernière, mais cette année, tous les bordeaux font pas loin de 15 °. Il est embêté, personne ne lui avait dit...
Enfin, le scoop de la journée c'est mon premier contrat de consultant. Oui, je sais, comme moi, vous êtes étonnés que je ne sois pas demandé "all around the world" pour donner des conseils à de riches nouveaux vignerons... Ben non. J'ai juste eu une demande pour faire du cidre, au pays Basque, mais moi, ma passion, c'est le pays d'Auge. Et bien c'est fait. Ou Presque. Après s'être associés dans l'achat de 3 hectares sur un des meilleurs terroirs de Saint-Émilion, sur le plateau, en face de la Roque, Silvio Dentz (Faugères) et Peter Sisseck (Pingus) me prennent comme consultant. C'est sympa, les petits loups, mais faut qu'on parle du salaire quand même avant que je dise oui. Comme je suis encore plus "simple" que Mario Botta, on devrait s'entendre...
Allez, excellent premier avril à tout le monde ;-)
L'accent québécois, donc
Si délicieux souvent, cet accent, si redoutable dans certains moments lorsqu'on est pas habitué...
A voir donc ICI, le délicieux commentaire et la rafraichissante vidéo d'Aurélia qui goûte, face caméra, plan serré, une bouteille de Sorcières de l'autre côté de l'Atlantique, avec un enthousiasme communicatif. Ouf, ça se passe plutôt bien pour moi, et "y'a le fun", bien que le nez soit un peu "plate"... Ceux qui sont en amour avec le Québec comprendront, les autres n'ont qu'a y aller pour l'être et comprendre.
Bon, j'ai pas tout à fait compris le truc sur les martiens (moi qui pensais avoir plutôt un côté vénusien particulièrement développé ;-) et puis j'ai regardé d'autres vidéos et j'ai compris : les vins martiens, c'est les vins bizarres et/ou fait en biodynamie. Bon, j'y suis pas, c'est clair. Mais ça fait rien : seul les mauvais coucheurs ne reconnaîtront pas que ce genre d'initiative donne une furieuse envie de déboucher une bouteille sans se prendre la tête et que nous nous posons parfois, ici dans l'ancien monde, un peu trop de questions...
Merci Aurélia. Comme dit un de tes commentateurs, tu es interplanétaire ! Rendez-vous à Montréal première semaine de Mai ?
P.S. : merci à Vincent ML et à Maxime 12000 de m'avoir signalé en premier la vidéo martienne
Du « lien au terroir »
Plusieurs jours que ce billet me trotte dans la tête. Enfin, plusieurs semaines, en fait. En vrai, plusieurs mois... Bloqué par la neige, je m'y attaque en espérant le finir avant mon départ pour la Suisse.
Pourtant, cela devrait être simple, de parler du « lien au terroir ».
Ce mot « lien au terroir », les passionnés de vin n'ont pas fini de l'entendre dans les mois et les années qui viennent. Et chaque vigneron, en fait, devra l'expliquer, voir le prouver à des fonctionnaires européens qui se sont mis dans la tête (qui leur a mis, d'ailleurs, quelqu'un sait ?) que ce fameux lien au terroir devait être la condition sine qua non à l'obtention du nouveau label AOP (Appellation d'Origine Protégée), qui va remplacer notre bonne vieille AOC. Ou qui est en train. Ou qui l'a déjà fait. Enfin, on en sait foutre rien, en fait, mais tout le monde fait semblant de savoir exactement où on en est...
Ce lien au terroir, c'est sans doute un ensemble de paramètres qui fait que le vin qui est né là a "la gueule de l'endroit où il est né" comme dit Jacques Puisais. C'est un mélange d'acquis et d'inné, de "phénotype" et de "génotype" (pour ceux qui ne l'ont pas lu ma tentative d'explication du terroir, il faut je pense le faire ICI), ou de Gestalt, aussi, je pense, une explication qui fait réfléchir, ICI.
C'est facile à dire, "terroir", même en anglais, où il n'y a pas de traduction mais où le mot prononcé avec une pointe d'accent vous classe aussitôt dans la catégorie des connaisseurs ;-). On voudrait bien le croire, qu'il existe, ce terroir. Tous, tant que nous sommes. Mais comment le PROUVER ?
Ah, voilà une question qu'elle est bonne. Déjà qu'on est à peu près les seuls au monde à croire que le terroir existe... Pour bien des vignerons, c'est en quelque sorte l'équivalent de la Foi chez les croyants : on l'a, on l'a pas. C'est comme ça. Ceux qui sont sûr d'en avoir un font les fiers envers ceux qui ne l'ont pas ou doutent, parfois. On fait aussi le pari de Pascal, sans même s'en rendre compte : avoir foi dans son terroir (et crier partout qu'on en a un...), ça coûte pas cher, y'a peu de contraintes réelles, y'a pas de risque sauf celui d'être gagnant, à la fin, sans même avoir besoin de mourir pour en être sûr... Pas besoin de Pascal pour en définir les gains...
Donc, comment je vais expliquer mon "lien au terroir", autrement qu'en chantant en toute les langues « buvons un coup ma serpette est perdue » ;-)? Pour l'expliquer, faudrait que je le connaisse, que je le définisse, ce satané terroir... Au minimum, il faudrait que je puisse en définir les limites. Voilà à quoi je pense quand vous me voyiez rêver sur mon stand à Vinisud au lieu de reconnaitre les amis... ;-)
Bon, au final, c'est encore mon amour pour la Science-Fiction qui va m'inspire. Je n'ai que peu d'espoir que mes lecteurs aient un jour plongé dans l'œuvre magistrale en cinq tomes d'Orson Scott Card, un des tous grands auteurs de SF contemporain, j'ai nommé "Basilica, terre des origines". Je ne vais pas vous raconter l'histoire en détail, celle d'un retour d'une civilisation vers notre terre, celle des origines donc, après des milliers d'années d'implantation sur une autre planète, sous la protection d'une intelligence artificielle logée dans une batterie de satellites. C'est pas l'envie qui m'en manque, c'est le temps, désolé ;-). Mais dans ce roman, l'une des femmes - toutes importantes, voire essentielles dans l'intrigue, ce qui est bien en cette journée de la femme ;-) – voit dans sa tête, visualise les liens entre les êtres. Elle les voie vraiment, et les qualifie. Vous allez comprendre, car vous pouvez le faire, aussi, et c'est passionnant, pour peu que vous ayez fait un peu de relaxation ou de sophrologie. Enfin, elle, elle est sensé les voir vraiment. Nous, on va juste les visualiser, hein ;-)
Alors, j'explique. On se relaxe (ça s'apprend, pour ceux qui savent pas), on se met dans un état de détente profond, et on visualise.
Quoi ? Et bien des gens qu'on aime, des proches ou des lointains, des amis, des parents. Et on essaie de voir le lien qui nous unit à eux ou elles.
On tente de visualiser un vrai lien, qui part d'un endroit de notre corps (tête, ventre, cœur) et qui aboutit à un endroit de leur corps (qui peut être différent).
Si la personne est loin, le lien est très long... Si elle est dans votre lit au moment ou vous visualisez, il est très court ;-). Il peut être très fin ou au contraire très gros. Il peut être fin et solide comme gros et fragile... ll peut être ancien ou récent. Il est d'une couleur particulière, pour chaque personne ou pour chaque famille de personne : rouge, vert, noir, etc, il peut même briller plus ou moins intensément. Il a grossi au fur à mesure de la relation. Il peut être incassable, dans le cas d'une filiation, même si on peut ou on voudrait essayer... Il peut être même poilu... Mais ça, c'est quand vous pratiquez la visualisation depuis longtemps et pour un type de relation très particulière ,-). Bon, je rigole, parce que je suis un peu dans l'intime et on est vraiment borderline des limites que je me suis fixé pour ce blog, mais bon, le terroir, c'est aussi, quelque part, un truc intime pour moi.
Donc, n'arrivant guère à définir par des mots, ou des verres tendus, mon lien au terroir, je me suis dit que j'allais tenter de le visualiser avec cette méthode qui m'a tant apporté. Et pourtant, j'avais rien fumé, je le jure ;-)
Quelle surprise ! Ce que j'ai vu, c'est une chaine ! Une bonne grosse chaîne avec des gros maillons, bien propres et bien brillants, légère mais très solide, qui me reliait à lui en me saucissonnant littéralement, comme si on allait me jeter au fond de l'Hudson dans une série B américaine... Pourtant, ces multiples tours d'acier, ne me pesait pas et me rendaient plutôt heureux. Certes pas libre du tout de faire ce que je veux, mais finalement assez content de pouvoir m'exprimer dans un cadre, hum, un peu étroit ;-)
Me voilà enchainé à mon terroir. Je ne sais pas si les fonctionnaires européens vont comprendre... On est pas rendu ;-)
P.S. : si tu es psy, diplômé ou non, exerçant ou "de comptoir", tu peux faire un commentaire, mais ne sois pas certain que je le publierai ;-)
Une porte sur l'été
Drôle de climat, décidément.
Il y a deux jours, c'était intenable et j'ai dû faire changer de place, puis arrêter les équipes de taille, gelées debout par - 2° et une tramontane à 100 km.
Hier, c'était au contraire tout le monde en t-shirt, en train de se plaindre de la chaleur...
Mon vieux chat vieillit. A 16 ans révolus, il aura eu un destin de choix, naissant avenue de l'Opéra chez une dame de qualité qui ne faisait pas commerce de chats en général et de Chartreux en particulier. Elle pris du temps pour me jauger, m'étudier, me faire confiance, enfin, car elle voulait un bon maitre pour l'unique mâle de la portée de son couple de Chartreux qui semblait très amoureux...
Jeeves, puisque tel est son nom (merci Christine de m'avoir fait découvrir, sur le tard, Wodehouse...), aura eu une vie bien remplie et je crois heureuse.
La campagne lui a réussi et bien qu'il ait un peu de mal à monter désormais les escaliers, il semble heureux d'être passé d'Aristochat à chat de village ;-).
Par ces temps de grand froid, il me fait toujours courir, comme Pete, Petronius le sage, le chat si important dans ce si amusant roman de SF de Robert Heinlein. Il me fait ouvrir au moins trois portes et fenêtres avant de se résigner à comprendre qu'il fait froid et pluvieux dehors et qu'on ne peut pas sortir. Combien de fois ai-je lu ce livre, depuis mes quatorze ans ? Une bonne dizaine, pour le moins. Sa couverture est frippée, usée, cornée... Bien qu'il ait bien sûr vieilli au niveau des supputations robotiques, il est toujours aussi amusant, poétique et surprenant dans sa manipulation si habile des concepts spacio-temporels. Et il m'a fait croire, sans nul doute, au fond de moi, qu'il y avait toujours, quelque part, une "porte sur l'été".
Je devrais parler plus souvent de Science-Fiction. Ça changera.

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